Les manifestations du 5 novembre ont réuni 575 000 personnes en France selon le ministère de l’Intérieur, et près de 1,6 million selon la CGT. Au lendemain de cette journée de grève interprofessionnelle, les communes font le point sur les écoles, les transports, les cantines et les dégradations.
Ce bilan s’appuie sur les chiffres publiés jeudi soir et relayés par les grands médias nationaux. Ils restent provisoires. En effet, les ministères et les préfectures peuvent encore les préciser dans les prochains jours.
Combien de personnes ont défilé lors des manifestations du 5 novembre ?
Selon le ministère de l’Intérieur, 575 000 personnes ont manifesté dans toute la France jeudi 5 novembre 2026. Franceinfo et France 24 ont repris ce chiffre jeudi soir.
De son côté, la CGT a annoncé près de 1,6 million de manifestants dans un peu plus de 200 villes. Comme souvent, l’écart entre les deux comptages est important. Les deux chiffres sont donc donnés ici, sans prendre parti.
L’intersyndicale avait lancé l’appel. Les syndicats mettaient en avant le pouvoir d’achat, les salaires, les pensions, les moyens des services publics et leur opposition au projet de budget 2027.

Quel bilan pour l’ordre public ?
Le ministère de l’Intérieur a fait état de 448 interpellations dans un bilan provisoire diffusé jeudi soir. La presse a signalé des tensions en marge de plusieurs cortèges, notamment à Lyon et à Toulouse.
En revanche, les autorités n’avaient publié aucun bilan national chiffré des dégradations vendredi matin. Les communes concernées recensent donc elles-mêmes les dégâts sur la voirie, le mobilier urbain et les bâtiments publics.
Écoles, cantines et périscolaire : qu’ont dû gérer les communes ?
Dans l’Éducation nationale, le ministère a annoncé un taux provisoire de 15,81 % d’enseignants grévistes. Les syndicats enseignants ont avancé des chiffres nettement plus élevés.
Pour les maires, la principale contrainte reste le service minimum d’accueil dans les écoles maternelles et élémentaires. Il s’impose lorsque au moins 25 % des enseignants d’une école se déclarent grévistes. La commune doit alors organiser l’accueil des enfants pendant le temps scolaire.
Par ailleurs, de nombreuses villes ont fermé tout ou partie de leurs restaurants scolaires, faute d’agents. Les mairies avaient prévenu les familles la veille, en général par les sites des mairies et les applications de liaison avec les écoles. Notre article sur le service minimum d’accueil détaille les obligations de la commune.
Transports : quelles perturbations pendant les manifestations du 5 novembre ?
La SNCF avait prévu des suppressions sur les TGV, les Intercités, les TER et le réseau Transilien. En Île-de-France, plusieurs lignes de RER ont été fortement réduites. Toutefois, le métro parisien a fonctionné presque normalement.
À Paris, la préfecture de police a fait fermer plusieurs stations une partie de la journée, pour des raisons de sécurité. Le trafic aérien n’a pas fait l’objet de demande de réduction de vols.
Ce vendredi, des perturbations résiduelles restent possibles sur certaines lignes régionales. Avant de partir, il est donc utile de consulter l’application SNCF Connect ou le site de son réseau de transport.

Dégradations : qui paie la réparation du mobilier urbain ?
Lorsqu’un rassemblement provoque des dégâts, la loi prévoit un régime particulier. Selon l’article L211-10 du code de la sécurité intérieure, l’État est civilement responsable des dommages causés par des crimes ou délits commis à force ouverte par des attroupements ou des rassemblements.
Concrètement, une commune qui a subi des casses sur ses abribus, ses feux ou ses bâtiments publics peut demander réparation à l’État. Elle doit d’abord déposer plainte et réunir des preuves : photos, devis, factures, rapports de la police municipale.
Ensuite, la commune adresse sa demande à la préfecture. En cas de refus, la collectivité peut saisir le tribunal administratif. Cependant, la responsabilité de l’État n’est engagée que si les dégâts sont liés directement au rassemblement.
Commerçants touchés : quelles démarches faire ?
Pour un commerce dégradé, la première étape consiste à déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Ensuite, il faut déclarer le sinistre à son assureur dans le délai prévu au contrat, souvent cinq jours ouvrés.
- photographier les dégâts avant tout nettoyage ;
- conserver les objets abîmés et les factures d’achat ;
- noter les pertes d’exploitation si la boutique a dû fermer ;
- se renseigner auprès de la mairie ou de la chambre de commerce sur les aides locales.
Notre article sur les aides aux commerces dégradés présente les dispositifs déjà mis en place lors de précédentes mobilisations.
Agents grévistes : quelle retenue sur salaire ?
Les agents publics qui ont fait grève jeudi subiront une retenue sur leur rémunération. Les règles diffèrent toutefois selon la fonction publique concernée.
Ainsi, dans la fonction publique d’État, une journée de grève entraîne la retenue d’un trentième du traitement mensuel, même pour une absence partielle. Dans la fonction publique territoriale, la retenue est en revanche proportionnelle à la durée de l’absence. Le calcul complet figure dans notre article sur la retenue sur salaire en cas de grève.

Après les manifestations du 5 novembre, d’autres journées sont-elles prévues ?
Vendredi matin, l’intersyndicale n’avait officiellement annoncé aucune nouvelle date commune. Certaines organisations ont toutefois indiqué vouloir poursuivre la mobilisation, sans calendrier précis à ce stade.
Pour les communes, l’enjeu est donc d’anticiper. Il s’agit de recenser à l’avance les agents disponibles, de préparer l’accueil des élèves et d’informer rapidement les familles. Notre premier article sur la grève du 5 novembre rappelle les règles de déclaration préalable.
Côté collectivités
Les maires disposent de plusieurs leviers. D’abord, ils peuvent adapter les horaires des services municipaux et prévenir les usagers. Ensuite, ils doivent tenir une liste précise des dégâts subis, chiffrée et datée, pour toute demande auprès de l’État ou de leur assureur.
Enfin, une communication claire sur le site de la mairie reste essentielle. Elle évite les déplacements inutiles des familles et des usagers les jours de mobilisation.
Manifestations du 5 novembre : ce qu’il faut retenir
- 575 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, près de 1,6 million selon la CGT ;
- 448 interpellations selon un bilan provisoire de l’Intérieur jeudi soir ;
- 15,81 % d’enseignants grévistes selon le ministère de l’Éducation nationale ;
- l’État est responsable des dégâts commis par des attroupements (article L211-10 du code de la sécurité intérieure) ;
- les commerçants doivent porter plainte puis déclarer le sinistre à leur assureur ;
- aucune nouvelle date commune n’était annoncée vendredi matin.
Sources : ministère de l’Intérieur et ministère de l’Éducation nationale (chiffres provisoires du 5 novembre 2026 au soir, relayés par France 24 et franceinfo, consultés le 6 novembre 2026 à 6 h 30) ; article L211-10 du code de la sécurité intérieure (Légifrance) ; Transilien. Photos d’illustration : Diko OnTop, Mehdi Ben, snap wander, Daniela Paola Alchapar / Unsplash.
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