Les assureurs proposent régulièrement des bonus temporaires sur les fonds en euros. Une offre peut ajouter plusieurs dixièmes de point, voire davantage, au rendement servi pendant un ou deux ans. L’annonce paraît attractive, surtout lorsque le Livret A rapporte moins. Pourtant, le taux bonifié dépend souvent d’un nouveau versement, d’une durée minimale et d’une part investie en unités de compte. Or ces supports ne garantissent pas le capital. Avant de déplacer son épargne, il faut donc calculer le gain en euros, lire les conditions et mesurer le risque associé. Un bonus peut améliorer le rendement, mais il ne transforme pas automatiquement un contrat coûteux ou ancien en meilleur placement.
Un rendement moyen autour de 2,63 % en 2025

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a mesuré un taux moyen de 2,63 % en 2025 pour les supports en euros des contrats individuels, net de frais prélevés sur l’encours et avant prélèvements sociaux. L’étude de l’ACPR publiée en juin 2026 souligne aussi que les offres commerciales et les bonifications créent un écart significatif entre les assurés. Ainsi, un taux affiché ne représente jamais une moyenne garantie pour tous les contrats.
Le fonds en euros protège le capital selon les conditions du contrat. L’assureur verse ensuite une participation aux bénéfices. Cependant, les frais de gestion réduisent le rendement. Les prélèvements sociaux s’appliquent également aux intérêts. Pour comparer deux offres, l’épargnant doit donc examiner le taux net de frais de gestion, puis estimer le montant restant après prélèvements sociaux.
Combien rapporte réellement un bonus ?
Prenons un bonus de 1 point pendant un an. Sur 5 000 euros, il ajoute 50 euros bruts. Sur 10 000 euros, le supplément atteint 100 euros. Avec 50 000 euros, il représente 500 euros. Après 17,2 % de prélèvements sociaux, les gains supplémentaires deviennent environ 41,40 euros, 82,80 euros et 414 euros, hors fiscalité éventuelle lors d’un rachat.
Un bonus de 2 points double ces montants. Toutefois, l’épargnant ne doit pas confondre le bonus avec le rendement total. Si le taux de base atteint 2,5 % et que l’assureur ajoute 1,5 point, le rendement bonifié atteint 4 % pendant la période prévue. Ensuite, il peut revenir au taux standard. Une offre temporaire ne garantit donc rien pour les années suivantes.
La condition d’unités de compte change le niveau de risque
De nombreux assureurs exigent qu’une part du versement finance des unités de compte. Cette condition peut atteindre 30 %, 40 % ou davantage selon le contrat. Contrairement au fonds en euros, les unités de compte peuvent perdre de la valeur. Une baisse de marché peut alors effacer le supplément obtenu sur la partie sécurisée.
Par exemple, un versement de 10 000 euros réparti à 60 % sur le fonds en euros et 40 % en unités de compte ne reçoit le bonus que selon les modalités du contrat. Si la partie risquée perd 5 %, l’épargnant enregistre 200 euros de baisse sur 4 000 euros. Un bonus de 1,5 point sur 6 000 euros n’ajoute que 90 euros bruts. Le bilan global reste donc négatif à cet instant.
Les frais d’entrée peuvent absorber plusieurs années de bonus

Un contrat qui prélève 2 % de frais sur versement retire immédiatement 200 euros sur 10 000 euros. Un bonus de 1 point pendant un an ne compense que la moitié de ce coût avant prélèvements sociaux. Les contrats en ligne affichent souvent zéro frais d’entrée, mais ils peuvent prévoir d’autres frais : gestion, arbitrage, mandat ou supports spécifiques.
La souscription à distance bénéficie désormais d’un cadre d’information renforcé. Notre article sur les nouvelles règles applicables aux produits d’épargne souscrits en ligne rappelle les informations que le professionnel doit fournir. L’épargnant doit conserver la documentation commerciale et les conditions détaillées du bonus.
Faut-il quitter un ancien contrat ?
Fermer un ancien contrat pour suivre une promotion peut faire perdre son antériorité fiscale. L’assurance-vie devient notamment plus favorable après huit ans pour certains rachats. Un transfert n’est pas toujours possible dans les mêmes conditions. Avant toute décision, il faut comparer l’âge du contrat, les frais, les supports, les options de gestion et la qualité du fonds en euros.
Le choix dépend aussi de l’objectif. Une épargne de précaution doit rester disponible et stable. Le Livret A à 1,7 % au 1er août 2026 offre une disponibilité simple et une exonération fiscale. Le LEP à 2,5 % reste prioritaire pour les ménages éligibles. L’assurance-vie répond davantage à un horizon moyen ou long terme, à la transmission et à la diversification.
La check-list avant d’accepter le bonus
Quelle durée exacte couvre le taux bonifié ?
Le bonus porte-t-il sur tout l’encours ou seulement sur un nouveau versement ?
Quelle part minimale doit aller en unités de compte ?
Quels frais s’appliquent au versement, à la gestion et aux arbitrages ?
Que devient le taux après la période promotionnelle ?
Le contrat impose-t-il de conserver les sommes pendant une durée minimale ?
Le gain attendu compense-t-il le risque et les frais ?
Un bonus utile seulement dans un contrat cohérent

Un taux bonifié peut améliorer le rendement d’un fonds en euros, surtout sans frais d’entrée et sans obligation excessive d’unités de compte. Néanmoins, le bonus ne doit jamais devenir le seul critère. Le rendement de base, la solidité du contrat, les frais, la fiscalité et l’horizon d’épargne restent déterminants. Les communes et CCAS ne doivent pas recommander un placement. Ils peuvent toutefois orienter les habitants vers La Finance pour tous ou vers un professionnel autorisé. Notre analyse sur l’information financière locale sans conseil personnalisé précise cette frontière.
