dimanche , 25 octobre 2026

Manifestations du 24 octobre : 410 000 participants selon le gouvernement, les conséquences pour les communes

Les manifestations du 24 octobre ont réuni 410 000 personnes en France selon le gouvernement, et 800 000 selon la CGT. Fermetures de stations, couvre-feux partiels, dégradations : voici les conséquences pour les communes, les services publics et les habitants, et les prochaines dates annoncées.

Cette deuxième journée nationale de mobilisation contre la vie chère faisait suite à celle du 17 octobre. Les chiffres ci-dessous proviennent des autorités et des organisateurs, tels que publiés le 24 octobre au soir. Ils peuvent encore évoluer.

Manifestations du 24 octobre : quelle participation ?

Selon le décompte du gouvernement, relayé par ICI (Radio France), 410 000 personnes ont défilé en France. La CGT avance pour sa part le chiffre de 800 000 manifestants. Ces deux méthodes de comptage diffèrent : il ne faut donc pas les additionner ni en faire la moyenne.

Pour le 17 octobre, le ministère de l’Intérieur avait annoncé environ 550 000 participants. La mobilisation du 24 octobre apparaît donc en recul selon le chiffre officiel. Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état de près de 1 000 interpellations dans la journée.

Un dispositif de sécurité renforcé

Les autorités ont mobilisé environ 70 000 policiers et gendarmes sur tout le territoire. De plus, plusieurs préfets ont pris des arrêtés d’interdiction de manifester dans certains secteurs, notamment à Lyon, à Avignon ou dans les Bouches-du-Rhône.

Rue de centre-ville au lendemain des manifestations du 24 octobre (illustration)
Image d’illustration, sans lien avec les événements du 24 octobre. Photo : Mehdi Ben / Unsplash

Manifestations du 24 octobre : quels services perturbés ?

À Paris, le cortège autorisé reliait la porte d’Italie à la porte de Vincennes. Selon les informations publiées le jour même, la RATP a fermé 24 stations de métro à partir de 9 heures. En outre, les tramways T3a et T3b ne circulaient plus jusqu’au dimanche 25 octobre à 6 heures.

Plusieurs établissements culturels ont aussi fermé leurs portes, dont le Louvre, le musée d’Orsay et le Grand Palais. À Bordeaux, les six lignes de tramway se sont arrêtées pendant la journée.

Des couvre-feux partiels toujours en vigueur

Les préfets ont instauré ou reconduit des couvre-feux localisés dans plusieurs villes, dont Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Montpellier et Béziers. À Paris, un arrêté préfectoral du 22 octobre fixe un couvre-feu de 23 heures à 6 heures dans les secteurs de République et des Halles, jusqu’au lundi 26 octobre à 6 heures, selon Sortiraparis.

Les habitants concernés doivent donc vérifier, chaque jour, les arrêtés publiés par leur préfecture. Les horaires et les périmètres peuvent en effet changer d’un jour à l’autre.

Manifestations du 24 octobre : quels dégâts pour les communes ?

Les autorités signalent des dégradations dans plusieurs villes. À Bordeaux, des groupes ont pénétré dans le palais de la Bourse après l’avoir vandalisé. Des heurts ont aussi eu lieu à Paris, en fin de journée, ainsi qu’à Lyon et à Marseille.

À ce stade, aucune autorité n’a publié de bilan chiffré du coût des dégâts. Les collectivités recensent en général le mobilier urbain détruit, les façades à nettoyer et les heures supplémentaires de leurs agents dans les jours qui suivent.

Qui paie la réparation ?

Le code de la sécurité intérieure prévoit que l’État est civilement responsable des dégâts commis à force ouverte par des attroupements (article L. 211-10). Une commune ou un particulier peut donc, dans certaines conditions, engager sa responsabilité. La procédure reste toutefois longue et suppose de prouver le lien avec la manifestation.

Terrasse de commerce fermée (illustration)
Commerçants et riverains doivent déclarer rapidement leurs dommages. Photo : T / Unsplash

Habitants et commerçants : quelles démarches ?

Si les manifestations ont endommagé votre vitrine, votre véhicule ou votre logement, les premières démarches sont les mêmes que pour tout sinistre.

  • Prendre des photos des dégâts, avant tout nettoyage ou réparation.
  • Déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou en ligne pour certaines atteintes aux biens.
  • Déclarer le sinistre à votre assureur dans le délai prévu au contrat : il est souvent de cinq jours ouvrés.
  • Conserver les factures et devis de réparation.
  • Pour un véhicule brûlé, consulter notre article sur l’indemnisation d’une voiture incendiée.

Pour aller plus loin, notre dossier sur les dégâts des manifestations détaille les recours possibles, y compris contre l’État.

Après les manifestations du 24 octobre, quelles dates ?

Les organisateurs annoncent déjà deux échéances. Les gilets jaunes ont appelé à un « acte 3 » le samedi 31 octobre. Ensuite, les organisations syndicales préparent une grève interprofessionnelle le jeudi 5 novembre.

Les modalités précises de ces journées, notamment les secteurs concernés et les parcours, restent à préciser. Il faudra suivre les annonces des préfectures et des opérateurs de transport.

Le 5 novembre, les écoles seront-elles ouvertes ?

Si au moins 25 % des enseignants d’une école se déclarent grévistes, la commune doit organiser un accueil des élèves. Nous expliquons les règles dans notre article sur le service minimum d’accueil en cas de grève.

Côté collectivités

Pour les maires, ces journées successives pèsent sur l’organisation des services : propreté, police municipale, transports et équipements publics. Il est utile de tenir un registre précis des dégâts et des coûts engagés, avec photos et dates. Ces pièces serviront en cas de demande d’indemnisation.

Par ailleurs, le maire informe les habitants des fermetures et des couvre-feux qui s’appliquent sur sa commune. Les arrêtés préfectoraux s’imposent à lui, mais il reste l’interlocuteur de proximité.

Hôtel de ville (illustration)
Les communes recensent les dégâts dans les jours qui suivent. Photo : Denisse Leon / Unsplash

Manifestations du 24 octobre : ce qu’il faut retenir

  • 410 000 manifestants selon le gouvernement, 800 000 selon la CGT, contre environ 550 000 le 17 octobre selon l’Intérieur.
  • Près de 1 000 interpellations selon le ministre de l’Intérieur, 70 000 policiers et gendarmes mobilisés.
  • Transports perturbés à Paris et à Bordeaux, couvre-feux partiels dans plusieurs grandes villes.
  • Pas encore de bilan officiel du coût des dégâts pour les communes.
  • Prochaines dates : 31 octobre (gilets jaunes) et 5 novembre (grève interprofessionnelle).

Sources : ICI (Radio France), « Mobilisation du 24 octobre : 410.000 manifestants en France selon le gouvernement, 800.000 d’après la CGT », 24 octobre 2026 ; CNews, déclarations de Laurent Nuñez, 24 octobre 2026 ; Les Français.press, point du 24 octobre 2026 ; Sortiraparis, mise à jour du 24 octobre 2026 à 14 h 09 ; code de la sécurité intérieure, article L. 211-10. Consultés le 25 octobre 2026. Photos d’illustration : Sébastien Bloesch, Mehdi Ben, T, Denisse Leon / Unsplash.

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