Une hausse de salaire, une prime exceptionnelle ou le départ d’un enfant du foyer fiscal peut faire dépasser le plafond du Livret d’épargne populaire. Pourtant, la banque ne ferme pas forcément le LEP dès le premier dépassement. La réglementation laisse une année de rattrapage lorsque le revenu fiscal de référence repasse sous la limite l’année suivante. En revanche, deux dépassements consécutifs entraînent la clôture. En 2026, cette règle mérite une attention particulière, car le LEP conserve un taux de 2,5 % à partir du 1er août et reste plus rémunérateur que le Livret A.
Le LEP dépend du revenu fiscal de référence

Le Livret d’épargne populaire s’adresse aux foyers fiscaux aux revenus modestes. La banque vérifie le revenu fiscal de référence indiqué sur l’avis d’impôt. Elle tient aussi compte du nombre de parts du quotient familial et du lieu de résidence.
Le salaire mensuel ne suffit donc pas pour décider de l’éligibilité. Une prime, des revenus fonciers, une pension ou une modification du foyer peuvent faire évoluer le revenu fiscal de référence. À l’inverse, une baisse récente des revenus ne produit pas toujours un effet immédiat, car la banque utilise les avis fiscaux disponibles.
Le ministère de l’Économie présente les conditions du LEP ainsi que les plafonds applicables. Le seuil augmente avec le nombre de parts fiscales.
Chaque contribuable peut détenir un seul LEP. Un couple marié ou pacsé peut en posséder deux lorsque chacun respecte les conditions. Les enfants rattachés au foyer ne peuvent pas ouvrir leur propre livret.
Un seul dépassement ne provoque pas immédiatement la clôture
La règle protège l’épargnant contre une hausse ponctuelle. Lorsque son revenu fiscal de référence dépasse le plafond pendant une année, il peut conserver son LEP si le revenu de l’année suivante repasse sous la limite. La banque ne doit donc pas fermer automatiquement le livret dès le premier dépassement.
Cette tolérance répond aux variations normales des revenus. Une prime exceptionnelle, des heures supplémentaires ou une vente ponctuelle peuvent gonfler le revenu fiscal de référence sans traduire une amélioration durable du niveau de vie.
L’épargnant conserve alors le taux du LEP et peut continuer à utiliser son livret pendant cette période. Il doit toutefois surveiller l’avis fiscal suivant. Si ce nouvel avis confirme un retour sous le plafond, le droit se poursuit normalement.
Deux années consécutives au-dessus du plafond entraînent la fermeture
La situation change lorsque le revenu fiscal de référence dépasse la limite pendant deux années consécutives. La banque doit alors clôturer le LEP. Elle transfère le capital et les intérêts vers un autre compte indiqué par le client ou applique la procédure prévue dans le contrat.
Bercy précise qu’après deux années consécutives de dépassement, la clôture devient automatique. Cette règle évite qu’un épargnant conserve durablement un produit réservé aux revenus modestes.
La banque peut interroger directement l’administration fiscale. Elle ne demande donc pas toujours l’avis d’impôt au client. Cependant, une erreur de données ou un changement de situation peut nécessiter un justificatif. Il vaut mieux répondre rapidement à toute demande de l’établissement.
Un exemple permet de suivre la règle dans le temps

Imaginons qu’un contribuable respecte le plafond sur son premier avis fiscal. L’année suivante, une prime importante fait dépasser la limite. Son LEP reste ouvert, car il s’agit du premier dépassement.
Sur l’avis suivant, ses revenus repassent sous le plafond. Il conserve son livret sans interruption. La banque ne ferme pas le compte et les intérêts continuent de courir.
Dans un second scénario, le revenu reste au-dessus de la limite sur deux avis successifs. La banque clôture alors le LEP. L’épargnant peut placer la somme sur un Livret A, un LDDS ou un autre support adapté à sa situation.
Ce calendrier repose sur les revenus fiscaux et les avis disponibles, non sur la date exacte de l’augmentation salariale. Une hausse obtenue en milieu d’année peut donc produire ses effets plusieurs mois plus tard.
Le taux de 2,5 % renforce l’intérêt de vérifier avant de fermer
À compter du 1er août 2026, le taux du LEP reste fixé à 2,5 %. Le Livret A passe à 1,7 %. L’écart atteint donc 0,8 point. Pour 10 000 euros conservés pendant un an, cet écart représente environ 80 euros d’intérêts supplémentaires, hors effet des dates de versement.
Le ministère de l’Économie a confirmé le maintien du LEP à 2,5 % au 1er août 2026. Les intérêts restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Notre article LEP à 2,5 % : qui peut ouvrir ce livret et combien rapporte-t-il de plus que le Livret A ? détaille l’écart de rendement et le fonctionnement des quinzaines.
Un épargnant ne doit donc pas demander lui-même la fermeture après un seul dépassement. Il perdrait un avantage que la réglementation lui permet encore de conserver.
Que devient l’argent lorsque la banque ferme le LEP ?
La clôture ne fait pas perdre le capital. La banque calcule les intérêts acquis jusqu’à la date de fermeture, puis verse l’ensemble sur le compte prévu. Le client peut ensuite choisir un autre produit d’épargne.
Le Livret A et le LDDS offrent une garantie du capital et une disponibilité comparable. Ils ne dépendent pas des revenus. Leur taux reste toutefois inférieur à celui du LEP au second semestre 2026.
Avant de déplacer l’argent vers un placement plus risqué, il faut préserver l’épargne de précaution. Une assurance-vie en unités de compte ou un produit boursier peut subir des pertes. Le choix doit donc dépendre de l’horizon et du besoin de disponibilité.
Comment vérifier sa situation sans attendre la banque ?

Le titulaire doit consulter son dernier avis d’impôt et repérer le revenu fiscal de référence. Il doit ensuite vérifier le nombre de parts et comparer le montant au plafond correspondant. Le tableau diffère entre la métropole et certains territoires ultramarins.
La fiche Service-Public consacrée au LEP rappelle que la banque peut examiner le revenu fiscal de référence de l’année N-2 ou N-1 selon l’avis disponible.
En cas d’erreur, le client doit contacter sa banque et transmettre l’avis fiscal correct. Une séparation, un mariage ou un changement de rattachement peut modifier le nombre de parts. Il faut donc vérifier à la fois le revenu et la composition du foyer.
France Services peut aider à télécharger l’avis d’impôt ou à accéder à l’espace fiscal. L’agent n’intervient pas dans la décision bancaire, mais il facilite l’accès aux documents nécessaires.
Conclusion
Une hausse de revenus ne ferme pas immédiatement le LEP. Après un premier dépassement du plafond, l’épargnant conserve son livret si son revenu fiscal de référence repasse sous la limite l’année suivante. Deux dépassements consécutifs entraînent en revanche la clôture.
En 2026, cette vérification reste importante puisque le LEP conserve un taux de 2,5 % à partir du 1er août. Avant toute fermeture volontaire, il faut donc examiner les deux derniers avis d’impôt et demander une explication écrite à la banque en cas de doute.
