Le réseau de chaleur Mayenne produit près de 23 GWh par an, dont près de 90 % à partir d’énergies renouvelables. Le projet représente un investissement d’environ 15 millions d’euros, dont 5,7 millions financés par le Fonds Chaleur de l’Ademe. Retour sur une expérience qui intéresse de nombreuses villes moyennes.
L’Agence de la transition écologique (Ademe) a consacré en juin 2026 un retour d’expérience détaillé à ce projet. En effet, il montre comment une ville moyenne peut s’appuyer sur le bois local pour chauffer ses bâtiments et une partie de ses habitants.
Qu’est-ce qu’un réseau de chaleur ?
Un réseau de chaleur fonctionne comme un chauffage central à l’échelle d’un quartier ou d’une ville. D’abord, une ou plusieurs chaufferies produisent de l’eau chaude. Ensuite, des canalisations enterrées la transportent jusqu’aux bâtiments raccordés.
Puis, dans chaque bâtiment, une sous-station transfère la chaleur vers le circuit de chauffage et d’eau chaude. Ainsi, les abonnés n’ont plus besoin de leur propre chaudière.
L’intérêt pour une commune est double. D’une part, elle peut mobiliser une énergie locale comme le bois. D’autre part, elle mutualise la production pour l’hôpital, les écoles, les logements sociaux ou les maisons.
D’où part le projet ?
Concrètement, tout commence en 2012 avec une chaufferie biomasse au Centre hospitalier du Nord-Mayenne. Par la suite, cette installation sert de point de départ à un réseau plus large.
Aujourd’hui, Engie exploite le réseau à travers sa filiale Mayenne Biomasse. En outre, une nouvelle chaufferie biomasse de 1,6 MW complète désormais l’ensemble.
Que représente le réseau de chaleur Mayenne en chiffres ?
Ainsi, les données publiées par l’Ademe permettent de mesurer l’ampleur du projet :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chaleur produite | Près de 23 GWh par an |
| Part d’énergies renouvelables | Près de 90 % |
| Extension du réseau | Plus de 9 km de canalisations |
| Nouvelle chaufferie biomasse | 1,6 MW |
| Investissement total | Environ 15 millions d’euros |
| Aide du Fonds Chaleur (Ademe) | 5,7 millions d’euros |
| CO2 évité | 3 000 à 4 000 tonnes par an (selon Engie) |
Par ailleurs, un appoint au gaz complète le réseau pour assurer la continuité du service. C’est pourquoi la part renouvelable n’atteint pas 100 %.

D’où vient le bois utilisé ?
Quant au combustible, il provient de ressources locales, issues du bocage mayennais. Ainsi, l’entretien des haies alimente une filière de proximité.
D’une part, ce choix limite les transports de combustible. D’autre part, il crée un débouché pour l’entretien des haies. Toutefois, l’Ademe rappelle que la ressource locale reste un enjeu à suivre dans la durée.
Quels bénéfices pour les usagers du réseau de chaleur Mayenne ?
Selon les acteurs du projet, le principal argument mis en avant est la stabilité des prix. Maxime Lamy, responsable commercial chez Engie et ancien chef de projet du réseau, évoque « la stabilité des coûts qui protège les bénéficiaires du réseau de chaleur ».
Le référent territorial de l’Ademe en Mayenne, Christophe de Saint Jores, insiste de son côté sur une meilleure visibilité des dépenses d’énergie. En revanche, l’article ne donne ni le prix de la chaleur ni le montant des économies pour les abonnés.

Les difficultés rencontrées
Cependant, le retour d’expérience ne cache pas les limites du projet. Par exemple, lors des études préalables, environ 120 maisons individuelles avaient été identifiées comme raccordables. Or, seules 45 ont rejoint le réseau.
Plusieurs raisons expliquent donc ce chiffre, selon l’Ademe :
- le coût du raccordement pour le particulier ;
- l’existence d’un chauffage récent dans le logement ;
- l’attrait des pompes à chaleur, qui concurrencent le réseau.
Ce point intéresse donc directement les autres collectivités. En effet, la rentabilité d’un réseau dépend du nombre d’abonnés raccordés le long des canalisations.
Comment reproduire l’expérience ailleurs ?
L’Ademe publie aussi un mode d’emploi pour créer un réseau de chaleur dans sa commune. Plusieurs conditions ressortent de l’exemple mayennais :
- un gros consommateur de départ, ici l’hôpital, qui garantit une demande stable ;
- une ressource en bois disponible à proximité ;
- un financement du Fonds Chaleur, qui a couvert ici environ 38 % de l’investissement ;
- un travail en amont pour convaincre les particuliers de se raccorder.
Quel calendrier prévoir ?
De plus, le projet mayennais s’est construit en plusieurs étapes, entre la première chaufferie de 2012 et l’extension récente. Le retour d’expérience ne précise toutefois pas la date exacte de mise en service de l’extension. Par conséquent, une collectivité doit raisonner sur plusieurs années.

Côté collectivités : ce qu’il faut retenir pour un projet
D’abord, un réseau de chaleur se pense à l’échelle d’un quartier ou d’une ville, autour de bâtiments publics très consommateurs. Ensuite, le raccordement des particuliers demande une politique d’information et parfois d’aide.
D’autres communes ont choisi des leviers différents pour réduire leur facture, comme la rénovation des bâtiments communaux. Côté mobilité, l’exemple des bus gratuits de Dunkerque montre aussi l’intérêt d’un suivi chiffré dans la durée.
Réseau de chaleur Mayenne : ce qu’il faut retenir
- Près de 23 GWh de chaleur par an, à près de 90 % renouvelable.
- Investissement d’environ 15 M€, dont 5,7 M€ du Fonds Chaleur de l’Ademe.
- Bois issu du bocage mayennais, avec un appoint au gaz.
- 3 000 à 4 000 tonnes de CO2 évitées par an, selon Engie.
- 45 maisons raccordées sur environ 120 identifiées : le raccordement des particuliers reste le point faible.
Sources : Ademe Infos, « À Mayenne, la chaleur renouvelable comme bouclier contre les hausses de l’énergie » (juin 2026, modifié le 24 juin 2026) ; Ademe Infos, « Réseau de chaleur dans ma commune : mode d’emploi » (2025). Pages consultées le 4 novembre 2026. Photo à la une : John Kinnander / Unsplash.
Bulletin des Communes Le portail National des Collectivités locales et territoriales