vendredi , 25 septembre 2026

Livret A, LDDS et LEP : peut-on cumuler les trois et placer 44 950 € sans impôt ?

Un même épargnant peut détenir simultanément un Livret A, un LDDS et un LEP s'il respecte les conditions propres à chacun. En additionnant leurs plafonds réglementaires de versements, il est possible d'atteindre 44 950 euros : 22 950 euros sur le Livret A, 12 000 euros sur le LDDS et 10 000 euros sur le LEP. Les intérêts produits par ces trois livrets sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Mais le chiffre de 44 950 euros ne correspond pas à un plafond absolu du solde : les intérêts capitalisés peuvent continuer à faire progresser les sommes présentes sur les livrets au-delà des plafonds de versements.

Billets en euros illustrant l'épargne cumulée sur Livret A, LDDS et LEP
Les plafonds cumulés du Livret A, du LDDS et du LEP atteignent 44 950 euros. Photo : Ibrahim Boran/Unsplash.

Oui, les trois livrets peuvent être cumulés

La réglementation interdit de posséder plusieurs Livrets A à son nom.

Elle interdit également de multiplier les LDDS ou les LEP au-delà des limites autorisées.

En revanche, elle n'interdit pas de combiner des produits différents.

Une personne peut donc avoir :

  • un Livret A ;
  • un LDDS ;
  • un LEP.

La condition essentielle concerne le LEP : il est réservé aux personnes qui respectent les conditions de revenus prévues par la réglementation.

Le LDDS est lui aussi soumis à des conditions liées notamment à la situation fiscale du titulaire, même s'il n'est pas soumis à un plafond de ressources comparable à celui du LEP.

Comment arrive-t-on à 44 950 euros ?

Il suffit d'additionner les trois plafonds de versements applicables à un particulier :

22 950 euros pour le Livret A ;

12 000 euros pour le LDDS ;

10 000 euros pour le LEP.

Le total atteint donc :

22 950 + 12 000 + 10 000 = 44 950 euros.

Cette somme peut être déposée sur les trois produits par une même personne éligible.

Il faut cependant parler de plafonds de versements et non de plafond maximal définitif de l'épargne.

Pourquoi le solde peut-il dépasser 44 950 euros ?

Les intérêts versés par la banque ne sont pas assimilés à de nouveaux versements réalisés par l'épargnant.

Ils sont ajoutés au capital.

Un Livret A déjà rempli jusqu'à 22 950 euros peut donc dépasser ce montant grâce aux intérêts.

La même logique s'applique au LDDS et au LEP.

L'épargnant ne pourra plus ajouter librement de nouveaux versements une fois le plafond atteint, mais les intérêts continueront à être capitalisés.

Le ministère de l'Économie le rappelle explicitement pour le Livret A et le LDDS.

Épargne en billets d'euros pour atteindre les plafonds du Livret A, LDDS et LEP
Les intérêts des trois livrets réglementés sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Photo : Ibrahim Boran/Unsplash.

Quels sont les taux au 25 septembre 2026 ?

Depuis le 1er août 2026, le Livret A est rémunéré à 1,7 %.

Le LDDS bénéficie du même taux de 1,7 %.

Le LEP reste mieux rémunéré, à 2,5 %.

Ces taux ont été annoncés par le ministère de l'Économie en juillet et sont entrés en vigueur le 1er août 2026.

Ils peuvent évoluer lors de futures révisions.

Il serait donc incorrect de présenter ces rendements comme garantis pendant plusieurs années.

Combien rapporteraient 44 950 euros pendant un an ?

À titre purement théorique, supposons que les trois livrets soient remplis pendant une année entière et que les taux restent inchangés.

Le Livret A produirait :

22 950 × 1,7 % = 390,15 euros.

Le LDDS produirait :

12 000 × 1,7 % = 204 euros.

Le LEP produirait :

10 000 × 2,5 % = 250 euros.

Le rendement annuel théorique atteindrait donc 844,15 euros.

Ces intérêts seraient exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Mais il s'agit uniquement d'une simulation.

Le rendement réel dépend des dates de versement et de retrait, de la règle des quinzaines et d'une éventuelle modification des taux réglementés pendant l'année.

