dimanche , 1 novembre 2026

Retenue sur salaire pour grève : comment elle est calculée dans le public et le privé

La retenue sur salaire pour grève ne se calcule pas de la même façon selon l’employeur : un trentième par jour, indivisible, dans la fonction publique d’État, une retenue proportionnelle à la durée dans la territoriale, l’hospitalière et le privé. À quelques jours de la grève du 5 novembre, voici les règles officielles, des exemples chiffrés et les erreurs à repérer sur sa fiche de paie.

Retenue sur salaire grève : le principe

Faire grève est un droit, mais l’employeur ne paie pas le temps non travaillé. L’employeur retire donc une partie de la rémunération, en proportion de l’absence.

Pourtant, la méthode change selon le statut. C’est pourquoi un agent de mairie, un professeur de lycée et un salarié d’une entreprise privée ne perdent pas la même somme pour une même journée.

StatutMode de calcul
Fonction publique d’État1/30e par jour, même pour une grève d’une heure
Territoriale et hospitalière1/30e par jour, 1/60e par demi-journée, 1/151,67e par heure
Secteur privéretenue strictement proportionnelle à la durée de l’arrêt
Calculs de rémunération pour vérifier une retenue sur salaire pour grève
Le montant retenu doit correspondre à la durée réelle de l’absence. Photo : Jakub Żerdzicki / Unsplash

Retenue sur salaire grève dans l’État : la règle du trentième indivisible

Selon Service-Public, l’agent de l’État perd 1/30e de sa rémunération mensuelle par jour de grève. Cette retenue s’applique même si la grève ne dure qu’une partie de la journée.

De plus, lorsque la grève couvre plusieurs jours consécutifs, l’administration compte tous les jours, du premier au dernier. Les week-ends, jours fériés et congés compris entre les deux le sont aussi. Ainsi, une grève le vendredi puis le lundi suivant entraîne une retenue de 4/30e.

Quels éléments de paie la retenue touche-t-elle ?

La retenue porte sur le traitement indiciaire, l’indemnité de résidence, ainsi que les primes et indemnités. De plus, l’administration ramène les primes annuelles à un équivalent mensuel, d’après le montant de l’année précédente.

En revanche, l’agent conserve en entier son supplément familial de traitement. La retenue ne touche pas non plus les remboursements de frais.

Exemple chiffré pour un agent de l’État

Prenons un agent de l’État dont la rémunération soumise à retenue atteint 2 400 euros par mois. Une journée de grève lui coûte 2 400 / 30, soit 80 euros. Une heure de grève lui coûte aussi 80 euros, puisque le trentième reste indivisible. Enfin, une grève le vendredi puis le lundi suivant lui coûte 4/30e, soit 320 euros.

Retenue sur salaire grève dans la territoriale et l’hospitalière

En revanche, pour les agents des communes, des départements, des régions et des hôpitaux, la retenue est proportionnelle à la durée. Elle est de 1/30e pour une journée, de 1/60e pour une demi-journée et de 1/151,67e par heure d’absence.

Pour les agents qui travaillent par gardes de 24 heures, le calcul se fait sur le nombre moyen de gardes du mois. Par exemple, deux gardes non effectuées sur une moyenne de dix donnent une retenue de 2/10e.

Exemple chiffré pour un agent territorial

Prenons un agent dont la rémunération mensuelle soumise à retenue est de 2 100 euros. Une journée de grève coûte 2 100 / 30, soit 70 euros. Deux heures de grève coûtent 2 100 / 151,67 × 2, soit environ 27,69 euros.

Calculatrice et fournitures de bureau pour vérifier un bulletin de paie
Chaque heure de grève se traduit par une ligne précise sur le bulletin. Photo : maks_d / Unsplash

Retenue sur salaire grève dans le secteur privé

Dans le privé, d’abord, la grève suspend le contrat de travail sans le rompre. Selon Service-Public, l’employeur peut retenir une part du salaire et de ses accessoires, par exemple une indemnité de déplacement.

