Les ordures ménagères de Puisaye-Forterre sont passées de 117 kg par habitant en 2019 à 90 kg en 2025, soit une baisse d’environ 23 %, selon le rapport annuel 2025 de la communauté de communes. Sur ce territoire rural de 57 communes, le résultat tient à une méthode suivie pendant six ans : des bacs pour chaque foyer, une facturation au réel pour les professionnels et un effort sur le tri.
Ordures ménagères Puisaye-Forterre : les chiffres avant et après
La communauté de communes de Puisaye-Forterre regroupe 57 communes et 33 562 habitants en 2025. Elle gère elle-même, en régie directe, ses neuf déchèteries et son centre de stockage.
Or son rapport annuel 2025 sur le service public des déchets permet de suivre l’évolution année après année. Ainsi, la tendance est nette : les tonnages d’ordures ménagères résiduelles baissent chaque année depuis 2021.
| Année | Ordures ménagères (tonnes) | Kg par habitant et par an |
|---|---|---|
| 2019 | 4 101 | 117 |
| 2020 | 3 938 | 113 |
| 2021 | 3 950 | 115 |
| 2022 | 3 819 | 113 |
| 2023 | 3 541 | 105 |
| 2024 | 3 305 | 98 |
| 2025 | 3 008 | 90 |
En six ans, le territoire a donc évité environ 1 100 tonnes d’ordures ménagères par an. Or chaque tonne enfouie coûte cher : la taxe générale sur les activités polluantes atteint 65 euros la tonne en 2025, selon le rapport.

Qu’a fait la collectivité, concrètement ?
Concrètement, le rapport décrit trois leviers principaux. D’abord, un programme de dotation en bacs des particuliers, mené de 2019 à 2025. Ainsi, fin 2025, l’ensemble des 33 562 habitants dispose d’un bac.
Ensuite, les professionnels ne paient plus un forfait. Depuis 2021, la collectivité les facture selon les flux et les quantités qu’ils présentent à la collecte. Par conséquent, ce changement incite les commerces et les entreprises à mieux trier.
Enfin, la collectivité a travaillé sur la qualité du tri des emballages. Le taux de refus, c’est-à-dire la part des déchets mal triés écartés au centre de tri, est passé de 32 % en 2019 à 23 % en 2025.
Combien paient les habitants ?
Une redevance d’enlèvement des ordures ménagères finance le service ; son montant dépend de la composition du foyer. En 2025, elle s’élève à 195 euros pour une personne, 225 euros pour deux, 262 euros pour trois et 273 euros pour quatre personnes et plus.
Par ailleurs, environ 31 % des redevables, soit 5 555 foyers, ont choisi la mensualisation. La redevance représente 77 % des recettes du service, soit 5,9 millions d’euros.
Ordures ménagères Puisaye-Forterre : où sont passés les déchets ?
Toutefois, une baisse des ordures ménagères ne veut pas dire que les déchets disparaissent. En effet, une partie part simplement vers d’autres filières.
D’abord, la collecte sélective des emballages, des papiers et du verre progresse : de 99 kg par habitant en 2019 à 105 kg en 2025. Ensuite, les déchèteries reçoivent, quant à elles, 12 579 tonnes en 2025, soit 330 kg par habitant. Les cartons et les déchets d’équipements électriques y atteignent des records.
Enfin, le flux des biodéchets reste stable, autour de 83 à 84 kg par habitant entre 2019 et 2025, après un pic en 2020.

Ordures ménagères Puisaye-Forterre : combien coûte le service ?
D’après le rapport, les dépenses de fonctionnement réalisées atteignent en 2025 7,56 millions d’euros, pour 7,67 millions d’euros de recettes. Le service est donc à l’équilibre.
De plus, la collectivité bénéficie d’un soutien de l’éco-organisme Citeo de 18,5 euros par habitant, contre 10,6 euros en moyenne nationale, selon le rapport. Ce soutien récompense en partie les performances de tri.
En revanche, le coût de l’enfouissement reste lourd. En 2025, la taxe sur le stockage a représenté 529 335 euros pour 7 996 tonnes.
Les difficultés rencontrées
Pour autant, le rapport ne cache pas les points noirs. Ainsi, la collectivité a relevé 7 291 refus de tri en 2025, un chiffre en hausse par rapport à 2020. De plus, les biodéchets représentent encore 13,7 % du contenu des bacs d’ordures ménagères.
Par ailleurs, les déchèteries ont subi 30 intrusions en 2025, contre 10 en 2024. La filière textile a traversé une crise à l’été 2025. Enfin, la collectivité a reçu 11 855 contacts sur la redevance et signale des agressions et menaces envers ses agents.
Un site de stockage sous surveillance
Le site de stockage de Ronchères a fait l’objet d’une non-conformité relevée par la DREAL, le service de l’État chargé du contrôle, en mars 2025. Ce point rappelle que la réduction des déchets enfouis est aussi un enjeu de conformité.

Peut-on reproduire l’expérience ailleurs ?
Le rapport ne présente pas de recette clé en main. Cependant, plusieurs enseignements ressortent des chiffres.
- La baisse est progressive : il a fallu six ans pour passer de 117 à 90 kg par habitant.
- Équiper chaque foyer d’un bac identifié suppose un programme pluriannuel.
- Facturer les professionnels au réel est un levier distinct de celui des ménages.
- Le tri demande un accompagnement : sans information, les refus de collecte augmentent.
- Il faut anticiper la sécurité des déchèteries et des agents.
Pour comparer, d’autres territoires ont choisi une tarification incitative pour les ménages, comme le pays de Fayence, présenté dans notre article sur la taxe déchets incitative.
Côté collectivités : ce que l’exemple apprend aux élus
Pour un élu, l’intérêt de ce rapport tient d’abord à sa transparence. En effet, il publie les tonnages année après année, les coûts et les difficultés. Ainsi, chacun peut vérifier les résultats.
Ensuite, le cas montre qu’un territoire rural et peu dense peut réduire ses ordures ménagères sans attendre un grand équipement. De plus, la baisse s’accélère à partir de 2023, une fois l’équipement en bacs bien avancé.
Enfin, la comparaison avec d’autres territoires reste délicate. Par conséquent, mieux vaut regarder la tendance sur plusieurs années que le chiffre d’une seule année.
Côté habitants
Pour un foyer, en somme, la règle reste simple. Moins d’ordures ménagères dans le bac, c’est moins de tonnes enfouies et, à terme, une pression moindre sur la redevance. Les consignes de tri à jour sont disponibles auprès de la communauté de communes, sur puisaye-forterre.com.
Dans les communes où les logements sont vacants une partie de l’année, d’autres règles fiscales existent ; nous les détaillons à propos de la TEOM et des logements vacants.
Ordures ménagères Puisaye-Forterre : ce qu’il faut retenir
- 117 kg par habitant en 2019, 90 kg en 2025 : environ 23 % de baisse.
- 3 008 tonnes d’ordures ménagères en 2025, contre 4 101 en 2019.
- Leviers : bacs pour tous les foyers, facturation au réel des professionnels, travail sur le tri.
- Taux de refus de tri des emballages ramené de 32 % à 23 %.
- Service à l’équilibre : 7,56 millions d’euros de dépenses pour 7,67 millions de recettes.
- Points de vigilance : erreurs de tri, vandalisme en déchèterie, conformité du site de stockage.
Sources : communauté de communes de Puisaye-Forterre, rapport annuel 2025 du service déchets (mis en ligne en juillet 2026), consulté le 1er novembre 2026. Photos d’illustration : Soham Banerjee, T, Luba Ertel, Richard Williams / Unsplash.
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