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Éclairage public : à Mulhouse, le contrat de performance énergétique réduit la consommation de 74 %

Le contrat de performance énergétique signé par Mulhouse pour son éclairage public affiche des résultats mesurés : fin avril 2025, 98,3 % des 9 325 luminaires de la ville étaient rénovés et la consommation d’énergie avait baissé de 74 %. Coût, calendrier, pilotage, limites : retour sur une démarche que d’autres communes peuvent étudier, avec deux points de comparaison à Angoulême et Nîmes.

Contrat de performance énergétique : qu’a signé Mulhouse ?

La Ville de Mulhouse (Haut-Rhin) a notifié en février 2023 un contrat de performance énergétique au groupement Citeos-Spie, pour une durée de 15 ans, jusqu’en 2038. Ces éléments figurent dans le dossier de presse de la Ville présenté le 14 mai 2025 et mis en ligne en octobre 2025.

Concrètement, ce type de contrat engage le prestataire sur un résultat. En effet, il ne se limite pas à poser du matériel : il doit atteindre un niveau d’économies d’énergie fixé à l’avance. Ainsi, la collectivité paie pour une performance, et non seulement pour des travaux.

Contrat de performance énergétique : rue éclairée de nuit
À Mulhouse, 98,3 % des luminaires étaient rénovés fin avril 2025. Photo : Elric Pxl / Unsplash

Combien coûte le Plan Lumière ?

D’après la Ville, le coût total atteint 24 millions d’euros TTC. Ce montant se décompose donc en deux parties.

PosteMontant TTC
Modernisation de l’éclairage (investissement)18,3 M€
Scénographie (mise en lumière de sites)5,7 M€
Total24 M€

En face, la Ville estime les économies à 17,9 millions d’euros sur les 15 ans du contrat. Toutefois, le dossier de presse ne détaille pas le plan de financement : subventions, certificats d’économies d’énergie ou emprunt. Ce point reste donc à vérifier dans les délibérations du conseil municipal.

Quel calendrier pour la rénovation ?

En réalité, le projet a mûri sur plusieurs années. D’abord évoqué en 2017, il a ensuite donné lieu à quatre ateliers citoyens, de juin 2023 à avril 2024. Voici les principales étapes rapportées par la Ville.

  • Février 2023 : notification du contrat de performance énergétique.
  • Juin 2023 à avril 2024 : quatre ateliers avec les habitants.
  • 10 février 2024 : mise en lumière des cinq premiers sites.
  • 2 janvier 2025 : pilotage centralisé de tout l’éclairage public.
  • Ensuite : deux ans de travaux LED accélérés, puis dix ans de travaux progressifs sur les supports, armoires et câbles.

Contrat de performance énergétique : quels résultats mesurés ?

D’abord, à fin avril 2025, la Ville indique que 98,3 % des 9 325 luminaires étaient rénovés. Le passage complet en LED était annoncé « d’ici quelques mois ».

Ensuite, côté consommation, la baisse atteint 74 % à l’échelle de la ville, pour un objectif de 70 % en 2025. Sur certaines rues, l’économie grimpe jusqu’à 93 % (Nouveaux Bassins, allée Wyler) ou 96 % (rues Foch, Joffre et de la Bourse).

Enfin, la Ville chiffre à plus de 300 tonnes équivalent CO2 les émissions évitées chaque année, soit une baisse de 73 %.

Circulation de nuit en ville
L’allumage suit désormais la luminosité mesurée en temps réel. Photo : Irina Iriser / Unsplash

Le rôle du pilotage centralisé

Par ailleurs, depuis le 2 janvier 2025, la Ville pilote l’ensemble de l’éclairage depuis un poste central. L’allumage et l’extinction suivent la luminosité mesurée en temps réel, et non plus un horaire fixe.

Selon le dossier de presse, ce réglage fait gagner en moyenne trois minutes d’éclairage par nuit sur les cinq mois d’hiver. Certes, c’est peu à l’échelle d’une nuit, mais l’effet s’additionne sur plus de 9 000 points lumineux.

Quelles limites et quelles difficultés ?

