L’investissement des communes et de leurs intercommunalités devrait progresser de 3,6 % en 2026, selon la deuxième édition de l’Observatoire de la Banque des Territoires publiée le 13 octobre 2026. Mais la moyenne cache un net contraste : les grandes villes et les EPCI tirent la hausse, tandis que les petites et moyennes communes réduisent leurs projets. Chiffres clés, secteurs, financement et exemples concrets.
Que mesure l’Observatoire de la Banque des Territoires ?
Pour mesurer l’investissement des communes, l’Observatoire analyse les budgets primitifs d’un panel de 47 collectivités, communes et intercommunalités, suivies sur cinq ans. Pour 2026, il porte sur 47 budgets principaux et 58 budgets annexes, soit 105 budgets au total.
Au total, le rapport recense environ 6 300 projets sur la période 2024-2026, classés en 10 catégories et 72 sous-catégories. Le panel compte notamment 32 territoires urbains, 15 ruraux, 12 périurbains, 7 littoraux, 4 de montagne et 2 ultramarins.
Attention toutefois : il s’agit d’intentions d’investissement inscrites aux budgets primitifs, et non de dépenses réalisées. Les montants effectivement engagés peuvent donc différer.

Investissement des communes : quelle hausse en 2026 ?
Les intentions d’investissement du panel passent de 3 861 millions d’euros en 2025 à 4 001 millions en 2026. La hausse atteint donc +3,6 %, soit environ 140 millions d’euros supplémentaires.
Cependant, la dynamique diffère selon le type de collectivité. Les EPCI progressent d’environ 5 %, alors que les communes reculent d’environ 3 %. Par ailleurs, le nombre de projets diminue sur la période.
| Catégorie | Évolution 2025-2026 |
|---|---|
| Ensemble du panel | +3,6 % (3 861 M€ à 4 001 M€) |
| Grandes villes et leurs EPCI | +5 % (environ +147 M€) |
| Communes petites et moyennes et leurs EPCI | -3 % (environ -18 M€) |
| Budgets annexes | +5 % |
| Budgets principaux | +3 % |
Pourquoi les grandes villes pèsent-elles autant ?
Les grandes villes et leurs intercommunalités portent environ 84 % du volume d’investissement en 2026. De plus, leurs intentions par habitant représentent 1,6 fois celles des autres collectivités du panel.
Dans quels secteurs les collectivités investissent-elles ?
D’abord, les bâtiments, en rénovation comme en construction, restent le premier poste de l’investissement des communes avec environ 27 % du total. Toutefois, la part consacrée à la rénovation énergétique recule.
- Routes et voiries : 17,6 % (contre 19,3 % en 2025) ;
- Aménagement et requalification urbaine : 16,7 % ;
- Transports : 13,9 % (contre 10,4 %), avec un volume en hausse de 28 % ;
- Gestion de la ressource en eau : 5,2 %, en baisse de 0,9 point ;
- Commande publique : 5,0 % ;
- Gestion des déchets : 2,3 % (contre 1,5 %), avec un volume en hausse de 48 % ;
- Autres postes, dont sport, culture et scolaire : 9,3 %.
Ainsi, seuls les transports et les déchets progressent en volume. Les autres catégories reculent presque toutes. Selon le rapport, la baisse dans l’eau s’explique par l’achèvement de projets dans deux EPCI.