Cette retenue doit être proportionnelle à la durée de l’arrêt. Autrement dit, la loi interdit toute retenue supérieure. Par ailleurs, le bulletin de paie ne doit pas mentionner la grève.

Le salarié doit-il prévenir son employeur ?

Non. Dans le privé, la loi n’impose aucun préavis au salarié, qui peut simplement signaler son absence s’il le souhaite. Des règles particulières s’appliquent toutefois dans les entreprises chargées d’un service public, notamment les transports, où un préavis syndical est obligatoire. En outre, l’employeur ne peut ni le sanctionner ni le licencier pour fait de grève, sauf faute lourde.

Et un exemple dans le privé ?

Par exemple, avec un salaire de 2 200 euros pour 151,67 heures par mois, une heure vaut environ 14,51 euros. Sept heures de grève représentent donc environ 101,54 euros. Toutefois, la méthode exacte dépend de l’horaire réel du salarié et des pratiques de l’entreprise.

Et si une grève des transports vous empêche de travailler ?

C’est une situation différente. Prenons le salarié non gréviste qui ne peut pas venir à cause des transports : l’employeur ne peut pas le sanctionner, à condition qu’il le prévienne et justifie son empêchement.

Cependant, l’employeur ne lui doit pas le temps manqué, sauf accord collectif plus favorable. Avec l’accord de l’employeur, il peut aussi télétravailler, poser un jour de congé ou récupérer les heures.

Faut-il déclarer sa grève à l’avance ?

Dans la fonction publique, certains agents doivent se déclarer au moins 48 heures avant, dont un jour ouvré. C’est le cas des enseignants du premier degré. C’est aussi le cas des agents territoriaux des services couverts par un accord de continuité, comme les transports publics, la collecte des déchets ou la restauration scolaire.

Ces déclarations permettent notamment à la commune d’organiser le service minimum d’accueil dans les écoles.

Calculatrice, lunettes et stylos sur un bureau blanc
Un contrôle attentif de la fiche de paie permet de repérer une retenue excessive. Photo : Cht Gsml / Unsplash

Quelles conséquences sur la retraite ?

Les jours de grève non rémunérés ne donnent lieu à aucune cotisation. Ils ne comptent donc pas pour la retraite des fonctionnaires, selon Service-Public.

Toutefois, dans la territoriale et l’hospitalière, une journée qui combine des heures de grève et des heures payées compte en entier dans la durée d’assurance.

Retenue excessive : que faire ?

D’abord, comparer la retenue avec la règle de son statut. Ensuite, demander des explications par écrit au service de paie. Enfin, en cas de désaccord persistant, l’agent public peut saisir le tribunal administratif, et le salarié du privé le conseil de prud’hommes.

À noter : l’administration calcule la retenue sur la paie du mois de la grève, mais aucun texte ne l’oblige à la prélever ce même mois. Elle peut donc apparaître un ou deux mois plus tard. Pour le programme de la journée, consultez notre point sur la grève du 5 novembre.

Retenue sur salaire grève : ce qu’il faut retenir

  • État : 1/30e par jour, même pour une grève d’une heure, jours intermédiaires compris.
  • Territoriale et hospitalière : 1/30e par jour, 1/60e par demi-journée, 1/151,67e par heure.
  • Privé : retenue strictement proportionnelle, sans mention de la grève sur le bulletin.
  • L’agent garde son supplément familial de traitement.
  • Les jours de grève non payés ne comptent pas pour la retraite des fonctionnaires.
  • Règles complètes : fiches droit de grève dans la fonction publique et droit de grève dans le privé.

Sources : Service-Public, fiches F499 (vérifiée le 3 mars 2026), F117 (vérifiée le 10 août 2026) et F21019 (vérifiée le 9 octobre 2026) ; code général de la fonction publique, articles L711-1 à L711-3 ; circulaire du 30 juillet 2003 ; consultés le 1er novembre 2026. Photos : Mediamodifier, Jakub Żerdzicki, maks_d, Cht Gsml / Unsplash.

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