Les personnes nées en 1964 sont parmi les premières bénéficiaires concrètes de la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023. La nouvelle grille fixe leur âge légal à 62 ans et 9 mois, contre 63 ans dans le calendrier précédent. Leur durée d’assurance nécessaire pour partir à taux plein avant 67 ans descend également à 170 trimestres au lieu de 171. Les nouvelles règles concernent les retraites prenant effet sous le dispositif applicable à compter du 1er septembre 2026. Cette date ne signifie toutefois pas qu’une personne née en 1964 peut automatiquement liquider sa pension dès demain : son mois de naissance et sa carrière restent déterminants. (Service-Public)
170 trimestres suffisent désormais pour la génération 1964

La règle officielle est désormais claire.
Une personne née en 1964 doit justifier de 170 trimestres pour obtenir le taux plein avant 67 ans.
Le calendrier issu de la réforme de 2023 en prévoyait 171.
La suspension adoptée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 retire donc un trimestre à la durée requise pour cette génération. (Service-Public)
170 trimestres représentent 42 années et six mois de durée d’assurance.
Cette durée s’apprécie tous régimes confondus pour déterminer le droit au taux plein.
Elle ne signifie pas nécessairement que les 170 trimestres ont tous été cotisés comme salarié du régime général. Des périodes relevant d’autres régimes peuvent entrer dans la durée totale.
L’âge légal baisse aussi de trois mois
Le changement ne porte pas uniquement sur les trimestres.
Pour la génération 1964, l’âge légal est désormais fixé à 62 ans et 9 mois.
Le calendrier précédent imposait 63 ans. (Service-Public)
La différence atteint donc trois mois.
Une personne qui dispose déjà des 170 trimestres nécessaires peut, selon sa date de naissance, envisager un départ trois mois plus tôt que dans le calendrier antérieur.
En revanche, atteindre 62 ans et 9 mois ne suffit pas à garantir une pension complète.
Si l’assuré n’a pas les 170 trimestres nécessaires, une décote peut s’appliquer avant 67 ans, sauf situation particulière permettant d’obtenir le taux plein autrement.
Pourquoi le 1er septembre ne correspond pas à la date de départ de tous les assurés de 1964
C’est la nuance la plus importante.
Le 1er septembre constitue la date d’entrée en application de la nouvelle grille pour les pensions concernées.
Ce n’est pas une date universelle de départ pour tous les natifs de 1964.
L’Assurance retraite donne par exemple le cas d’une personne née le 16 mai 1964. Elle atteint 62 ans et 9 mois en février 2027 et peut envisager une retraite prenant effet au 1er mars 2027, si elle remplit les autres conditions. (Assurance retraite)
Chaque assuré doit donc calculer son propre âge légal à partir de sa date de naissance.
Le gain de trois mois s’applique par comparaison avec l’ancienne grille, pas avec le calendrier civil de septembre 2026.
Avoir 170 trimestres donne-t-il toujours la pension maximale ?

Pas forcément.
Le taux plein et le montant maximum ne sont pas exactement la même notion.
Service-Public rappelle que la retraite de base dépend aussi du nombre de trimestres validés auprès de l’Assurance retraite elle-même. (Service-Public)
Une personne peut avoir 170 trimestres tous régimes confondus et donc éviter la décote.
Mais si une partie de sa carrière relève d’un autre régime, la pension versée par l’Assurance retraite est proratisée.
L’autre régime verse alors sa propre pension selon ses règles.
Cette distinction est particulièrement importante pour les personnes ayant changé de statut professionnel au cours de leur carrière.
Que se passe-t-il si vous n’avez que 169 trimestres ?
À 62 ans et 9 mois, une personne née en 1964 qui n’a pas les 170 trimestres exigés ne bénéficie pas automatiquement du taux plein.
La décote peut réduire le taux de calcul.
Service-Public précise que le taux de 50 % de la retraite de base est diminué de 0,625 % par trimestre manquant, dans la limite prévue. (Service-Public)
La caisse retient le nombre de trimestres manquants selon les règles réglementaires.
Avant de retarder ou d’avancer son départ d’un trimestre, une simulation précise peut donc être financièrement importante.
Un trimestre supplémentaire peut parfois éviter une décote durable.
À 67 ans, le taux plein reste automatique
La réforme de l’âge légal ne supprime pas le taux plein automatique à 67 ans.
Une personne née en 1964 peut donc obtenir une retraite sans décote à cet âge même si elle n’a pas atteint 170 trimestres.
Cela ne signifie toutefois pas qu’elle percevra le montant maximum théorique.
Si elle ne dispose pas de tous les trimestres nécessaires dans le régime, la proratisation continue de jouer. (Service-Public)
Cette différence entre « sans décote » et « pension maximale » mérite d’être vérifiée lors de toute simulation.
Les carrières longues suivent une grille différente
Une personne née en 1964 ayant commencé à travailler très jeune peut relever du dispositif carrière longue.
Dans ce cas, l’âge de départ peut être inférieur à 62 ans et 9 mois.
Pour une personne née en 1964 ayant commencé avant 20 ans dans les conditions requises, l’Assurance retraite indique notamment un âge minimum de 60 ans et 6 mois avec 170 trimestres cotisés nécessaires. (Assurance retraite)
Il ne faut donc pas utiliser l’âge légal de droit commun pour calculer un départ anticipé.
Le nombre de trimestres cotisés et les trimestres validés en début de carrière deviennent alors déterminants.
Vérifiez votre relevé avant de modifier votre date de départ

Une nouvelle règle favorable ne corrige pas automatiquement les erreurs d’un relevé de carrière.
Avant de déposer sa demande, l’assuré doit contrôler les salaires, périodes de chômage, maternité, maladie et emplois relevant d’autres caisses.
Une année manquante peut empêcher d’atteindre les 170 trimestres au moment prévu.
Le simulateur officiel « Mon estimation retraite » a été mis à jour pour intégrer les nouvelles règles applicables aux générations 1964 à 1968. (Service-Public)
Pour la génération 1964, le changement est donc double : trois mois de moins sur l’âge légal et un trimestre de moins à réunir.
Mais l’effet réel dépend toujours de la date de naissance et du relevé de carrière individuel.