Faut-il payer les 17,2 % de prélèvements sociaux ?

Non sur les intérêts de ces trois livrets réglementés.

Le Livret A, le LDDS et le LEP bénéficient tous d'une exonération d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Cela signifie qu'un intérêt de 100 euros crédité sur l'un de ces livrets reste 100 euros pour l'épargnant.

Il n'y a pas de prélèvement forfaitaire unique de 30 % à appliquer comme sur certains placements bancaires fiscalisés.

Cette exonération explique une partie de l'intérêt de ces produits pour l'épargne de précaution.

Somme en euros placée sur des livrets d'épargne réglementée
Le LEP conserve le taux le plus élevé pour les foyers qui y sont éligibles. Photo : CARTIST/Unsplash.

Tout le monde peut-il ouvrir un LEP ?

Non.

C'est la limite principale du calcul à 44 950 euros.

Le LEP est réservé aux personnes dont le revenu fiscal de référence respecte les plafonds réglementaires.

La banque vérifie l'éligibilité lors de l'ouverture puis pendant la vie du livret.

Une personne qui ne remplit pas les conditions du LEP ne peut donc pas atteindre le total de 44 950 euros en utilisant ces trois produits à son seul nom.

Sans LEP, le cumul Livret A + LDDS représente un plafond total de versements de 34 950 euros.

Peut-on avoir deux Livrets A pour augmenter ce plafond ?

Non.

Une personne physique ne peut normalement détenir qu'un seul Livret A.

Changer de banque ne permet pas de contourner cette règle.

BDC a déjà détaillé le cas des personnes découvrant deux Livrets A ouverts simultanément.

En revanche, cumuler un Livret A et un LDDS est autorisé, tout comme le cumul avec un LEP lorsque l'épargnant y est éligible.

Il faut donc distinguer duplication d'un même produit et détention de plusieurs livrets réglementés différents.

Pourquoi remplir le LEP avant le Livret A peut-il être intéressant ?

Au taux applicable depuis le 1er août 2026, le LEP rémunère l'épargne à 2,5 %, contre 1,7 % pour le Livret A et le LDDS.

Pour un épargnant éligible disposant de sommes à placer, le différentiel de taux est donc de 0,8 point.

Sur 10 000 euros conservés pendant une année entière à taux constant, cela représente théoriquement 80 euros supplémentaires par rapport à un placement à 1,7 %.

Le choix dépend toutefois de la situation individuelle et du maintien de l'éligibilité au LEP.

Attention à la règle des quinzaines

Les intérêts des livrets réglementés ne sont pas calculés jour après jour comme sur certains autres placements.

Les dates auxquelles un versement commence à produire des intérêts et celles auxquelles un retrait cesse d'en produire suivent la règle des quinzaines.

Déplacer une somme juste avant ou juste après une date de valeur peut donc modifier le rendement réel obtenu.

Pour une épargne déjà placée, il ne faut pas déplacer les fonds uniquement sur la base du taux affiché sans regarder les dates d'opération.

Ce que cela change pour votre épargne

Pour une personne éligible au LEP, les trois produits permettent de constituer une épargne liquide importante sans fiscalité sur les intérêts.

Ils ne répondent toutefois pas exactement aux mêmes conditions d'accès.

Le Livret A est le plus largement accessible.

Le LDDS est destiné aux personnes remplissant ses conditions fiscales.

Le LEP vise les foyers aux revenus modestes.

Avant d'ouvrir un nouveau compte, il faut donc vérifier non seulement le taux, mais aussi son éligibilité et l'existence éventuelle d'un ancien livret encore ouvert.

Ce qu'il faut retenir

Une personne éligible peut cumuler un Livret A, un LDDS et un LEP.

Le total de leurs plafonds de versements atteint 44 950 euros.

Au 25 septembre 2026, les taux sont de 1,7 % pour le Livret A et le LDDS et de 2,5 % pour le LEP.

Les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Et les 44 950 euros ne constituent pas un plafond absolu du solde : une fois les plafonds de versements atteints, les intérêts peuvent continuer à faire progresser les montants inscrits sur les livrets.

Sources : ministère de l'Économie, taux applicables depuis le 1er août 2026 et fiches officielles Livret A, LDDS et LEP.

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