Le taux du Livret A passera de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026. Cette hausse améliore légèrement le rendement, mais elle ne bouleverse pas les gains des épargnants. Sur 10 000 euros, le nouveau taux représente 170 euros d’intérêts sur une année entière. Entre août et décembre, l’écart avec l’ancien taux ne rapportera toutefois qu’environ 8,33 euros supplémentaires, si le solde reste stable. Dès lors, faut-il conserver son argent, remplir un LEP à 2,5 % ou choisir une autre solution ? Le bon choix dépend surtout de l’éligibilité, de la durée d’épargne et du besoin de garder les fonds disponibles.
Ce qui change au 1er août 2026

Le ministère de l’Économie a confirmé, le 15 juillet, le relèvement du Livret A à 1,7 % au 1er août 2026. Le LDDS suivra la même évolution. En revanche, le Livret d’épargne populaire conservera un taux de 2,5 %. Le communiqué officiel de Bercy précise que la hausse atteint 0,2 point.
Le Livret A garde ses principaux avantages. L’épargnant peut retirer son argent à tout moment. De plus, l’État encadre le produit et les intérêts restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le plafond de dépôt demeure fixé à 22 950 euros pour un particulier, hors intérêts capitalisés.
Cette revalorisation intervient après le passage du taux à 1,5 % en février 2026. La Banque de France explique que la formule tient compte de l’inflation hors tabac et des taux monétaires de court terme. Son calcul officiel aboutit précisément à 1,7 %.
Combien rapportera le Livret A à 1,7 % ?
Le taux annoncé reste annuel. Il permet donc d’estimer le rendement sur douze mois, à condition de conserver un solde identique pendant toute l’année et de ne pas effectuer de retraits.
Ces chiffres donnent un ordre de grandeur annuel. Cependant, le taux de 1,7 % ne s’appliquera qu’à partir du 1er août. Pour la période allant d’août à décembre 2026, l’épargnant ne profitera donc que de dix quinzaines au nouveau taux.
Quel sera le gain réel entre août et décembre ?

La hausse de 0,2 point produit un effet limité sur les cinq derniers mois de l’année. Si le capital reste stable pendant dix quinzaines, le supplément d’intérêts atteint environ 0,0833 % du solde.
Ainsi, un titulaire qui conserve 10 000 euros gagnera environ 8,33 euros de plus sur la fin de l’année qu’avec un taux maintenu à 1,5 %. Ce montant reste modeste. Toutefois, le Livret A ne sert pas seulement à rechercher le meilleur rendement. Il protège surtout une épargne de précaution disponible immédiatement.
Pourquoi la règle des quinzaines compte-t-elle ?
Les banques calculent les intérêts le 1er et le 16 de chaque mois. Un versement effectué entre le 1er et le 15 commence donc à produire des intérêts le 16. Un dépôt réalisé entre le 16 et la fin du mois commence à rapporter le 1er du mois suivant.
À l’inverse, un retrait cesse de produire des intérêts dès le début de la quinzaine en cours. Concrètement, un épargnant qui souhaite ajouter de l’argent avant la hausse doit tenir compte de cette règle. Un dépôt crédité au bon moment peut éviter de perdre une quinzaine d’intérêts.
Le ministère détaille ce fonctionnement dans sa fiche « Livret A : comment ça marche ? ». Les intérêts cumulés s’ajoutent au capital au 31 décembre.
Faut-il préférer le LEP à 2,5 % ?
Les ménages éligibles au LEP ont intérêt à vérifier leur situation. Avec un taux maintenu à 2,5 %, ce livret rapporte 0,8 point de plus que le Livret A. De plus, il offre la même disponibilité et la même exonération fiscale.
Sur une année entière, 10 000 euros produisent 250 euros d’intérêts sur un LEP, contre 170 euros sur un Livret A. L’écart atteint donc 80 euros. Toutefois, l’ouverture du LEP dépend du revenu fiscal de référence et son plafond de dépôt reste limité à 10 000 euros.
Avant de déplacer son argent, l’épargnant doit vérifier son éligibilité auprès de sa banque. Il peut aussi consulter le panorama officiel des produits d’épargne réglementée.
Le Livret A reste-t-il adapté à l’épargne de précaution ?
Pour les dépenses imprévues, le Livret A conserve plusieurs atouts. Le capital ne subit pas les variations des marchés. Les fonds restent disponibles. Enfin, la fiscalité ne réduit pas le rendement affiché.
En pratique, de nombreux ménages y conservent l’équivalent de quelques mois de dépenses. Cette réserve peut couvrir une réparation urgente, une facture élevée ou une période de baisse de revenus. En revanche, une somme destinée à rester immobilisée pendant plusieurs années peut justifier une comparaison avec d’autres placements, selon le niveau de risque accepté.
Le Bulletin des Communes a déjà détaillé ce que la hausse officielle à 1,7 % change pour l’épargne. Le présent calcul complète ce décryptage en mesurant le gain réel selon le montant placé.
Quel lien avec le logement social et les collectivités ?

Le Livret A ne finance pas uniquement l’épargne des ménages. Une partie des fonds collectés alimente le fonds d’épargne géré par la Caisse des dépôts. Celui-ci soutient notamment le logement social et le renouvellement urbain.
La hausse du taux améliore la rémunération des épargnants. Cependant, elle peut aussi influencer le coût de certains financements indexés sur l’épargne réglementée. Les bailleurs sociaux et leurs partenaires locaux suivent donc cette évolution avec attention.
Pour approfondir cet enjeu territorial, notre analyse explique pourquoi les collectivités doivent suivre l’évolution du Livret A et du LEP. Un autre article détaille aussi les effets possibles de la hausse sur le logement social et les finances locales.
Ce qu’il faut vérifier avant le 1er août
Le solde disponible sur le Livret A et le LDDS.
L’éligibilité éventuelle au LEP à 2,5 %.
La date d’un versement important afin de respecter la règle des quinzaines.
Le montant réellement nécessaire pour l’épargne de précaution.
L’horizon de placement des sommes qui dépassent cette réserve.
Le passage à 1,7 % améliore donc légèrement le rendement du Livret A. Néanmoins, il ne transforme pas ce livret en placement de long terme très rémunérateur. Son principal intérêt reste la sécurité, la simplicité et l’accès immédiat à l’argent.
Pour 10 000 euros, la hausse produira environ 8,33 euros supplémentaires entre août et décembre 2026. Les titulaires éligibles au LEP peuvent obtenir davantage. Les autres doivent surtout adapter la répartition de leur épargne à leurs besoins, sans sacrifier la réserve disponible en cas d’imprévu.
