La majoration de 11,1 % vise la réversion du régime général

pension de réversion

La règle présentée ici concerne la retraite de réversion versée par l’Assurance retraite au titre du régime général. La page officielle Droits en cas de décès précise que la caisse applique automatiquement une majoration de 11,1 % lorsque le bénéficiaire remplit les conditions prévues. Cette automatisation évite une demande distincte, mais elle ne signifie pas que toute personne qui perçoit une réversion obtient cette hausse dès 55 ans.

Le point est essentiel pour ne pas mélanger les régimes. L’Agirc-Arrco, la fonction publique et d’autres régimes disposent de leurs propres règles de réversion. La majoration de 11,1 % décrite ici s’inscrit dans le calcul du régime général. Pour replacer cette règle dans l’ensemble du dossier, Le Bulletin des Communes a déjà expliqué pourquoi les ressources peuvent modifier une réversion après le début des versements. Identifier la caisse qui paie la pension reste donc la première vérification.

Trois conditions doivent être réunies en même temps

Première condition : le bénéficiaire doit avoir atteint l’âge de la retraite au taux maximum. L’Assurance retraite indique qu’il se situe entre 65 et 67 ans selon l’année de naissance et la situation. Il ne faut donc pas confondre cet âge avec l’âge minimal de 55 ans qui ouvre, en principe, la possibilité de demander la réversion de base. Une personne peut percevoir sa réversion plusieurs années avant de devenir éligible à la majoration de 11,1 %.

Deuxième condition : la personne doit avoir fait valoir tous ses droits à retraite. La caisse veut connaître l’ensemble des pensions personnelles et de réversion auxquelles le bénéficiaire peut prétendre, y compris les retraites de base et complémentaires. Troisième condition : le total des retraites doit rester sous le plafond applicable à cette majoration. Une seule de ces conditions manquante suffit à empêcher le versement de la hausse à ce moment-là.

Le plafond 2026 peut réduire une majoration pourtant ouverte

La circulaire Cnav de revalorisation fixe, au 1er janvier 2026, le plafond de ressources de la majoration de réversion à 3 020,07 euros par trimestre, soit 1 006,69 euros par mois. Ce plafond ne doit pas être confondu avec le plafond annuel de ressources utilisé pour ouvrir ou maintenir la réversion de base. Les deux mécanismes répondent à des calculs différents.

La caisse ne verse pas forcément 11,1 % en entier si l’augmentation ferait dépasser le plafond. Prenons une réversion brute de 600 euros. La hausse théorique atteint 66,60 euros. Si l’ensemble des retraites retenues atteint déjà 980 euros par mois, ajouter 66,60 euros conduirait à 1 046,60 euros. Avec un plafond de 1 006,69 euros, la caisse limite alors la majoration pour ne pas dépasser ce niveau. Le taux existe, mais le montant réellement servi peut donc être inférieur à 11,1 %.

La caisse regarde les retraites des trois mois précédents

pension de réversion

Pour apprécier le plafond, l’Assurance retraite retient les retraites des trois mois qui précèdent le point de départ de la majoration. Cette période permet à la caisse de vérifier le niveau réel des pensions après leur liquidation. Une retraite complémentaire récemment attribuée, une pension étrangère ou un nouveau droit personnel peut donc modifier le résultat au moment où la majoration devient possible.

Cette règle explique pourquoi une majoration peut apparaître après la liquidation des dernières retraites, puis être écrêtée si le total dépasse le plafond. Il faut conserver les notifications de pension et vérifier que toutes les caisses ont bien communiqué les montants. En cas d’écart entre les sommes réellement perçues et celles retenues, le bénéficiaire peut transmettre les justificatifs à sa Carsat ou à sa caisse régionale.

11,1 %, 10 % pour trois enfants et enfant à charge : trois mécanismes différents

La réversion du régime général peut bénéficier de plusieurs majorations, mais elles n’obéissent pas aux mêmes conditions. La hausse de 11,1 % dépend de l’âge du taux maximum, de la liquidation de tous les droits et du plafond de retraites. À côté, une majoration de 10 % peut s’appliquer lorsque le bénéficiaire a eu ou élevé au moins trois enfants. L’Assurance retraite indique que cette majoration de 10 % intervient automatiquement lors du calcul de la réversion.

Une majoration forfaitaire existe aussi pour certains enfants encore à charge. Elle vise au contraire des bénéficiaires qui n’ont pas atteint l’âge du taux maximum et qui ne perçoivent pas certaines retraites personnelles. Cette aide n’est pas automatique : il faut la demander. Confondre ces trois dispositifs peut conduire à réclamer un droit inexistant ou, à l’inverse, à ne pas comprendre pourquoi une pension a augmenté de quelques dizaines d’euros.

Que vérifier si la hausse n’apparaît pas sur votre pension ?

Commencez par contrôler votre âge au regard des règles de votre génération, puis vérifiez que toutes vos retraites ont bien été liquidées. Une pension complémentaire non demandée ou un droit étranger encore en attente peut empêcher la caisse de considérer le dossier comme complet. Consultez ensuite vos notifications pour additionner les montants bruts de pension concernés par le plafond de la majoration.

Si vous remplissez les trois conditions mais que la hausse n’apparaît pas, contactez l’Assurance retraite depuis votre espace personnel ou votre caisse régionale. Demandez le détail du calcul plutôt qu’une simple confirmation orale. Une réponse chiffrée permet de savoir si la caisse refuse la majoration, si elle l’a réduite à cause du plafond ou si elle attend encore la liquidation d’un droit. France Services peut aider à transmettre les documents, mais seule la caisse de retraite calcule et attribue la majoration.

Ce qu’il faut retenir avant d’anticiper une hausse de 11,1 %

pension de réversion

La majoration peut donc représenter un gain réel, mais elle n’est ni universelle ni forcément versée au taux plein. En 2026, le plafond spécifique atteint 3 020,07 euros par trimestre. Une personne qui se situe juste en dessous peut recevoir une majoration partielle, alors qu’une personne plus éloignée du plafond peut bénéficier de l’intégralité des 11,1 %.

Le bon réflexe consiste à regarder séparément la réversion de base, la majoration de 11,1 % et les éventuelles majorations pour enfants. Cette lecture évite de comparer des montants qui répondent à des règles différentes. En cas de doute, demandez à la caisse la date de départ de la majoration, le montant de pension retenu et le plafond appliqué en 2026.