Des branchements électriques illicites liés à une installation non autorisée de gens du voyage auraient privé environ 570 foyers d’électricité dans le Genevois, le 29 juin 2026, selon la presse locale. Pour les communes, cet épisode rappelle la nécessité d’un circuit clair entre mairie, intercommunalité, préfecture, forces de l’ordre et gestionnaire de réseau.
Un incident local qui pose une question de sécurité publique

Les installations illicites électricité ne relèvent pas seulement d’un conflit d’usage du foncier. Elles peuvent aussi toucher la sécurité des habitants et la continuité d’un service essentiel. Le 29 juin 2026, la presse locale a signalé qu’environ 570 foyers du Genevois avaient été privés d’électricité après un branchement illégal. Cette information doit être traitée avec prudence, car le bilan détaillé dépend des constatations techniques et administratives.
Le territoire n’est pas découvert face à ces situations. La Communauté de communes du Genevois a publié un arrêté interdisant le stationnement des résidences mobiles hors des aires aménagées. Ce document rappelle que le stationnement non autorisé peut créer des troubles à la sécurité, à la tranquillité et à la salubrité publiques.
Par ailleurs, un autre arrêté relatif aux grandes migrations 2026 encadre le stationnement des groupes de 50 à 200 caravanes entre le 1er mai et le 15 septembre 2026. En pratique, ces actes montrent que la réponse locale se prépare avant l’arrivée des difficultés.
Ce que le maire peut faire, et ce qu’il ne doit pas faire seul
Le maire reste responsable de l’ordre public dans sa commune. Toutefois, il ne peut pas gérer seul un branchement dangereux sur un réseau électrique. Il doit alerter les services compétents, sécuriser les abords et éviter toute intervention technique improvisée par les agents municipaux.
En cas de risque électrique, la priorité consiste à protéger les personnes. La commune doit donc identifier le secteur concerné, prévenir les riverains si nécessaire et demander l’intervention du gestionnaire de réseau. Elle peut aussi relayer les consignes officielles, surtout si une coupure touche des habitants vulnérables ou des commerces.
Cette coordination doit associer la préfecture, la gendarmerie ou la police, l’intercommunalité compétente, le gestionnaire du réseau et, selon les cas, le propriétaire du terrain. Dès lors, la mairie doit tenir une main courante interne. Elle y note les horaires, les contacts, les décisions prises et les messages transmis.
Un sujet intercommunal autant que municipal

L’accueil des gens du voyage relève souvent de l’intercommunalité. Dans le Genevois, l’arrêté communautaire précise que la communauté de communes exerce la compétence liée aux aires d’accueil et aux terrains familiaux locatifs. Cette organisation change la méthode de travail des communes.
Un maire confronté à une installation non autorisée doit donc vérifier trois points. D’abord, il doit savoir quelle aire d’accueil ou de grand passage peut être mobilisée. Ensuite, il doit identifier l’autorité qui exerce le pouvoir de police spéciale. Enfin, il doit connaître le circuit de demande d’intervention auprès du préfet.
Le Sénat suit également ce sujet. La proposition de loi relative à la lutte contre les installations illicites des gens du voyage a été adoptée par le Sénat le 10 février 2026, puis transmise à l’Assemblée nationale. Le dossier est consultable sur le site du Sénat et sur celui de l’Assemblée nationale. Le texte n’est donc pas une loi définitivement promulguée à ce stade.
Une réponse locale doit éviter deux erreurs
Première erreur : réduire le sujet à une communication de crise
Une coupure d’électricité provoque vite de la colère. Les habitants veulent savoir quand le courant reviendra. Les commerçants veulent mesurer leurs pertes. Les élus doivent expliquer ce qui relève de la commune et ce qui dépend du réseau.
Cependant, la communication ne suffit pas. La commune doit aussi vérifier les conséquences concrètes. Une personne sous assistance médicale à domicile peut être en difficulté. Une résidence senior peut avoir besoin d’un contact prioritaire. Un commerce alimentaire peut perdre des produits frais. En pratique, le CCAS et les services techniques doivent travailler ensemble.
Deuxième erreur : oublier la prévention
La prévention commence avant l’incident. Les services peuvent cartographier les terrains sensibles, les équipements publics proches et les points de raccordement exposés. Cette cartographie ne doit pas être diffusée largement. En revanche, elle peut aider les élus, la police municipale et l’intercommunalité à réagir plus vite.
Par ailleurs, les communes peuvent préparer un modèle de message aux habitants. Ce texte doit indiquer le secteur touché, les consignes de sécurité et les contacts utiles. Il doit aussi éviter toute accusation non vérifiée. Une formulation sobre protège la commune et limite les tensions.
Ce que les services doivent vérifier cette semaine
Après un incident de ce type, chaque commune peut lancer une vérification rapide. La première étape consiste à identifier le référent interne. Ce référent peut être le DGS, le responsable sécurité, le responsable technique ou l’élu chargé de la tranquillité publique.
Ensuite, la commune doit mettre à jour sa liste de contacts. Elle doit inclure la préfecture, la gendarmerie ou le commissariat, l’intercommunalité, le gestionnaire de réseau, le service d’astreinte, le CCAS et les élus de permanence. Un numéro obsolète fait perdre du temps au moment critique.
La troisième étape concerne les habitants fragiles. Si une coupure touche un quartier entier, le CCAS doit pouvoir joindre les personnes inscrites sur ses registres ou connues des services sociaux. Cette action doit rester proportionnée et respecter les données personnelles.
Enfin, les élus peuvent demander un retour d’expérience. Il ne s’agit pas de rechercher un responsable dans l’urgence. Il faut plutôt comprendre la chronologie, les délais, les points de blocage et les améliorations possibles.
Un cadre national encore en discussion

Le sujet des installations illicites dépasse le Genevois. Selon Vie-publique, la proposition de loi adoptée par le Sénat entend faciliter les mises en demeure de quitter les terrains occupés illicitement et les évacuations forcées. Elle prévoit aussi un durcissement des sanctions. Toutefois, son examen parlementaire n’est pas achevé.
La Banque des Territoires a également rappelé que le Sénat met en avant près de 1 300 grands passages et plus de 500 installations illégales recensés chaque année en France. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur national, mais chaque situation locale conserve ses contraintes propres.
Pour les collectivités, l’enjeu consiste donc à agir avec méthode. Une commune doit appliquer le droit existant, utiliser les procédures préfectorales et éviter les décisions isolées. À l’inverse, elle doit aussi montrer aux habitants que le risque n’est pas ignoré.
Quelle première décision prendre ?
La première décision utile consiste à créer une fiche réflexe sur les installations non autorisées avec risque de raccordement illicite. Cette fiche doit tenir sur une page. Elle doit préciser qui alerte, qui sécurise, qui contacte le gestionnaire de réseau et qui informe les habitants.
Cette fiche peut être rattachée au plan communal de sauvegarde. Le Bulletin des Communes a déjà rappelé l’intérêt d’un plan communal de sauvegarde opérationnel lorsque des incidents touchent directement les habitants. Elle peut aussi s’articuler avec les règles locales de sécurité et tranquillité publique.
Les installations illicites électricité ne doivent pas être traitées comme un simple désordre ponctuel. Elles créent un risque technique, juridique, social et politique. Une commune ne maîtrise pas toute la chaîne, mais elle peut clarifier ses rôles, préparer ses contacts et informer les habitants avec précision.