Quelle place pour la transition écologique ?
L’Observatoire évalue l’impact a priori des projets sur l’atténuation du changement climatique. En 2026, 38 % des montants ont un impact jugé favorable, contre 35 % en 2025 et 33 % en 2024. Par ailleurs, 45 % sont neutres et 2 % défavorables, surtout en raison de l’artificialisation des sols.
Le contraste reparaît selon la taille. Dans les communes petites et moyennes, la part favorable atteint 38 %, mais la part défavorable monte à 11 %. Enfin, les subventions financent environ deux tiers des projets favorables au climat.
Comment l’investissement des communes est-il financé ?
D’abord, l’emprunt reste la première ressource prévue. Il représente 69 % du financement prévisionnel en 2026, contre 72 % en 2025 et 68 % en 2024. L’autofinancement remonte à 14 %, tandis que les subventions pèsent 9 % et les dotations, dont le FCTVA, 8 %.
En outre, les subventions attendues reculent de 3 % en 2026, après une hausse de 14 % en 2025. L’État en fournit environ 39 %. Pour les communes petites et moyennes, la part de l’emprunt atteint 52 %, contre 44 % en 2024.
Le rapport rappelle aussi l’écart entre prévisions et réalisations. En 2025, les comptes administratifs montrent un financement réel composé à 52 % d’emprunt, 28 % d’autofinancement et 20 % de subventions et dotations.
Quels exemples concrets cite le rapport ?
L’Observatoire illustre ses constats par plusieurs projets de collectivités du panel. Ces exemples peuvent inspirer d’autres élus, même si leur coût dépend fortement du contexte local.
- Valréas (Vaucluse) : rénovation de l’éclairage public en LED avec gestion intelligente, 2,1 millions d’euros pour la tranche ferme, financement encore à déterminer.
- Lozanne (Rhône) : panneaux photovoltaïques sur deux bâtiments communaux, 86 000 euros HT, dont 21 500 euros du Département.
- GrandAngoulême (Charente) : réhabilitation d’une friche pour une École de la deuxième chance, 1,15 million d’euros HT, avec désimperméabilisation et pompe à chaleur.
- Communauté de communes du Seignanx (Landes) : équipement aquatique intercommunal de 13,5 millions d’euros HT, qui couvre 50 % de ses besoins énergétiques par des énergies renouvelables.
- CA du Pays de Fontainebleau (Seine-et-Marne) : rénovation du gymnase Pierre de Coubertin à Vulaines-sur-Seine, 3,6 millions d’euros sur quatre ans, avec isolation et pompes à chaleur.

Quel effet des élections municipales de mars 2026 ?
Les élections des 15 et 22 mars 2026 ont renouvelé une partie des exécutifs du panel. Ainsi, 28 collectivités sur 47 ont conservé leur exécutif et 19 en ont changé, dont 6 avec une majorité différente.
Pourtant, environ 66 % des collectivités n’anticipent aucun effet notable ou manquent de visibilité. En revanche, 31 % prévoient d’élaborer un nouveau plan pluriannuel d’investissement. Le rapport note aussi que 2026 marque l’achèvement de programmes lancés pendant le mandat précédent.
Côté habitants : qu’est-ce que cela change ?
En pratique, l’investissement des communes se traduit directement dans la vie quotidienne : voirie, transports, bâtiments scolaires ou sportifs, réseaux d’eau. Le recul observé dans les petites et moyennes communes peut donc retarder certains chantiers de proximité.
Pour suivre les choix de sa commune, chaque habitant peut consulter le budget primitif et le compte administratif, documents publics. Notre article sur le bilan financier du mandat 2020-2025 apporte un éclairage complémentaire, tout comme notre analyse des projets d’investissement locaux pour 2026.
Investissement des communes : ce qu’il faut retenir
- Les intentions d’investissement du panel progressent de 3,6 % en 2026, à 4 001 millions d’euros.
- Les EPCI et les grandes villes tirent la hausse ; les communes reculent d’environ 3 %.
- Les bâtiments restent le premier poste (27 %), devant la voirie (17,6 %).
- Les transports (+28 %) et les déchets (+48 %) sont les seuls secteurs en hausse de volume.
- L’emprunt finance 69 % des intentions, et les subventions attendues reculent de 3 %.
- 38 % des montants ont un impact climatique jugé favorable.
Sources : Banque des Territoires, « L’Observatoire des investissements des communes et intercommunalités 2026 prévoit une hausse globale de 3,6 % », 13 octobre 2026 (page officielle) et rapport complet de la deuxième édition, consultés le 26 octobre 2026. Photo à la une : Troy Mortier / Unsplash.
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