Le compte épargne logement reste disponible à tout moment, mais cette souplesse comporte une limite stricte. Depuis le 1er août 2026, le CEL rapporte 1,25 %. Son titulaire peut retirer de l’argent quand il le souhaite, à condition de laisser au moins 300 euros sur le compte. Si le solde passe sous ce seuil, le CEL doit fermer. Le risque ne vient donc pas du nombre de retraits, mais du montant qui reste après l’opération. Cette règle mérite d’être vérifiée avant de transférer une grosse somme, surtout pour les épargnants qui conservent le CEL pour un futur projet immobilier ou pour ses anciens droits à prêt.
Le taux du CEL atteint 1,25 % depuis le 1er août

Le ministère de l’Économie a fixé le taux du CEL à 1,25 % à compter du 1er août 2026. Le produit reste moins rémunérateur que certains autres livrets réglementés, mais il poursuit un objectif différent : constituer une épargne disponible liée à un projet immobilier.
Le CEL permet de verser et de retirer des fonds tout au long de la vie du compte. Son titulaire ne subit donc pas le blocage de quatre ans que l’on associe au PEL. Cette disponibilité peut donner l’impression qu’aucune contrainte de solde n’existe.
Pourtant, une règle simple change tout : le compte doit toujours conserver au moins 300 euros.
Un retrait qui fait passer le solde sous 300 euros entraîne la clôture
Le ministère l’écrit clairement : le titulaire doit laisser un minimum de 300 euros sur son CEL. Si le solde descend sous cette barre, le compte est clôturé.
La banque ne ferme donc pas le CEL parce que le client retire « trop souvent ». Elle le ferme lorsque le retrait fait tomber le solde sous le minimum réglementaire. Une personne qui retire 2 000 euros d’un CEL contenant 4 000 euros reste au-dessus du seuil. Une personne qui retire 800 euros d’un CEL contenant 1 000 euros passe, elle, à 200 euros et perd le compte.
Avant de valider un virement, mieux vaut donc regarder le solde après opération. Cette vérification prend quelques secondes et évite une fermeture involontaire.
Les sommes restent disponibles à tout moment
Contrairement au PEL, le CEL ne sanctionne pas chaque retrait par une clôture automatique. Le titulaire peut récupérer une partie de son épargne quand il en a besoin, tant que le solde reste au moins égal à 300 euros.
Cette flexibilité peut servir pour une dépense imprévue. Elle ne doit toutefois pas conduire à vider le compte sans mesurer les conséquences. Une clôture fait disparaître le produit et peut modifier les perspectives de prêt associées au CEL.
Pour une épargne de précaution pure, il faut aussi comparer le rendement avec d’autres supports. Depuis août 2026, le Livret A rapporte 1,7 % et le LEP reste plus rémunérateur pour les personnes éligibles.
Chaque nouveau versement doit atteindre au moins 75 euros

Après le versement initial de 300 euros, les versements complémentaires doivent atteindre au minimum 75 euros. Le plafond des dépôts s’établit à 15 300 euros, hors capitalisation des intérêts.
Le titulaire peut alimenter le compte par virement, chèque ou au guichet. Depuis juillet 2023, il peut aussi effectuer un virement depuis un compte ouvert dans une autre banque que celle qui détient le CEL.
Ces règles montrent que le CEL reste souple, mais pas totalement libre. Le seuil de 300 euros, le minimum de versement et le plafond structurent son fonctionnement.
La règle des quinzaines s’applique aussi au CEL
Les intérêts du CEL suivent une logique par quinzaines. Les sommes qui restent sur le compte du 1er au 15 produisent des intérêts à partir du 16. Celles qui restent du 16 à la fin du mois commencent à produire des intérêts au 1er du mois suivant.
Un retrait juste avant la fin d’une quinzaine peut donc réduire les intérêts calculés. Cette question reste secondaire face à une dépense urgente, mais elle compte pour un épargnant qui peut choisir la date de son mouvement.
BDC a déjà expliqué cette mécanique pour le Livret A et les retraits autour du 15 du mois. Le principe de calendrier mérite la même attention sur un CEL.
La fiscalité dépend de la date d’ouverture
Pour les CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018, les intérêts subissent le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, sauf option fiscale différente applicable au foyer. Les anciens CEL suivent des règles spécifiques.
Les CEL ouverts depuis 2018 ne donnent plus droit à la prime d’État. À l’inverse, certains anciens comptes peuvent conserver des droits hérités de leur date d’ouverture.
Avant de fermer un vieux CEL, il faut donc vérifier son ancienneté et ses éventuels droits. Le simple taux de 1,25 % ne suffit pas à décider si le produit doit disparaître.
Que faire avant un gros retrait ?

Calculez le solde qui restera après le retrait. S’il descend sous 300 euros, considérez que l’opération fermera le CEL. Si vous souhaitez conserver le compte, réduisez le montant retiré ou alimentez-le auparavant.
Vérifiez ensuite l’ancienneté du CEL, sa fiscalité et son utilité dans votre projet immobilier. Une fermeture volontaire peut être parfaitement rationnelle si le produit ne vous sert plus. Elle doit simplement résulter d’un choix, pas d’un retrait effectué sans connaître le seuil.
La réponse au titre tient donc en une phrase : la banque ne ferme pas votre CEL parce que vous retirez souvent ; elle le clôture si le solde tombe sous 300 euros.
