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Bilan financier du mandat 2020-2025 : les communes ont investi 10 % de plus, selon l’OFGL

Le bilan financier du mandat 2020-2025 des communes et intercommunalités est désormais connu : selon l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), le bloc communal a investi 10 % de plus que lors du mandat précédent, à prix comparables. Mais la hausse des prix, des dépenses de fonctionnement et de la dette pèse sur les nouvelles équipes. Voici les chiffres clés et ce qu’ils changent pour les habitants.

Bilan financier du mandat : d’où viennent ces chiffres ?

L’OFGL a publié en juillet 2026 une étude de sa collection « Cap sur… », consacrée au mandat communal et intercommunal 2020-2025.

Elle compare ce mandat au précédent, celui de 2014-2019. Ses auteurs précisent toutefois que les données de 2025 restent provisoires.

Ces chiffres intéressent directement les équipes élues en mars 2026. En effet, ils décrivent la situation financière dont elles héritent.

Les communes ont-elles plus investi ?

Oui. Selon l’OFGL, les dépenses d’équipement du bloc communal dépassent de 10 % celles de 2014-2019, à prix comparables.

Cela représente environ 19 milliards d’euros de plus, et près de 20,7 milliards avec les budgets annexes. Au total, 267 milliards d’euros d’investissements ont été financés sur 2020-2025.

En 2025, les budgets principaux ont consacré 39,7 milliards d’euros à l’équipement. Les budgets annexes y ont ajouté 8,2 milliards.

Le rythme a cependant beaucoup varié. Après une baisse de 16,5 % en 2020, l’investissement est reparti, avec une hausse de 9,7 % à prix constants en 2024.

Graphiques illustrant le bilan financier du mandat des communes
L’investissement local a progressé de 10 % à prix comparables sur le mandat. Photo : Cht Gsml / Unsplash

Bilan financier du mandat : qui a porté cette hausse ?

Les intercommunalités en sont les premières responsables. D’après l’OFGL, les groupements à fiscalité propre représentent les trois quarts de la hausse.

Leur part dans l’investissement du bloc communal passe ainsi de 32,8 % à 36,3 %. Le mouvement de mutualisation se poursuit donc.

Pourquoi les chantiers ont-ils coûté plus cher ?

L’indice des prix de l’équipement a progressé de 17,6 % sur le mandat, contre 4,6 % lors du précédent.

Autrement dit, à budget égal, une commune a pu réaliser moins de travaux. Cette inflation explique une partie de l’écart entre les montants en euros courants et les volumes réels.

Bilan financier du mandat : comment ont évolué les dépenses de fonctionnement ?

Elles ont augmenté de 3,6 % par an en valeur entre 2019 et 2025, contre 1,6 % par an entre 2013 et 2019.

En volume, c’est-à-dire hors inflation, la hausse atteint 1,1 % par an. Pour les communes seules, elle se limite à 0,4 % par an, contre 2,3 % pour les groupements.

Par ailleurs, les frais de personnel pèsent 45,9 % des dépenses et expliquent 44 % de la hausse. Les achats et charges externes en expliquent 36,5 %.

Enfin, les années 2022 et 2023 concentrent à elles seules 57 % de l’augmentation, en pleine crise de l’énergie.

Quelles recettes ont financé le mandat ?

La fiscalité occupe une place croissante. Les recettes fiscales atteignent 96,7 milliards d’euros en 2025, soit 61 % des recettes de fonctionnement, contre 59 % auparavant.

La taxe foncière sur les propriétés bâties passe de 20,2 milliards d’euros en 2019 à 43,7 milliards en 2025. Cette hausse s’explique surtout par la réforme de la taxe d’habitation, compensée par le transfert de la part départementale du foncier.

De plus, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères progresse de 35,4 %. À l’inverse, la taxe d’aménagement chute de 1,2 milliard d’euros à 0,5 milliard.

Hôtel de ville illuminé la nuit
La fiscalité locale représente désormais 61 % des recettes de fonctionnement. Photo : Regard Vrai IDF / Unsplash

Les communes ont-elles augmenté leurs taux ?

Moins souvent que lors du mandat précédent. Selon l’OFGL, 38 % des communes ont relevé leur taux de taxe foncière, contre 45 % sur 2014-2019.

