Des blocages des lycées et des universités ont eu lieu ce mardi 3 novembre 2026 dans plusieurs villes, à l’appel d’organisations lycéennes et étudiantes, deux jours avant la grève interprofessionnelle du 5 novembre. À Paris et à Rennes, les préfectures ont interdit les rassemblements prévus. Voici les faits connus à la mi-journée et leurs conséquences pour les communes, les services publics et les familles.
Les chiffres évoluent toutefois au fil de la journée. Cet article s’en tient aux informations publiées par les autorités ou rapportées par la presse, avec leur source.
Blocages des lycées : que s’est-il passé ce mardi ?
D’abord, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appelaient à une « journée noire » dans les lycées et les universités, selon Sortiraparis.com. Ces organisations demandent ainsi davantage d’enseignants, le remplacement des professeurs absents, des classes moins chargées, la rénovation des bâtiments et des changements sur Parcoursup.
Dans l’enseignement supérieur, le ministère recensait dans la matinée 51 établissements perturbés sur 184, selon franceinfo. Par ailleurs, les organisations annoncent de nouveaux blocages pour le jeudi 5 novembre, jour de la grève interprofessionnelle.

Pourquoi la manifestation parisienne a-t-elle été interdite ?
À Paris, la préfecture de police a pris un arrêté le 2 novembre. Cet arrêté interdit le parcours déclaré entre la place du Panthéon et le siège du Medef, dans le 7e arrondissement. Pour cela, elle invoque des impératifs d’ordre public, les incidents des 17 et 24 octobre et la forte affluence touristique autour du Panthéon.
En remplacement, la préfecture a proposé un défilé entre la porte de Charenton et la porte de Montreuil. Toutefois, les organisations étudiantes ont saisi le tribunal administratif, selon la presse. Nous ne connaissions pas encore sa décision au moment de la rédaction de cet article.
Blocages des lycées à Rennes : un rassemblement interdit
À Rennes, la préfète d’Ille-et-Vilaine a interdit le rassemblement annoncé ce mardi esplanade Charles-de-Gaulle. Selon la préfecture, les organisateurs n’avaient pas déclaré ce rassemblement. De plus, elle cite les désordres de la veille.
Le lundi 2 novembre, les forces de l’ordre ont interpellé dix personnes à Rennes en marge de blocages, selon le média local Rennes Infos Autrement. D’après la préfecture, trois voitures ont brûlé et cinq autres ont subi des dégâts. En outre, des poubelles ont pris feu devant plusieurs lycées, dont Jean-Jaurès, Bréquigny et Émile-Zola.
Blocages des lycées : qui paie les dégâts ?
En pratique, la responsabilité dépend du propriétaire des biens abîmés. En effet, les lycées relèvent des Régions, les collèges des départements et les écoles des communes. Chaque collectivité prend donc en charge la remise en état de ses bâtiments.
Pour la voirie, le mobilier urbain ou les conteneurs de déchets, la facture revient en général à la commune ou à l’intercommunalité compétente. Toutefois, l’article L211-10 du Code de la sécurité intérieure prévoit que l’État est civilement responsable des dommages causés par des attroupements ou rassemblements. Les collectivités comme les particuliers peuvent donc engager une démarche d’indemnisation.

Les démarches pour les habitants touchés
- déclarer le sinistre à son assureur dans le délai prévu au contrat, en joignant photos et témoignages ;
- porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, et garder le récépissé ;
- pour un véhicule incendié, vérifier les garanties du contrat et les dispositifs d’indemnisation existants.
Notre article sur la voiture incendiée détaille les recours, même avec une assurance au tiers. Les commerçants peuvent aussi consulter notre article sur les aides aux commerces dégradés.
Blocages des lycées : quelles conséquences pour les services locaux ?
Les blocages touchent d’abord les établissements eux-mêmes. Cependant, leurs effets débordent souvent sur la ville : déviations de bus, ralentissements aux abords des lycées, collecte des déchets perturbée lorsque des conteneurs ont brûlé.
Par ailleurs, les agents municipaux doivent parfois intervenir dès le matin pour nettoyer la voirie ou sécuriser un site. Ces interventions mobilisent des équipes et pèsent sur le budget de fonctionnement. C’est pourquoi il est utile de chiffrer chaque intervention, afin de pouvoir demander ensuite une indemnisation.
Quel est le rôle du maire et du préfet ?
D’abord, les organisateurs doivent déclarer à l’avance toute manifestation sur la voie publique. Ils le font en mairie ou, dans les communes placées sous le régime de la police d’État, en préfecture. À Paris, la déclaration relève de la préfecture de police.
Ensuite, si l’autorité de police estime qu’une manifestation risque de troubler l’ordre public, elle peut l’interdire par arrêté. Le maire garde par ailleurs ses pouvoirs de police municipale, par exemple pour encadrer la circulation, sécuriser les abords des écoles ou faire retirer les conteneurs exposés.
Les réflexes pour les mairies avant jeudi
- retirer ou sécuriser les conteneurs de déchets et le mobilier mobile près des établissements ;
- coordonner avec la police nationale ou la gendarmerie les horaires d’ouverture des écoles ;
- informer les familles en cas de perturbation des transports scolaires ;
- préparer le service minimum d’accueil dans les écoles pour le 5 novembre.
Blocages des lycées : que doivent faire les familles ?
Un lycée bloqué reste un établissement scolaire. Ainsi, en principe, la direction organise l’accueil des élèves qui se présentent et informe les familles par l’espace numérique de travail.
Il est donc conseillé de consulter les messages de l’établissement le matin même. En cas d’absence, les parents doivent prévenir le lycée, comme pour tout autre jour.

Et pour la grève du 5 novembre ?
Jeudi 5 novembre, cinq confédérations syndicales appellent à la grève et à manifester contre le projet de budget 2027. Les transports, les écoles et les services municipaux risquent donc des perturbations. Retrouvez le point complet dans notre article sur la grève du 5 novembre.
Blocages des lycées : ce qu’il faut retenir
- Des blocages des lycées et des universités ont eu lieu le 3 novembre, deux jours avant la grève du 5.
- Selon le ministère cité par franceinfo, 51 établissements d’enseignement supérieur sur 184 ont été perturbés.
- À Paris, la préfecture de police a interdit le parcours Panthéon-Medef et proposé un trajet entre les portes de Charenton et de Montreuil.
- À Rennes, la préfète a interdit le rassemblement après des dégradations la veille.
- Les dégâts aux bâtiments relèvent de la collectivité propriétaire ; l’État peut être responsable des dommages liés aux attroupements.
- Les victimes doivent déclarer le sinistre à leur assureur et porter plainte.
Sources : franceinfo, direct du 3 novembre 2026 (chiffres du ministère) ; Sortiraparis.com, mise à jour du 3 novembre 2026 à 8 h 49 (arrêté de la préfecture de police du 2 novembre) ; Rennes Infos Autrement, 2 novembre 2026 (bilan de la préfecture d’Ille-et-Vilaine) ; Code de la sécurité intérieure, articles L211-1 à L211-4 et L211-10. Consultés le 3 novembre 2026 entre 13 h et 15 h. Images d’illustration : Adrien Olichon, Madalina Zamfira, Bastien Nvs et Denisse Leon / Unsplash, sans lien avec les événements décrits.
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