Une inaccessibilité historique

Pendant des décennies, se procurer de l’or supposait de passer par un guichet bancaire ou une boutique numismatique, avec un ticket d’entrée élevé (et souvent pas mal d’embûches). L’autre possibilité, c’était d’en hériter sous forme de bijoux familiaux. L’or existait bien comme actif, mais l’accès y était structurellement filtré par le montant minimal des transactions et par le petit nombre de circuits de distribution.

D’autre part, le format de référence de l’or, celui que détiennent les banques centrales, se compte en barres de douze kilos, stockées dans les coffres de la Banque de France à Paris. Ce format n’a jamais été conçu pour le particulier.

Un marché longtemps opaque, au détriment des petits épargnants

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Aux difficultés liées au ticket d’entrée s’ajoute souvent un manque de transparence sur les prix.

Avant 2014, aucune disposition spécifique du code de la consommation n’encadrait le rachat de métaux précieux par les professionnels auprès des particuliers (Assemblée nationale, réponse à la question écrite n°16870).

Ce vide a permis des pratiques abusives, notamment sur l’affichage des prix. La loi du 17 mars 2014 relative à la consommation, dite loi Hamon, a mis fin à cette zone grise : elle impose un contrat écrit obligatoire, l’affichage des prix d’achat sur le lieu de vente comme sur les sites internet, l’interdiction du paiement en espèces, et un droit de rétractation de 48 heures dans les boutiques physiques. Elle a aussi introduit une amende pouvant atteindre 3 000 euros en cas de manquement à l’affichage des prix.

À cette opacité sur les prix s’ajoute un risque de contrefaçon bien réel : lingots plaqués or ou fourrés au tungstène, difficiles à détecter sans matériel spécialisé.

L’épargnant avait donc bien raison d’être méfiant et cela explique l’importance des certifications (marquage, numéro de série, certificat d’essayeur) et le rôle des organismes comme la London Bullion Market Association (LBMA) pour éviter les dérives.

Ces exigences de sécurité et de transparence, portées à la fois par le cadre réglementaire et par les investisseurs eux-mêmes, ont aussi ouvert la voie à autre chose : l’arrivée de nouvelles technologies qui changent la donne, pour le mieux.

Le fractionnement numérique et les petites coupures changent la donne

L’apparition de technologies de fractionnement numérique et la création de toutes petites coupures redessinent les comportements d’investissement en or. Plusieurs plateformes en ligne permettent aujourd’hui d’acheter de l’or physique en très petites quantités. Il peut s’agir de toutes petites coupures, comme les pièces 1/20ème d’once par exemple. Ou encore, du fractionnement numérique, où l’or est détenu dans des coffres sécurisés et représenté par une fraction numérique correspondant au poids d’or physique réellement acquis. Certaines plateformes annoncent un premier achat possible à partir de 1 euro.

Le World Gold Council, l’organisme international de référence du secteur, a lancé en mars 2026 une initiative baptisée « Gold as a Service », destinée à standardiser les infrastructures d’échange d’or numérique à l’échelle mondiale. Sur son site, l’organisme explique que les formats numériques permettent de dépasser les obstacles traditionnels liés à l’or : quantités minimales d’achat élevées, contraintes d’achat en présentiel, frais de change et complexité du stockage.

Une évolution mesurable des comportements d’épargne

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Les Français diversifient leur épargne plus qu’avant. En 2025, le Livret A a connu sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-2,12 milliards d’euros), tandis que l’assurance-vie enregistrait sa meilleure collecte depuis 2010 (+50,6 milliards d’euros)

(Caisse des Dépôts, janvier 2026). L’argent ne disparaît pas, il se répartit sur davantage de supports.

L’or suit ce même mouvement. En 2025, les achats mondiaux de pièces et lingots par les particuliers ont atteint leur plus haut niveau en douze ans (World Gold Council, Gold Demand Trends, janvier 2026).

L’or n’est donc pas un phénomène isolé, mais s’installe comme une brique parmi d’autres dans une épargne de plus en plus diversifiée.

Le rôle de l’or dans un portefeuille

Reste la question de la place à accorder à l’or dans une épargne. Il n’existe pas de règle universelle, la réponse dépend du profil et des objectifs de chacun. Le métal jaune est généralement considéré comme un actif dit contracyclique, c’est-à-dire dont le comportement peut être décorrélé de celui des marchés financiers, ce qui en fait un outil de diversification plutôt qu’un placement principal.

Il faut cependant rappeler un point souvent oublié : l’or physique ne génère aucun rendement. Il ne verse ni intérêt ni dividende et sa seule source de gain potentiel est l’évolution de son cours entre l’achat et la revente, laquelle n’est jamais garantie.

Pour Jean-François Faure, président-fondateur du groupe AuCOFFRE, cette accessibilité nouvelle répond à une conviction ancienne :

« Les Français s’intéressent de plus en plus à l’or comme protection face aux incertitudes économiques. Chez AuCOFFRE, nous sommes convaincus que chacun devrait pouvoir accéder facilement et en toute confiance à l’investissement en or, quel que soit son budget.»

Ce que cela signifie pour les acteurs publics

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Pour les collectivités et leurs agents, ce mouvement mérite d’être compris pour ce qu’il est : un changement d’accessibilité technique, documenté par des données de marché internationales, qui touche potentiellement un public plus large et plus jeune que par le passé. Les acteurs de terrain sont régulièrement sollicités par des administrés qui s’interrogent sur la sécurisation de leur épargne. Connaître ce contexte permet de mieux comprendre ces demandes, sans que cela ne dispense d’un conseil professionnel adapté à chaque situation individuelle.

Ce contenu est publié à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en acquisition d’actifs. L’or physique ne produit ni intérêts, ni dividendes, ni rendement garanti.