lundi , 5 octobre 2026

Retraite après 67 ans : attendre avant de la demander peut augmenter votre nombre de trimestres

Une personne qui atteint 67 ans sans avoir validé tous les trimestres nécessaires n’est pas forcément obligée de liquider immédiatement sa retraite. En reportant la date de sa demande, elle peut bénéficier d’une majoration de sa durée d’assurance de 2,5 % pour chaque trimestre écoulé après 67 ans. Contrairement à une idée fréquente, ce mécanisme ne nécessite même pas obligatoirement de continuer à travailler. Il vise les assurés qui n’ont pas encore la durée nécessaire pour obtenir une pension calculée au taux maximum. Il ne faut pas le confondre avec la surcote, qui répond à d’autres conditions.

Que permet exactement la règle des 2,5 % ?

Service-Public confirme qu’un assuré qui diffère sa demande de retraite au-delà de 67 ans peut bénéficier d’une majoration de sa durée d’assurance de 2,5 % pour chaque trimestre écoulé après cet âge.

Le mécanisme existe pour améliorer la pension d’une personne qui atteint 67 ans sans avoir encore le nombre de trimestres demandé pour une carrière complète.

Il s’agit donc d’une augmentation de la durée d’assurance retenue pour le calcul.

Ce n’est pas une hausse directe de 2,5 % du montant de la pension.

Faut-il obligatoirement continuer à travailler ?

Non.

C’est un point particulièrement important.

Service-Public indique que la majoration de 2,5 % est accordée que l’assuré poursuive ou non une activité professionnelle.

Ce qui compte est le temps écoulé entre les 67 ans et la date choisie pour le début de la pension.

Le titre « continuer à travailler après 67 ans » serait donc trop restrictif s’il laissait entendre que l’activité professionnelle constitue une condition.

Assuré étudiant un report de sa retraite après 67 ans
Différer la liquidation après 67 ans peut améliorer la durée d’assurance retenue.

Le véritable choix consiste à retarder la liquidation de la retraite.

Qui peut bénéficier de cette majoration ?

Il faut arriver à 67 ans sans posséder le nombre de trimestres exigé pour obtenir une pension au taux maximum.

À 67 ans, l’assuré bénéficie déjà automatiquement du taux plein, donc du taux de 50 % dans le régime général.

Mais sa pension peut rester réduite par la proratisation liée à sa durée d’assurance insuffisante.

La majoration permet précisément d’améliorer cette durée prise en compte.

Comment les 2,5 % sont-ils appliqués ?

La règle peut surprendre.

Service-Public donne le cas d’un assuré né en 1964 qui possède 160 trimestres à 67 ans, alors que 170 sont requis pour sa génération.

S’il attend un trimestre supplémentaire avant de demander sa retraite, sa durée d’assurance est majorée de :

160 × 2,5 % = 4 trimestres.

Il passe donc, pour ce mécanisme, de 160 à 164 trimestres.

Il ne faut donc pas comprendre « 2,5 % par trimestre » comme l’ajout d’un seul trimestre classique.

À partir de quelle date le délai est-il compté ?

Les périodes prises en compte commencent en principe au premier jour du mois suivant le 67e anniversaire.

Pour une personne née le premier jour d’un mois, le décompte peut débuter dès le jour anniversaire.

Il se poursuit jusqu’à la date fixée pour le point de départ de la pension.

Le choix précis de cette date peut donc avoir une conséquence directe sur le calcul.

Quelle différence avec la surcote ?

La distinction est essentielle.

La majoration de durée d’assurance de 2,5 % concerne une personne qui, à 67 ans, n’a pas encore la durée requise.

La surcote concerne au contraire une personne qui remplit déjà les conditions nécessaires et continue à travailler au-delà de l’âge permettant le taux plein.

Relevé de carrière avec les trimestres validés pour la retraite
La majoration de 2,5 % agit sur la durée d’assurance, pas directement sur la pension.

