Les bâtiments communaux peuvent consommer beaucoup moins d’énergie, et vite : un plan bien mené peut réduire de plus d’un tiers la facture d’une petite commune. À Laroque-des-Albères (Pyrénées-Orientales), 2 015 habitants, la municipalité a ainsi visé une baisse de 38 % de la consommation de ses bâtiments, pour près de 28 500 euros d’économies par an. Méthode, coûts, résultats et conditions pour reproduire l’expérience.
Pourquoi cet exemple intéresse les élus en 2026
D’abord, les dépenses d’énergie pèsent lourd dans le budget de fonctionnement des communes. Par ailleurs, le « décret tertiaire » impose aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², y compris publics, de réduire leur consommation de 40 % d’ici 2030 par rapport à une année de référence.
Or l’expérience de Laroque-des-Albères montre qu’une part importante des gains provient de mesures simples et peu coûteuses. La Banque des Territoires l’a documentée dans sa base d’expériences locales.
Bâtiments communaux : comment la commune a-t-elle commencé ?
D’abord, la commune a fait réaliser un audit énergétique de ses 14 bâtiments communaux et de son éclairage public. Un bureau d’études extérieur l’a mené, dans le cadre d’une action collective de conseil en énergie du Pays Pyrénées-Méditerranée.
Ensuite, cette action a bénéficié du soutien de l’Ademe Languedoc-Roussillon, de la Région et du Conseil général des Pyrénées-Orientales. Toutefois, la fiche ne précise pas le montant de ces aides.

Quelles actions ont été menées ?
Logiquement, la commune a d’abord choisi les mesures gratuites ou peu coûteuses, avant les travaux plus lourds.
- Optimisation des contrats d’électricité.
- Gestion fine du chauffage, des ballons d’eau chaude, des réfrigérateurs et du matériel informatique.
- À l’école : régulation du chauffage électrique, de la climatisation et des chauffe-eau.
- Isolation des faux plafonds de la cuisine de la salle polyvalente et des archives de l’école.
- Pose de ferme-portes automatiques et de protections solaires.
- Robinets économes au camping municipal.
- Rénovation et optimisation de l’éclairage public.
En outre, la commune a installé un outil de suivi des consommations. Elle a aussi formé deux agents administratifs, qui pilotent désormais à distance certains bâtiments, dont l’école.
Bâtiments communaux : quels résultats chiffrés ?
Au final, les résultats publiés par la Banque des Territoires sont nets.
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Consommation de l’école | −40 %, soit environ 4 500 € par an |
| Consommation d’eau du camping | −40 % |
| Économies des premières actions | près de 13 000 € par an |
| Énergie économisée (prévision) | 246 000 kWh par an (−38 %) |
| Économies financières (prévision) | 28 500 € par an (−36 %) |
| Émissions de gaz à effet de serre | environ −35 % |
Selon la fiche, les premières actions ont coûté 32 000 euros, et le programme complet 176 000 euros. Ainsi, sur ces bâtiments communaux, avec 13 000 euros économisés chaque année, les premières mesures se sont remboursées en moins de trois ans.

Sur quelle période ?
En pratique, le programme s’est déroulé entre 2009 et 2012-2013, selon la fiche publiée en novembre 2019. Par conséquent, les résultats datent de plusieurs années. Ils restent toutefois instructifs pour une commune qui veut démarrer avec peu de moyens.
Quelles difficultés et quelles limites ?
Certes, la fiche ne mentionne pas de difficulté particulière. Plusieurs points de vigilance ressortent néanmoins de la méthode.
- D’abord, une partie des économies affichées reste une prévision, et non une mesure.
- Le pilotage à distance suppose des agents formés et disponibles.
- Enfin, les aides de l’époque ne sont plus forcément les mêmes aujourd’hui.
Économies dans les bâtiments communaux : comment les reproduire ailleurs ?
Concrètement, pour une petite commune, la démarche peut suivre quatre étapes.
- Faire un état des lieux : factures, contrats, surfaces, usages de chaque bâtiment.
- Commencer par les gestes gratuits : réglages, horaires de chauffe, contrats.
- Installer un suivi des consommations et former un ou deux agents référents.
- Programmer ensuite les travaux les plus rentables, avec un plan de financement.
De plus, de nombreuses intercommunalités et syndicats d’énergie proposent un « conseil en énergie partagé ». Dans ce cas, un conseiller mutualisé accompagne plusieurs petites communes, qui n’ont pas les moyens d’un technicien à temps plein.
Et pour financer les travaux ?
Pour leur part, les communes plus grandes peuvent recourir à l’« intracting » de la Banque des Territoires. Ce mécanisme avance les fonds, puis la commune les rembourse grâce aux économies réalisées. Par exemple, la ville de Grasse a ainsi financé 766 317 euros de travaux dans 23 bâtiments scolaires. L’avance est remboursable sur 13 ans, et la ville attend environ 642 MWh d’économies par an.

Côté collectivités : les liens avec d’autres expériences
Par ailleurs, d’autres communes ont choisi d’agir d’abord sur l’éclairage public, comme Charleville-Mézières avec ses LED. Nous avons décrit cette démarche dans notre article sur l’éclairage public LED à Charleville-Mézières. Pour situer ces projets dans l’effort global des communes, voir aussi notre article sur l’investissement des communes en 2026.
Bâtiments communaux : ce qu’il faut retenir
- Laroque-des-Albères (2 015 habitants) a audité ses 14 bâtiments et son éclairage public.
- Les premières actions ont coûté 32 000 euros et rapportent près de 13 000 euros par an.
- La commune prévoit 246 000 kWh et 28 500 euros d’économies annuelles, soit environ −38 % et −36 %.
- La consommation de l’école a baissé de 40 %.
- Les clés : un audit, des gestes simples d’abord, un suivi des consommations et des agents formés.
Sources : Banque des Territoires, « Plan d’économies d’énergie sur le patrimoine communal de Laroque des Albères » (fiche publiée le 15 novembre 2019) et « Rénovation énergétique des écoles de Grasse : intracting » (1er mars 2022), consultées le 29 octobre 2026. Photos : Julian Hochgesang, Didier Veillon, Erik Mclean, e24 / Unsplash.
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