Cependant, le document de la Ville présente surtout des pourcentages. Il ne donne pas les consommations en kilowattheures avant et après les travaux. De même, il ne détaille pas les difficultés rencontrées, à part l’objectif de limiter les pannes.

Or, pour une commune qui veut s’en inspirer, ces données manquantes comptent beaucoup. En effet, elles permettent de comparer le coût réel par point lumineux et le temps de retour sur investissement.

Que montrent les exemples d’Angoulême et de Nîmes ?

Heureusement, d’autres villes publient des chiffres complémentaires. À Angoulême, la page de la Ville du 17 octobre 2025 indique une consommation en baisse de 45 % entre 2022 et 2024, soit plus de 1,7 million de kWh économisés.

Pourtant, la facture a peu baissé : 614 121 € en 2021 et 577 893 € en 2024, car le prix du kWh est passé de 0,15 € à 0,29 €. Par ailleurs, Angoulême a décidé de rallumer à intensité réduite son centre-ville élargi la nuit, à partir du 25 octobre 2025, le reste de la ville restant éteint de minuit à 5 h 30.

De son côté, Nîmes a annoncé le 23 juin 2025 avoir économisé 405 361 kWh et 109 500 € la première année de son contrat de performance. La Ville a ensuite décidé de rallumer de minuit à 5 h certaines zones périphériques, à partir du 1er juillet 2025, pour un coût de 126 000 € au second semestre. Elle a invoqué le sentiment d’insécurité exprimé par des habitants.

Immeubles éclairés la nuit
Rallumer ou éteindre reste un choix politique local. Photo : Li Zhang / Unsplash

Contrat de performance énergétique : les conditions pour reproduire la démarche

Au total, ces exemples font ressortir quelques conditions de réussite pour une commune ou une intercommunalité.

  • Réaliser un état des lieux du parc : nombre de points lumineux, âge, consommation de départ en kWh.
  • Fixer dans le contrat un objectif d’économies chiffré et vérifiable, avec des pénalités en cas d’écart.
  • Prévoir un pilotage à distance, qui permet d’ajuster les horaires et l’intensité.
  • Associer les habitants, comme l’ont fait les ateliers mulhousiens, pour anticiper les questions de sécurité.
  • Publier les résultats en kWh et en euros, pour mesurer l’effet réel malgré la hausse des prix de l’énergie.

Les communes qui envisagent une extinction nocturne trouveront aussi des repères dans notre article sur l’extinction de l’éclairage public à Lunel-Viel.

Côté habitants : qu’est-ce qui change ?

Pour les habitants, en premier lieu, le changement le plus visible tient à la qualité de la lumière et à la mise en valeur de certains lieux. À Mulhouse, la Ville met en avant la sécurité, le confort, l’attractivité du patrimoine et la protection de la biodiversité nocturne.

En revanche, les choix d’extinction ou de rallumage restent des décisions politiques locales. Les exemples d’Angoulême et de Nîmes montrent qu’une commune peut revenir sur un choix initial pour tenir compte des attentes des riverains.

Contrat de performance énergétique : ce qu’il faut retenir

  • Mulhouse a signé en février 2023 un contrat de 15 ans pour son éclairage public, pour 24 M€ TTC.
  • Fin avril 2025 : 98,3 % des 9 325 luminaires rénovés et 74 % d’énergie économisée.
  • Économies estimées par la Ville : 17,9 M€ sur 15 ans ; plus de 300 tonnes de CO2 évitées par an.
  • Données manquantes : consommations en kWh, plan de financement, difficultés rencontrées.
  • À Angoulême, la baisse de 45 % des kWh n’a presque pas réduit la facture, du fait de la hausse des prix.

À lire aussi : l’éclairage public LED à Charleville-Mézières et la rénovation des bâtiments communaux à Laroque-des-Albères.

Sources : Ville de Mulhouse, dossier de presse « Avancement du Plan Lumière », conférence du 14 mai 2025, mis en ligne en octobre 2025 ; Ville d’Angoulême, actualité du 17 octobre 2025 ; Ville de Nîmes, communiqué du 23 juin 2025 ; consultés le 5 novembre 2026. Photos : Igor Karimov, Elric Pxl, Irina Iriser, Li Zhang / Unsplash.

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