L’allocation CESP verse 1 200 euros brut par mois aux étudiants en santé qui s’engagent à exercer dans un territoire manquant de soignants. Un arrêté du 16 octobre 2026 en précise les règles, et les candidatures pour 2026-2027 ouvrent à partir du 2 novembre. Qui peut la demander, contre quel engagement, et comment postuler ?
Qu’est-ce que l’allocation CESP ?
D’abord, le CESP, ou contrat d’engagement de service public, est un contrat qui lie un étudiant et l’État. En outre, il ouvre droit à une allocation mensuelle pendant les études.
En contrepartie, le signataire s’engage à exercer, une fois diplômé, dans une zone où l’offre de soins est insuffisante. Le dispositif vise donc à lutter contre les déserts médicaux.
D’ailleurs, le site service-public.gouv.fr a présenté les règles actualisées le 26 octobre 2026.
Quel est le montant de l’allocation CESP ?
Ainsi, l’allocation CESP s’élève à 1 200 euros brut par mois. Par ailleurs, l’État la verse pendant toute la durée des études, ou du parcours de consolidation des compétences pour les diplômés hors Union européenne.
Exemple chiffré
Par exemple, un étudiant qui signe en début de 4e année et perçoit l’allocation pendant trois ans reçoit 36 mensualités. Cela représente 43 200 euros brut au total.
En échange, il devra exercer au moins trois ans dans une zone sous-dotée, puisque la durée d’exercice est égale à la durée de versement.

Qui peut demander l’allocation CESP ?
Deux publics peuvent candidater, selon Service-Public.fr :
- les étudiants en santé qui ont validé au moins la première année du premier cycle et poursuivent des études de médecine, d’odontologie, de maïeutique ou de pharmacie ;
- les professionnels de santé diplômés hors de l’Union européenne, autorisés à suivre en France un parcours de consolidation des compétences en médecine ou en odontologie.
Toutefois, les étudiants en pharmacie inscrits dans le parcours « pharmacie industrielle » n’y ont pas droit.
Quel engagement prend-on en signant ?
Le signataire doit d’abord poursuivre ses études dans la formation choisie, avec assiduité.
Ensuite, il doit exercer dans une zone caractérisée par une offre médicale insuffisante ou des difficultés d’accès aux soins. D’ailleurs, la durée d’exercice est égale à la durée de versement de l’allocation, avec un minimum de deux ans.
Qui définit les zones ?
Chaque directeur général d’agence régionale de santé (ARS) fixe la liste des zones de son territoire tous les deux ans. L’ARS peut aussi l’actualiser entre-temps. Elle se consulte sur le site du ministère de la Santé, rubrique « zonage médecin ».
Allocation CESP : comment candidater pour 2026-2027 ?
Les candidatures pour l’année universitaire 2026-2027 ouvrent à partir du 2 novembre 2026. Le dépôt se fait sur la plateforme nationale de l’ASP, dans l’espace dédié au CESP.
Le dossier comprend trois pièces :
- un certificat de scolarité de l’année en cours ;
- une lettre de motivation qui décrit le projet professionnel, avec la spécialité et le lieu d’exercice envisagés ;
- les relevés de notes de la première année, ou des deux années précédentes si vous avez déjà effectué plusieurs années.
Un guide pratique est disponible sur la plateforme, dans l’onglet « Contacts et liens utiles ».
Comment se fait la sélection ?
Une commission par unité de formation (médecine, odontologie, pharmacie ou maïeutique) examine les dossiers. Elle classe les candidats selon leurs résultats universitaires et la qualité de leur projet professionnel.
En principe, la commission évalue ce projet lors d’un entretien. Cependant, la commission peut retenir certains candidats directement, sans entretien.

Peut-on choisir son lieu d’exercice ?
En partie. Durant l’année qui précède la fin de ses études, le signataire indique ses choix à l’ARS dont il dépend. Il peut classer jusqu’à cinq lieux par ordre de préférence.
L’ARS décide ensuite. Elle tient compte de la spécialité choisie et des besoins démographiques, sanitaires et sociaux du territoire.
Que se passe-t-il en cas de rupture du contrat ?
Les ARS contrôlent le respect des engagements. Si le signataire ne les respecte pas, l’ARS résilie le contrat et il doit rembourser les sommes perçues au titre de l’allocation CESP.
La fiche officielle ne précise pas les modalités de ce remboursement. Avant de signer, il est donc utile d’interroger le référent CESP de sa région, dont les coordonnées figurent sur le site du ministère de la Santé.
L’arrêté de 2026 vise-t-il les anciens contrats ?
Non. Les nouvelles règles s’appliquent aux candidatures déposées depuis le 16 janvier 2026. L’arrêté du 16 octobre 2026, publié au Journal officiel, les fixe.
En revanche, les contrats signés avant cette date restent régis par les arrêtés du 26 mai 2020.
Côté collectivités : un levier contre les déserts médicaux
Pour les communes et intercommunalités qui manquent de médecins, l’allocation CESP est un outil à faire connaître. Les étudiants originaires du territoire pourront ainsi découvrir le dispositif dès leurs premières années.
Par ailleurs, certaines collectivités salarient directement des médecins. C’est le cas de la Saône-et-Loire, dont nous présentons le centre de santé départemental.

Allocation CESP : ce qu’il faut retenir
- Montant : 1 200 euros brut par mois, pendant toute la durée des études.
- Public : étudiants en médecine, odontologie, maïeutique ou pharmacie ayant validé la première année, et certains diplômés hors UE.
- Engagement : exercer en zone sous-dotée autant d’années que de versements, deux ans au minimum.
- Candidatures 2026-2027 : à partir du 2 novembre 2026, en ligne.
- Rupture : il faut rembourser les sommes perçues.
Pour d’autres changements du mois, consultez notre récapitulatif du 1er novembre 2026.
Sources : Service-Public.fr (actualité A19107 du 26 octobre 2026), arrêté du 16 octobre 2026 relatif au contrat d’engagement de service public (Légifrance), consultés le 27 octobre 2026. Photos : smallbox, Vitaly Gariev, Martha Dominguez de Gouveia, Petr / Unsplash.
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