Accepter volontairement un loyer inférieur au marché peut sembler peu logique pour un propriétaire. Pourtant, le dispositif Loc’Avantages cherche précisément à compenser cette baisse grâce à une réduction d’impôt. Un bailleur peut choisir un loyer environ 15 %, 30 % ou 45 % inférieur au niveau local de référence.

En contrepartie, l’avantage fiscal peut atteindre de 15 % à 65 % des revenus bruts du logement selon le niveau choisi et le recours à l’intermédiation locative. Le dispositif reste ouvert jusqu’au 31 décembre 2027. Mais le calcul doit intégrer bien plus que le seul taux d’impôt.

Clés et contrat de location pour un logement proposé avec Loc’Avantages
Le bailleur signe une convention avec l’Anah pour bénéficier de Loc’Avantages. Photo : Tierra Mallorca/Unsplash.

Loc1, Loc2 et Loc3 correspondent à trois niveaux de loyers

Loc’Avantages repose sur trois catégories. Le niveau Loc1 correspond à un loyer situé environ 15 % sous le marché local. Le niveau Loc2 impose une décote d’environ 30 %.

Enfin, Loc3 vise un loyer environ 45 % sous le marché. Ces pourcentages ne s’appliquent pas arbitrairement au loyer que le propriétaire aimerait demander. L’Anah utilise des plafonds établis selon la commune ou l’arrondissement.

Le bailleur doit donc utiliser le plafond correspondant à son logement.

La réduction d’impôt commence à 15 %

Sans intermédiation locative, le taux atteint 15 % pour Loc1 et 35 % pour Loc2. Avec intermédiation, il monte à 20 % pour Loc1 et 40 % pour Loc2. Pour Loc3, l’intermédiation devient obligatoire et le taux atteint 65 %.

La réduction se calcule sur les revenus bruts du logement. Elle vient ensuite diminuer l’impôt dû. Cette précision compte.

Le propriétaire ne reçoit pas nécessairement un virement équivalent au taux annoncé. L’avantage fiscal dépend aussi de son impôt réellement dû.

Une simulation simple avec un loyer de marché de 1 000 euros

Prenons un exemple volontairement simplifié. Un logement pourrait être loué 1 000 euros par mois dans le marché libre. Cela représente 12 000 euros par an.

Avec Loc1 et une réduction de loyer de 15 %, le propriétaire demanderait environ 850 euros mensuels. Il percevrait donc 10 200 euros bruts par an. Sans intermédiation, la réduction fiscale de 15 % représenterait théoriquement 1 530 euros.

Le revenu brut après prise en compte de cet avantage atteindrait alors 11 730 euros avant charges et fiscalité restante. L’écart avec les 12 000 euros du marché libre devient donc beaucoup plus faible que les seuls 15 % de baisse de loyer. Cependant, cet exemple ne suffit pas à conclure.

Calculatrice, euros et clés pour comparer loyer réduit et avantage fiscal
La rentabilité dépend du loyer, de l’impôt, des charges et de la vacance. Photo : Jakub Żerdzicki/Unsplash.

Le propriétaire doit intégrer la vacance et le risque d’impayé

Un loyer élevé ne rapporte rien pendant un mois où le logement reste vide. Loc’Avantages peut faciliter l’accès à un locataire répondant aux critères de ressources. L’intermédiation locative peut également modifier la gestion du bien.

Le calcul économique doit donc inclure le taux de vacance probable, les frais de gestion, les impayés éventuels, les travaux, la fiscalité et le niveau réel de la réduction d’impôt. Un propriétaire qui loue son bien toute l’année à 850 euros peut parfois obtenir un résultat proche d’un loyer de 1 000 euros avec plusieurs semaines de vacance.

La convention avec l’Anah engage le bailleur

Loc’Avantages n’est pas une réduction fiscale que l’on active chaque année à volonté. Le propriétaire signe une convention avec l’Anah. Cette convention fixe notamment le niveau de loyer et les conditions de location.

L’engagement s’inscrit dans la durée. Avant de signer, le propriétaire doit donc vérifier s’il envisage de vendre prochainement ou de récupérer le logement. Un avantage fiscal intéressant à court terme peut devenir contraignant si le projet patrimonial change.

Le locataire doit respecter un plafond de ressources

Le propriétaire ne peut pas louer à n’importe quel ménage. Les ressources du locataire doivent rester sous les plafonds applicables au niveau Loc choisi. Ces plafonds varient selon le territoire et la composition du foyer.

Plus le niveau de loyer devient social, plus les conditions se resserrent. Le propriétaire doit donc contrôler les justificatifs du candidat. Il doit conserver les pièces nécessaires pour prouver le respect du dispositif.

Immeuble d’habitation concerné par les plafonds de loyer Loc’Avantages
Les plafonds Loc1, Loc2 et Loc3 dépendent de la commune ou de l’arrondissement. Photo : Howard Walsh/Unsplash.

Le logement doit respecter des conditions énergétiques

Loc’Avantages impose aussi des exigences liées au logement. Bercy précise notamment des conditions relatives à la performance énergétique et au type de convention. Un logement trop énergivore peut donc ne pas entrer dans le dispositif tel quel.

Cette exigence prend de plus en plus d’importance avec les restrictions qui frappent les passoires thermiques. Le propriétaire qui envisage des travaux doit comparer le coût de la rénovation avec l’avantage fiscal espéré sur plusieurs années.

Peut-on louer à son enfant ?

Le dispositif impose des restrictions sur les liens familiaux. Le logement ne doit notamment pas être loué à un membre du foyer fiscal du propriétaire dans les situations interdites par le dispositif. Il faut aussi vérifier les règles concernant les ascendants et descendants.

L’objectif consiste à réserver l’avantage fiscal à une véritable location locative répondant aux critères sociaux. Une location organisée uniquement au sein de la famille ne doit pas être supposée éligible.

L’intermédiation locative peut augmenter l’avantage

Le propriétaire peut passer par une agence immobilière sociale ou une association agréée. Cette organisation constitue l’intermédiation locative. Elle augmente les taux de réduction d’impôt.

Dans certaines configurations, elle ouvre aussi droit à des primes spécifiques. Bercy mentionne notamment 1 000 ou 2 000 euros selon le type d’intermédiation, avec une majoration possible pour certains petits logements. Ainsi, le propriétaire doit comparer plusieurs scénarios avant de choisir.

Alors, louer moins cher peut-il réellement rapporter davantage ?

Oui, dans certaines situations. Mais ce résultat n’est pas automatique. Un propriétaire fortement imposé, situé dans une zone tendue et bénéficiant d’une forte réduction fiscale peut trouver l’opération intéressante.

Un autre, peu imposé ou soumis à des coûts de travaux élevés, peut obtenir un résultat différent. La meilleure méthode consiste à simuler le revenu net sur plusieurs années. Comparez marché libre, Loc1, Loc2 et, si pertinent, Loc3.

Ajoutez les charges et le coût de gestion. Le bon indicateur n’est pas le loyer mensuel affiché. C’est le revenu net réellement conservé après impôts, charges, vacance et avantages fiscaux.

Source officielle

Bercy — Loc’Avantages