Service-Public précise d’ailleurs qu’un assuré qui possède déjà les 170 trimestres nécessaires dans son exemple ne peut pas bénéficier de la majoration de durée de 2,5 % ; il peut en revanche continuer à travailler pour obtenir une surcote.

Les deux mécanismes ne doivent donc jamais être additionnés automatiquement.

La surcote augmente directement la pension

Dans le régime général, la surcote majore directement le montant de la pension pour les trimestres supplémentaires remplissant les conditions.

La règle communément applicable est de 1,25 % par trimestre supplémentaire.

La majoration après 67 ans agit différemment : elle augmente la durée d’assurance retenue.

Deux taux proches dans leur présentation peuvent donc produire des effets très différents.

Pourquoi attendre peut-il être intéressant ?

Prenons une personne qui arrive à 67 ans avec une carrière incomplète.

Elle peut liquider immédiatement sa pension à taux plein.

Elle évite alors la décote, mais conserve une proratisation liée aux trimestres manquants.

Elle peut aussi différer la demande.

La majoration de durée peut alors rapprocher son calcul de celui d’une carrière complète.

Il faut toutefois comparer ce gain futur avec les pensions qui ne seront pas touchées pendant la période d’attente.

Attendre est-il toujours financièrement avantageux ?

Non.

Le simple fait qu’une pension mensuelle future soit plus élevée ne signifie pas que l’opération est rentable à court terme.

Un assuré qui reporte sa liquidation renonce temporairement aux mensualités qu’il aurait pu recevoir.

L’intérêt réel dépend notamment :

  • du nombre de trimestres manquants ;
  • du montant de la future pension ;
  • de la durée du report ;
  • des autres ressources disponibles pendant cette période ;
  • et des autres pensions éventuellement versées par des régimes complémentaires.
Simulation de retraite après un départ reporté au-delà de 67 ans
Une simulation permet de comparer le gain futur aux pensions non perçues pendant l’attente.

Une simulation individuelle reste donc indispensable.

Que vérifier avant 67 ans ?

Quelques mois avant la date envisagée, il faut consulter son relevé de carrière.

Le nombre de trimestres exigé varie selon la génération.

Par exemple, Service-Public indique actuellement 170 trimestres pour les personnes nées entre janvier 1963 et mars 1965, 171 pour celles nées entre avril et décembre 1965, puis 172 pour plusieurs générations suivantes.

Il faut également vérifier la répartition des trimestres entre les différentes caisses.

Ce qu’il faut retenir

Après 67 ans, une personne qui n’a pas tous les trimestres nécessaires peut augmenter sa durée d’assurance en différant sa demande de retraite.

La majoration atteint 2,5 % de la durée d’assurance pour chaque trimestre écoulé au-delà de 67 ans.

Elle ne nécessite pas obligatoirement de continuer à travailler.

Elle ne doit pas être confondue avec la surcote, réservée aux situations où l’assuré remplit déjà les conditions correspondantes.

Avant de retarder un départ, il faut donc comparer le gain futur de pension aux mensualités auxquelles on renonce pendant l’attente.

Voir aussi

Des documents et un téléphone servent à vérifier le calcul d'une retraite

Retraite à 67 ans : taux plein ne veut pas dire pension maximale, l’erreur qui peut coûter cher

À 67 ans, un salarié du régime général obtient sa retraite de base à taux plein même s’il n’a pas validé tous les trimestres normalement exigés pour sa génération. Mais « taux plein » ne signifie pas que sa pension sera calculée comme s’il avait une carrière complète. À cet âge, la décote disparaît : le taux de calcul atteint bien 50 %. En revanche, la durée d’assurance continue d’intervenir dans la formule. Une personne à qui il manque plusieurs trimestres peut donc obtenir une retraite à taux plein et malgré tout percevoir une pension inférieure à celle d’un assuré ayant validé toute la durée requise.