En revanche, le taux moyen intercommunal de taxe foncière passe de 3,22 % à 3,61 %. Pour les habitants, la hausse de la facture vient aussi de la revalorisation annuelle des bases.

Et les dotations de l’État ?

Les concours de l’État atteignent 26,6 milliards d’euros en 2025, en hausse de 2,8 % par an.

Toutefois, la dotation globale de fonctionnement (DGF) recule de 9,8 % en euros constants sur 2019-2025. La baisse est nettement moindre que lors du mandat précédent, où elle atteignait 26,3 %.

De plus, la part de la DGF consacrée à la péréquation, c’est-à-dire à la solidarité entre territoires, passe de 34 % à 42 %.

Bilan financier du mandat : la dette s’est-elle alourdie ?

Modérément. Hors Paris, l’encours de dette atteint 119 milliards d’euros en 2025, pour 130,5 milliards au total.

La dette a progressé de 1,2 % par an, contre 0,9 % lors du mandat précédent. Mais les situations divergent : la dette des communes baisse de 0,6 % par an, celle des groupements augmente de 3,6 %.

Surtout, près de 80 % de la hausse se concentre sur les deux dernières années du mandat. Le sujet reste donc à surveiller pour 2026-2032.

Quelle capacité de désendettement ?

Elle s’améliore globalement, de 4,9 ans en 2019 à 4,6 ans en 2025, hors Paris. C’est le nombre d’années d’épargne nécessaires pour rembourser toute la dette.

Cependant, 17 % des groupements de plus de 300 000 habitants dépassent huit ans. Pour les communes de 20 000 à 100 000 habitants, la proportion atteint 23,3 %, contre 28,3 % en 2019.

Bâtiment public avec tour d'horloge
La dette des communes recule, celle des grandes intercommunalités progresse. Photo : Annie Spratt / Unsplash

Quel niveau d’épargne pour financer les projets ?

L’épargne brute cumulée sur 2020-2025 dépasse de 22 % celle du mandat précédent. L’épargne nette finance 30,3 % des besoins d’investissement, contre 27,4 %.

Néanmoins, 6 480 communes affichent une épargne nette négative en 2025, soit 350 de plus qu’en 2019. Elles ne couvrent donc pas le remboursement de leur dette avec leur épargne.

Côté collectivités : quelles leçons tirer du bilan financier du mandat ?

Pour les équipes élues en 2026, ce bilan financier du mandat offre plusieurs repères concrets :

  • les prix des travaux ont fortement augmenté : chiffrer les projets avec prudence ;
  • les dépenses de personnel restent le premier poste : piloter la masse salariale dès le budget 2027 ;
  • l’épargne nette conditionne l’emprunt : surveiller le ratio de désendettement ;
  • la mutualisation avec l’intercommunalité pèse de plus en plus dans l’investissement.

Pour réduire les dépenses d’énergie, certaines communes ont choisi des solutions éprouvées. Nos articles sur l’intracting pour rénover les bâtiments publics et sur l’extinction de l’éclairage public à Lunel-Viel détaillent deux exemples.

Et pour les habitants ?

La hausse de la taxe foncière est la conséquence la plus visible. Notre article sur la hausse de la taxe foncière selon votre commune détaille les mécanismes.

En contrepartie, l’investissement soutenu s’est traduit par des équipements : écoles, voirie, réseaux, rénovation énergétique.

Bilan financier du mandat 2020-2025 : ce qu’il faut retenir

  • investissement du bloc communal en hausse de 10 % à prix comparables ;
  • 267 milliards d’euros d’investissements financés sur le mandat ;
  • prix des travaux en hausse de 17,6 % ;
  • dépenses de fonctionnement en hausse de 3,6 % par an en valeur ;
  • taxe foncière bâtie : 43,7 milliards d’euros en 2025 ;
  • dette en légère hausse, surtout dans les grandes intercommunalités.

Le rapport complet est disponible sur le site collectivites-locales.gouv.fr.

Source : Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), « Éléments de bilan sur le mandat communal et intercommunal 2020-2025 », collection Cap sur… n° 33, juillet 2026, données 2025 provisoires. Consulté le 19 octobre 2026. Photo de une : T / Unsplash.

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