mercredi , 4 novembre 2026

Monoxyde de carbone : les symptômes à reconnaître et les gestes à adopter cet hiver

Le monoxyde de carbone est un gaz invisible et sans odeur qui provoque chaque hiver des intoxications graves. Plus de 75 % d’entre elles surviennent pendant la saison de chauffe, selon Santé publique France. Maux de tête, nausées, fatigue : voici les signes qui doivent alerter et les bons gestes.

Selon le Gouvernement, ce gaz cause environ 100 décès par an en France. Il provoque aussi environ 1 300 épisodes d’intoxication accidentelle chaque année, qui touchent près de 3 000 personnes. Ces chiffres figurent dans une communication officielle sur les gestes qui sauvent, publiée en novembre 2021.

Qu’est-ce que le monoxyde de carbone ?

Il s’agit d’un gaz produit par une mauvaise combustion. Par conséquent, on le retrouve autour des appareils qui brûlent du gaz, du fioul, du bois, du charbon ou de l’essence.

Or, le danger vient de sa discrétion. En effet, on ne le voit pas, on ne le sent pas et il n’irrite pas. Une personne peut ainsi s’intoxiquer sans s’en rendre compte.

Pourquoi l’hiver est-il la période la plus risquée ?

En effet, Santé publique France observe plus de 75 % des intoxications pendant la période de chauffe. L’agence cite aussi des facteurs aggravants : les coupures de courant prolongées, les vagues de grand froid ou les redoux brutaux.

Flamme d'une gazinière, appareil à combustion
Tout appareil à combustion peut produire du monoxyde de carbone s’il fonctionne mal. Photo : maks_d / Unsplash

Quels sont les symptômes d’une intoxication au monoxyde de carbone ?

Au début, les signes ressemblent à ceux d’un simple malaise. Le Gouvernement cite notamment :

  • des maux de tête ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • des nausées.

Toutefois, un indice doit particulièrement alerter : plusieurs personnes du même foyer ressentent les mêmes symptômes en même temps. Dans les cas graves, l’intoxication peut entraîner un coma et la mort, parfois en quelques minutes.

Monoxyde de carbone : que faire en cas de suspicion ?

Dans ce cas, il faut agir vite, sans chercher à confirmer le diagnostic soi-même. Les consignes officielles sont les suivantes :

  • aérez immédiatement en ouvrant portes et fenêtres ;
  • arrêtez si possible les appareils à combustion ;
  • sortez tous du logement ;
  • appelez le 15, le 18 ou le 112, ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Ensuite, ne revenez pas dans le logement avant l’avis d’un professionnel. Un chauffagiste devra contrôler l’installation avant toute remise en marche.

Appareil de chauffage à faire vérifier pour éviter une intoxication au monoxyde de carbone
Un appareil mal réglé ou mal ventilé peut dégager du monoxyde de carbone. Photo : Mario Verduzco / Unsplash

Comment prévenir le risque de monoxyde de carbone ?

Heureusement, la prévention repose sur quelques gestes simples, rappelés chaque hiver par les autorités sanitaires.

Faire vérifier ses installations

Avant tout, faites contrôler et nettoyer chaudière, chauffe-eau et conduits avant l’hiver par un professionnel qualifié. C’est aussi valable pour une résidence secondaire. L’entretien annuel de la chaudière et le ramonage des conduits sont d’ailleurs obligatoires.

Aérer et ne jamais boucher les ventilations

Aérez votre logement au moins dix minutes par jour, même quand il fait froid. De plus, ne bouchez jamais les entrées ou sorties d’air, même pour limiter les courants d’air.

Bien utiliser les appareils d’appoint

D’abord, respectez toujours la notice du fabricant. Ensuite, n’utilisez pas un chauffage d’appoint en continu. Par ailleurs, placez un groupe électrogène à l’extérieur des bâtiments. Enfin, ne vous chauffez jamais avec une cuisinière, un brasero ou un barbecue.

Ce que mesure le chauffagiste lors de la visite

En outre, lors de l’entretien annuel, le professionnel mesure la teneur en monoxyde de carbone. D’après Service-Public, une valeur de 50 ppm ou plus correspond à un danger grave et immédiat. Dans ce cas, il met la chaudière à l’arrêt.

Teneur mesuréeInterprétation
Moins de 10 ppmSituation normale
De 10 à 50 ppmSituation anormale : vérifications du tirage et de la ventilation
50 ppm ou plusDanger grave et immédiat : arrêt de l’appareil
Outil de professionnel du chauffage
Seul un professionnel qualifié peut remettre en service un appareil après un incident. Photo : Marian Florinel Condruz / Unsplash

Comment les intoxications au monoxyde de carbone sont-elles surveillées ?

En France, un dispositif national suit ces intoxications depuis une circulaire du 14 décembre 2005. Santé publique France en assure l’analyse.

Les cas sont classés en deux catégories : certains ou probables. Pour cela, les équipes s’appuient sur les signes cliniques, le taux de carboxyhémoglobine dans le sang, les mesures de monoxyde de carbone dans l’air et l’enquête technique sur place.

Par ailleurs, un cas est jugé probable lorsque la personne a reçu un traitement en caisson hyperbare ou normobare, ou a été hospitalisée, même sans autre donnée. Ainsi, le système capte aussi les situations les plus graves.

Où trouver les chiffres de votre région ?

Santé publique France publie les données nationales et régionales sur son outil cartographique Géodes. En outre, des bulletins de surveillance détaillent la situation pendant la saison de chauffe. Les agences régionales de santé relaient souvent ces bilans au début de l’hiver.

Un exemple concret

Par exemple, un soir de janvier, une famille allume un chauffage d’appoint au pétrole pendant plusieurs heures, fenêtres fermées. Bientôt, plusieurs membres ont mal à la tête et se sentent nauséeux en même temps.

Le bon réflexe consiste à ouvrir les fenêtres, éteindre l’appareil, sortir et appeler le 15. Ensuite, la famille ne rentre qu’après l’avis des secours ou d’un professionnel.

Côté collectivités : informer avant les grands froids

Les communes jouent donc un rôle de relais d’information. Par exemple, un rappel dans le bulletin municipal, sur le site de la mairie ou via le CCAS peut toucher les personnes isolées ou âgées.

De même, les épisodes de coupure de courant après une tempête augmentent le risque, car certains foyers utilisent alors des groupes électrogènes. C’est pourquoi le plan communal de sauvegarde peut prévoir ce type de message de prévention.

Monoxyde de carbone : ce qu’il faut retenir

  • Gaz invisible et inodore, produit par une mauvaise combustion.
  • Plus de 75 % des intoxications surviennent pendant la saison de chauffe.
  • Signes d’alerte : maux de tête, fatigue, nausées, souvent chez plusieurs personnes.
  • Réflexes : aérer, arrêter les appareils, sortir, appeler le 15, le 18 ou le 112.
  • Prévention : entretien annuel, aération quotidienne, ventilations dégagées.

Sources : Gouvernement, « Intoxication au monoxyde de carbone : les gestes qui sauvent » (info.gouv.fr, novembre 2021) ; Santé publique France, page « Monoxyde de carbone – données » ; Service-Public, fiche F20760 sur l’entretien annuel de la chaudière. Pages consultées le 4 novembre 2026. Photo à la une : Yosuke Ota / Unsplash.

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