mardi , 27 octobre 2026

Taxe d’habitation sur une résidence secondaire : qui paie, majoration et exonérations

La taxe d’habitation résidence secondaire reste due, alors qu’elle a disparu pour les résidences principales depuis 2023. Les avis arrivent au dernier trimestre de l’année. Qui doit la payer, comment la calculer, quand une commune peut-elle la majorer et quelles exonérations existent ? Voici les règles officielles.

Qui paie la taxe d’habitation sur une résidence secondaire ?

D’abord, la taxe est due par la personne qui dispose du logement au 1er janvier de l’année d’imposition. Elle est due pour l’année entière, même si vous vendez le bien en cours d’année.

Peu importe votre statut, selon Service-Public.fr : propriétaire, locataire à l’année ou occupant à titre gratuit.

Par ailleurs, l’administration traite aussi comme une résidence secondaire le second logement occupé pour des raisons professionnelles. C’est le cas d’un studio près du lieu de travail ou d’un logement de fonction. Vous pouvez toutefois demander un dégrèvement par réclamation.

Quels logements la taxe d’habitation résidence secondaire vise-t-elle ?

En outre, la taxe vise les locaux meublés à usage d’habitation autres que la résidence principale. D’ailleurs, le logement doit disposer d’un ameublement suffisant pour y vivre.

De plus, la taxe s’applique aux dépendances immédiates : garage, parking privatif ou cave, même non meublés et non attenants.

Et les meublés loués aux touristes ?

Ainsi, les loueurs en meublé paient la taxe si le local fait partie de leur résidence secondaire. En revanche, un local aménagé et réservé exclusivement à la location échappe à la taxe à ce titre.

Maisons de village soumises à la taxe d'habitation résidence secondaire
Les avis de taxe d’habitation sur les résidences secondaires arrivent au dernier trimestre. Photo : Margit Knobloch / Unsplash

Comment calculer la taxe d’habitation résidence secondaire ?

D’abord, le calcul repose sur deux éléments : la valeur locative cadastrale du logement, revalorisée chaque année, et le taux voté par la commune.

En outre, vous ne pouvez pas estimer seul le montant. Pour une estimation, il faut contacter le service des impôts fonciers du secteur.

Exemple chiffré

Prenons une maison dont la valeur locative cadastrale est de 2 000 euros, dans une commune qui applique un taux de 20 %. La taxe atteint alors 400 euros. D’ailleurs, ces chiffres sont fictifs et servent seulement à illustrer le mécanisme.

Si la commune a voté une majoration, la cotisation augmente encore, dans les limites prévues par la loi.

Quand une commune peut-elle majorer la taxe ?

Le conseil municipal décide la majoration par délibération. Elle n’est possible que dans deux catégories de communes :

  • les communes d’une zone d’urbanisation continue de plus de 50 000 habitants, où l’offre de logements ne suffit pas à la demande ;
  • les communes où la part de logements autres que des résidences principales est élevée, une possibilité qui existe depuis le 1er janvier 2024.

Le simulateur officiel de la taxe sur les logements vacants permet de vérifier la situation de votre commune.

Peut-on échapper à la majoration ?

Oui, dans certains cas. Service-Public.fr cite notamment le logement de fonction ou la résidence imposée par l’activité professionnelle. Une résidence principale située dans un établissement de soins de longue durée peut aussi y échapper, tout comme un logement devenu inhabitable pour une cause indépendante de votre volonté.

Quelles exonérations existent ?

Une personne qui entre en Ehpad ou en maison de retraite conserve parfois son ancien logement. Celui-ci devient une résidence secondaire, mais il bénéficie d’une exonération à partir de l’année suivant l’admission. Les autres résidences secondaires restent imposables.

Un retour d’expatriation, après un appel à quitter une zone ou un rapatriement collectif, peut aussi ouvrir droit à exonération pour l’ancien logement principal en France, sur réclamation.

Chambres d’hôtes et meublés de tourisme en zone rurale

En zone France ruralités revitalisation (ZFRR), une exonération est possible si la commune ou l’intercommunalité l’a votée avant le 1er octobre 2025, pour 2026. À partir de 2027, toutes les communes et intercommunalités pourront l’accorder, à condition d’avoir délibéré avant le 1er octobre 2026.

Bâtisse en pierre avec porte en bois
La taxe touche également les dépendances comme un garage ou une cave. Photo : snap wander / Unsplash

Taxe d’habitation résidence secondaire : pourquoi déclarer l’occupation ?

Tout propriétaire d’un local d’habitation doit indiquer à l’administration son mode d’occupation : résidence principale, résidence secondaire ou logement vacant. Cette démarche se fait dans l’espace « Gérer mes biens immobiliers » du site impots.gouv.fr.

Il faut faire cette déclaration avant le 1er juillet en cas de changement, ou si le logement n’a jamais fait l’objet d’une déclaration. Si un tiers occupe le bien, il faut indiquer son identité.

Attention : une absence de déclaration ou une erreur expose à une amende de 150 euros par local.

Quand payer la taxe d’habitation résidence secondaire ?

L’avis d’imposition arrive au cours du dernier trimestre de l’année. Il est aussi disponible dans votre espace personnel. Il indique la base de calcul, le montant et la date limite de paiement.

Si vous possédez des biens dans plusieurs communes, vous recevez un avis par commune. L’avis et la fiche officielle consacrée aux impôts locaux précisent les modes de paiement.

Comment contester la taxe d’habitation sur une résidence secondaire ?

La réclamation se dépose auprès du service des impôts des particuliers du lieu de la résidence secondaire. La démarche est possible en ligne, par la messagerie de l’espace personnel, sur place ou par courrier.

Toutefois, la réclamation ne dispense pas de payer. Vous pouvez cependant demander un sursis de paiement en même temps.

Ferme rustique à la campagne
Une majoration n’est possible que dans certaines communes. Photo : Erwan Hesry / Unsplash

Côté collectivités : un levier de politique du logement

Pour les communes concernées, la majoration est d’abord un outil pour remettre des logements sur le marché de la résidence principale. La décision relève du conseil municipal, par délibération.

De même, l’exonération des meublés de tourisme et chambres d’hôtes en zone rurale demande une délibération. Les élus qui souhaitent l’appliquer en 2027 devaient délibérer avant le 1er octobre 2026. Nos analyses sur les finances des communes éclairent ces choix.

Taxe d’habitation résidence secondaire : ce qu’il faut retenir

  • La taxe est due par l’occupant ou le propriétaire au 1er janvier, pour l’année entière.
  • Elle se calcule à partir de la valeur locative cadastrale et du taux communal.
  • Certaines communes peuvent la majorer par délibération.
  • Une entrée en Ehpad ouvre droit à exonération pour l’ancien logement, dès l’année suivante.
  • L’avis arrive au dernier trimestre, avec la date limite de paiement.
  • La déclaration d’occupation des biens est obligatoire, sous peine d’une amende de 150 euros.

Pour d’autres questions de logement, lisez aussi notre article sur l’IRL du 3e trimestre 2026.

Sources : Service-Public.fr, fiche « Taxe d’habitation sur les résidences secondaires » (F42, vérifiée le 24 août 2026), impots.gouv.fr, consultés le 27 octobre 2026. Photos : Erwan Hesry, Margit Knobloch, snap wander / Unsplash.

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