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Un vol retardé de trois heures ou plus à l’arrivée ouvre droit, dans la plupart des cas, à une indemnisation de 250, 400 ou 600 euros par passager. Ce montant dépend de la distance du vol. Il est fixé par le règlement européen 261/2004. La compagnie peut toutefois refuser de payer en cas de circonstances extraordinaires. Voici comment savoir si vous y avez droit et comment réclamer.
À partir de quand un vol retardé donne-t-il droit à une indemnisation ?
Le seuil est de trois heures de retard à l’arrivée à la destination finale. Le texte du règlement ne prévoyait au départ une indemnité qu’en cas d’annulation. Cependant, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé en 2009, dans l’arrêt Sturgeon, que les passagers arrivés avec trois heures de retard ou plus devaient être traités comme ceux d’un vol annulé. Le résumé officiel du règlement sur EUR-Lex reprend ce principe.
C’est donc l’heure d’arrivée qui compte, et non l’heure de départ. En pratique, on retient le moment où au moins une porte de l’avion s’ouvre à l’arrivée.
Quels vols sont concernés ?
- tous les vols au départ d’un aéroport situé dans l’Union européenne, quelle que soit la compagnie ;
- les vols à destination de l’Union européenne, à condition que la compagnie soit européenne.
En revanche, un vol entre New York et Paris opéré par une compagnie non européenne n’entre pas dans ce cadre. D’autres règles, celles du pays de départ ou de la convention de Montréal, peuvent alors s’appliquer.

Vol retardé : combien la compagnie doit-elle payer ?
Le montant forfaitaire dépend de la distance parcourue, et non du prix du billet. Ainsi, un billet à 40 euros peut donner droit à 250 euros d’indemnité.
- 250 euros pour les vols de 1 500 km ou moins ;
- 400 euros pour les vols de plus de 1 500 km à l’intérieur de l’Union européenne, et pour les autres vols entre 1 500 et 3 500 km ;
- 600 euros pour les autres vols de plus de 3 500 km.
Par exemple, un Paris-Nice relève de la première tranche. Un Paris-Athènes relève de la deuxième. Un Paris-New York au départ de la France relève de la troisième. L’indemnité est due par passager, enfants compris s’ils ont payé un billet.
La compagnie peut-elle refuser ?
Oui, si elle prouve que le retard est dû à des circonstances extraordinaires qu’elle n’aurait pas pu éviter. Il peut s’agir d’une météo dangereuse, d’une grève du contrôle aérien ou d’un risque pour la sûreté. En revanche, un simple problème technique ou une grève du personnel de la compagnie n’est en général pas considéré comme extraordinaire par la jurisprudence européenne.

Quelle assistance à l’aéroport pendant l’attente ?
Indépendamment de l’indemnité, la compagnie doit aussi vous prendre en charge pendant l’attente. Ce droit s’applique dès deux heures de retard au départ pour les vols courts, trois heures pour les vols moyens et quatre heures pour les vols longs.
- des repas et des rafraîchissements en rapport avec l’attente ;
- deux appels téléphoniques ou courriels ;
- une chambre d’hôtel et le transport jusqu’à l’hôtel si le départ est reporté au lendemain.
Si le retard atteint cinq heures et que vous renoncez à voyager, vous pouvez aussi obtenir le remboursement du billet. Gardez donc toutes vos factures de repas ou de taxi : la compagnie doit les rembourser si elle n’a rien proposé.
Comment réclamer l’indemnisation d’un vol retardé ?
D’abord, adressez une réclamation écrite à la compagnie, avec la carte d’embarquement, la réservation et l’heure d’arrivée réelle. La plupart des compagnies ont un formulaire en ligne. Ensuite, sans réponse satisfaisante sous deux mois, vous pouvez saisir gratuitement la Médiation Tourisme et Voyage. Enfin, la Direction générale de l’aviation civile reçoit aussi les plaintes des passagers.
Vous n’êtes pas obligé de passer par une société de recouvrement, qui prélève souvent une commission importante. Le même réflexe vaut pour le rail : notre guide sur le remboursement d’un train en retard détaille les règles de la SNCF.

Les règles vont-elles changer ?
Une révision du règlement est en discussion depuis plusieurs années. En juin 2026, la presse a fait état d’un accord politique entre le Parlement européen et les États membres. Toutefois, ce texte doit encore être formellement adopté et publié avant de s’appliquer. Aucune date d’entrée en vigueur n’est fixée à ce stade.
Par conséquent, les règles actuelles restent valables pour tous les vols retardés aujourd’hui, y compris pendant les retours de la Toussaint et les vacances de Noël.
Vol retardé : ce qu’il faut retenir
- L’indemnité est due à partir de trois heures de retard à l’arrivée.
- Elle vaut 250, 400 ou 600 euros par passager selon la distance du vol.
- Elle n’est pas due en cas de circonstances extraordinaires, comme une météo dangereuse.
- La compagnie doit aussi fournir repas, appels et hôtel si nécessaire.
- Réclamez d’abord à la compagnie, puis à la Médiation Tourisme et Voyage après deux mois sans réponse.
Sources : règlement (CE) n° 261/2004 et résumé EUR-Lex ; CJUE, arrêt Sturgeon du 19 novembre 2009 ; La Libre Belgique, 15 juin 2026. Photo à la une : Joseph Bobadilla / Unsplash.
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