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Extinction de l’éclairage public : à Lunel-Viel, 40 % d’électricité en moins et 26 000 € économisés

L’extinction de l’éclairage public au milieu de la nuit fait partie des mesures qu’une commune peut mettre en place rapidement et dont l’effet se mesure sur la facture. À Lunel-Viel, dans l’Hérault, la municipalité a publié le bilan de son expérimentation : une consommation d’électricité en baisse de 40 % en un an, soit plus de 26 000 euros économisés, pour moins de 6 400 euros d’équipements. Retour sur une démarche documentée, ses résultats, ses limites et les conditions pour la reproduire.

Extinction de l’éclairage public : ce qu’a fait Lunel-Viel

La commune a lancé une expérimentation d’extinction nocturne le 1er février 2022, selon le bilan publié sur son site officiel.

Désormais, la commune éteint ses lampadaires de minuit à 6 heures.

Toutefois, certains points jugés sensibles pour la circulation restent éclairés : la commune cite les ronds-points des Fournels et du Roucagnier.

Par ailleurs, entre le 1er juin et le 20 août 2023, la commune a éteint le centre-ville et ses abords dès minuit, sans rallumage au petit matin.

Ruelle éclairée par des lampadaires avant l'extinction de l'éclairage public
À Lunel-Viel, les lampadaires sont éteints de minuit à 6 heures. Photo : Sebastian Dario / Unsplash

Quels résultats chiffrés ?

La commune a comparé sa consommation d’électricité pour l’éclairage public avant et après la mise en place de l’extinction.

IndicateurAnnée 2021Année 2022
Consommation de l’éclairage public441 055 kWh264 639 kWh
Évolution—− 40 %
Énergie économisée—176 416 kWh
Économie financière déclarée—26 072 €

Ainsi, rapportée à l’énergie économisée, l’économie correspond à environ 0,15 euro par kilowattheure, selon notre calcul à partir des chiffres de la commune.

Combien a coûté la mesure ?

De plus, l’investissement est resté limité. La commune a installé des horloges sur les armoires de commande de l’éclairage :

  • 4 025 euros pour les cinq armoires du centre-ville ;
  • 6 395 euros pour l’ensemble des armoires concernées.

Autrement dit, avec une économie déclarée de 26 072 euros sur l’année 2022, la dépense en horloges a été couverte en moins d’un an, d’après les chiffres publiés.

Quel est le parc concerné ?

La commune décrit un patrimoine de 1 095 points lumineux : 1 042 lanternes et 53 projecteurs et éclairages sportifs, pilotés par 29 armoires de commande.

Elle prévoit aussi d’équiper d’autres armoires en télégestion, pour piloter les horaires à distance.

Extinction de l’éclairage public et sécurité : quel constat ?

C’était pourtant la principale inquiétude exprimée au départ. La commune indique dans son bilan qu’aucune hausse de l’accidentologie ni de l’insécurité n’a été constatée.

Elle évoque également une « bonne acceptation par les habitants », sans détailler d’enquête ou de consultation chiffrée.

Cependant, ces constats sont ceux de la municipalité. Ils ne s’appuient pas, dans le document publié, sur une étude indépendante.

Lumières d'un village la nuit au milieu des arbres
Les points sensibles pour la circulation peuvent rester éclairés. Photo : Sanaila Rasheed / Unsplash

Que dit la réglementation ?

D’abord, aucun texte n’impose aux communes d’éteindre l’éclairage des rues. La décision relève de la commune, gestionnaire de son éclairage public.

Ensuite, l’arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses fixe des horaires pour d’autres installations :

  • le patrimoine et les parcs et jardins : extinction au plus tard à 1 heure du matin, ou une heure après la fermeture du site ;
  • les bâtiments non résidentiels et les vitrines : extinction au plus tard à 1 heure, ou une heure après la fin de l’activité si elle est plus tardive ;
  • les parkings liés à une zone d’activité : extinction deux heures après la fin de l’activité.

Enfin, pour les autres installations, le texte invite les gestionnaires à engager une réflexion sur les possibilités d’extinction.

Les dérogations possibles

Le maire peut déroger à l’extinction des mises en lumière du patrimoine la veille des jours fériés et pendant les illuminations de Noël. Le préfet peut accorder des dérogations lors d’événements exceptionnels ou dans certaines zones touristiques.

Comment reproduire l’extinction de l’éclairage public dans sa commune ?

L’exemple de Lunel-Viel permet de dégager plusieurs étapes :

  • faire l’inventaire du parc : nombre de points lumineux, armoires de commande, consommation annuelle ;
  • choisir une plage horaire adaptée à la vie locale, par exemple minuit-6 heures ;
  • identifier les points à maintenir éclairés : carrefours, ronds-points, abords de gares ;
  • équiper les armoires d’horloges ou de télégestion ;
  • lancer une expérimentation limitée dans le temps, puis publier un bilan chiffré.

Dans tous les cas, l’information des habitants en amont est essentielle, notamment par le bulletin municipal et l’affichage en mairie.

Petite ville sous la pleine lune, ciel nocturne préservé
L’extinction nocturne réduit aussi la pollution lumineuse. Photo : Yuriy Vertikov / Unsplash

Faut-il délibérer ?

La commune choisit les modalités qui lui conviennent. Dans les faits, de nombreuses communes formalisent la mesure par un arrêté du maire fixant les horaires et les secteurs concernés, puis l’affichent en mairie.

Cette formalisation présente un double intérêt : d’une part, elle informe clairement les habitants ; d’autre part, elle fixe un cadre précis en cas de question sur la responsabilité de la commune.

Quelles difficultés anticiper ?

Le bilan de Lunel-Viel laisse plusieurs questions ouvertes, utiles à anticiper ailleurs :

  • les horaires doivent être compatibles avec les déplacements tôt le matin ou tard le soir ;
  • la concertation avec la gendarmerie ou la police municipale aide à repérer les secteurs sensibles ;
  • l’économie financière dépend du prix de l’électricité payé par la commune, qui varie d’un contrat à l’autre.

D’autres communes ont fait des choix différents, comme l’éclairage à la demande. Voir notre article sur l’expérimentation d’Épron, dans le Calvados, et celui consacré à la réduction de l’éclairage public à Poitiers.

Un ordre de grandeur pour une autre commune

Par exemple, une commune qui consomme 200 000 kWh par an pour son éclairage et obtiendrait la même baisse de 40 % économiserait 80 000 kWh.

Au coût implicite observé à Lunel-Viel, soit environ 0,15 euro par kilowattheure, cela représenterait environ 12 000 euros par an.

Ce calcul reste néanmoins théorique : le gain réel dépend des horaires choisis, de l’état du parc et du contrat d’électricité de la commune.

Ce que cela change pour les habitants

D’une part, pour les contribuables, une baisse durable de la facture d’électricité libère des marges dans le budget de fonctionnement.

Pour les riverains, de même, l’extinction réduit la lumière intrusive la nuit. Elle impose en contrepartie de s’équiper d’une lampe pour les trajets nocturnes dans les rues éteintes.

Extinction de l’éclairage public : ce qu’il faut retenir

  • Lunel-Viel éteint ses lampadaires de minuit à 6 heures depuis une expérimentation lancée en février 2022.
  • La consommation de l’éclairage public est passée de 441 055 kWh en 2021 à 264 639 kWh en 2022, soit − 40 %.
  • La commune déclare 26 072 euros d’économies en 2022, pour 6 395 euros d’horloges installées.
  • Aucune hausse de l’accidentologie ni de l’insécurité n’a été constatée, selon la municipalité.
  • Aucun texte n’impose l’extinction des rues, mais l’arrêté du 27 décembre 2018 encadre d’autres éclairages.

Sources : commune de Lunel-Viel, bilan de l’extinction de l’éclairage public ; arrêté du 27 décembre 2018 relatif aux nuisances lumineuses (Ineris, base Aida). Consultés le 15 octobre 2026. Photos : Unsplash.

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