Une donation permet d’aider un proche de son vivant. Elle peut financer des études, un achat immobilier ou un projet professionnel. Pourtant, le montant transmissible sans droits dépend du lien familial, de l’âge du donateur, de la nature du bien et des donations réalisées pendant les quinze dernières années. En 2026, chaque parent peut notamment donner 100 000 euros à chaque enfant grâce à l’abattement en ligne directe. Une exonération supplémentaire de 31 865 euros peut s’ajouter pour certains dons familiaux d’argent. La déclaration reste toutefois obligatoire dans de nombreux cas, même lorsque le bénéficiaire ne paie aucun droit.
Chaque parent peut donner 100 000 euros à chaque enfant

L’abattement principal en ligne directe atteint 100 000 euros par parent et par enfant. Il se renouvelle tous les quinze ans. Un couple peut donc transmettre 200 000 euros à chacun de ses enfants sans droits, si aucun don antérieur n’a consommé l’abattement pendant la période.
La donation peut intervenir en une seule fois ou par plusieurs versements. L’administration additionne les dons du même donateur au même bénéficiaire sur quinze ans. Un parent qui a déjà donné 40 000 euros conserve donc 60 000 euros d’abattement avant le renouvellement.
Notre article sur la déclaration en ligne d’un don d’argent à un enfant détaille les formalités appliquées depuis le 1er janvier 2026. Il rappelle surtout qu’une absence de droits ne supprime pas nécessairement l’obligation de déclarer.
Le don familial d’argent peut ajouter 31 865 euros
Une exonération spécifique concerne les dons familiaux de sommes d’argent. Elle atteint 31 865 euros par donateur et par bénéficiaire, renouvelables tous les quinze ans. Elle peut se cumuler avec l’abattement personnel lié au lien de parenté.
Le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du versement. Le bénéficiaire doit être majeur ou émancipé. Le don doit porter sur une somme d’argent transmise en pleine propriété par virement, chèque, mandat ou espèces.
Ainsi, un père âgé de 65 ans peut donner 131 865 euros à son enfant majeur sans droits si les deux dispositifs restent disponibles. La Direction générale des finances publiques confirme ce cumul et impose une déclaration dans le mois pour bénéficier de l’exonération spécifique.
Un petit-enfant dispose de plusieurs abattements possibles

Chaque grand-parent peut donner 31 865 euros à chaque petit-enfant au titre de l’abattement familial classique. Ce montant se renouvelle tous les quinze ans.
Lorsque le grand-parent a moins de 80 ans et le petit-enfant est majeur, l’exonération de 31 865 euros sur les dons familiaux d’argent peut s’ajouter. Le petit-enfant peut alors recevoir 63 730 euros du même grand-parent sans droits, sous réserve des donations antérieures.
Un couple de grands-parents peut donc transmettre jusqu’à 127 460 euros à un petit-enfant dans cette configuration. Les chiffres paraissent élevés, mais chaque condition doit rester remplie. L’âge, la majorité du bénéficiaire et le délai de déclaration jouent un rôle décisif.
Les arrière-petits-enfants, frères, sœurs, neveux et conjoints suivent d’autres seuils
Un arrière-petit-enfant bénéficie d’un abattement de 5 310 euros. Un frère ou une sœur dispose de 15 932 euros. Un neveu ou une nièce bénéficie de 7 967 euros. Ces abattements se renouvellent tous les quinze ans.
Entre époux ou partenaires de Pacs, l’abattement atteint 80 724 euros. En revanche, un concubin ne bénéficie d’aucun abattement personnel. Une donation entre concubins supporte alors une taxation de 60 % après application des règles éventuelles.
Le tableau officiel consacré au calcul des droits de donation présente les seuils par lien de parenté. Il faut toujours partir du lien juridique réel, car une parenté par alliance ne produit pas les mêmes effets.
Un présent d’usage ne se confond pas avec une donation
Un cadeau offert pour un anniversaire, un mariage ou une réussite peut constituer un présent d’usage. Dans ce cas, le bénéficiaire ne paie pas de droits et ne déclare généralement pas le cadeau.
Aucun plafond fixe ne définit le présent d’usage. Sa valeur doit rester proportionnée aux revenus, au patrimoine et aux habitudes du donateur. Un cadeau de 5 000 euros peut sembler raisonnable dans une famille très aisée, mais disproportionné pour une personne qui possède peu d’épargne.
Le contexte compte donc autant que le montant. Une série de virements réguliers sans événement particulier ressemble davantage à une donation. Pour éviter un conflit fiscal ou successoral, la famille doit conserver les justificatifs et préciser la nature de l’opération.
La donation immobilière exige un notaire
Un don manuel peut porter sur de l’argent, des titres, un bijou ou un véhicule. Une donation immobilière nécessite en revanche un acte notarié. Le notaire publie l’acte et calcule les droits éventuels.
La donation d’un logement peut aussi entraîner des frais de publicité foncière et une contribution de sécurité immobilière. L’absence de droits de donation ne signifie donc pas toujours l’absence totale de frais.
Par ailleurs, une donation simple peut influencer le partage lors de la succession. La valeur du bien donné peut évoluer et créer une inégalité entre héritiers. Une donation-partage permet souvent de figer les valeurs et d’organiser la transmission avec davantage de visibilité.
Une exonération temporaire peut financer un logement neuf ou une rénovation
Un dispositif temporaire couvre certains dons d’argent réalisés entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026. Il peut exonérer jusqu’à 100 000 euros par donateur, dans une limite globale de 300 000 euros par bénéficiaire.
Le bénéficiaire doit utiliser les fonds dans les six mois pour acheter un logement neuf ou financer certains travaux de rénovation énergétique. Le logement doit ensuite rester une résidence principale pendant cinq ans, selon les conditions du dispositif.
Cette exonération ne couvre pas n’importe quel achat immobilier. Elle exclut notamment plusieurs opérations qui ne répondent pas à la définition légale. Avant le versement, un rendez-vous chez le notaire ou auprès du service des impôts sécurise le projet.
La déclaration en ligne devient la règle en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, le bénéficiaire doit déclarer en ligne les dons manuels et les dons de sommes d’argent, sauf exception. La démarche s’effectue depuis l’espace Finances publiques.
Le délai d’un mois reste crucial pour l’exonération de 31 865 euros applicable aux dons familiaux d’argent. Un retard peut faire perdre cet avantage spécifique. L’abattement de 100 000 euros peut néanmoins rester disponible selon la situation.
Le bénéficiaire doit conserver le relevé bancaire, l’identité du donateur, la date et la nature du don. Ces pièces facilitent un contrôle, une succession ou un futur calcul d’abattement.
Trois exemples pour mesurer le montant réellement transmissible
Premier cas : une mère donne 80 000 euros à sa fille majeure. Si elle n’a rien donné depuis quinze ans, l’abattement de 100 000 euros couvre la totalité. La fille ne paie aucun droit, mais elle déclare le don.
Deuxième cas : un grand-père de 75 ans verse 60 000 euros à son petit-fils majeur. L’abattement de 31 865 euros et l’exonération de 31 865 euros peuvent couvrir toute la somme, si les conditions restent remplies.
Troisième cas : deux parents donnent chacun 120 000 euros à leur enfant majeur. Chaque parent utilise 100 000 euros d’abattement et peut, s’il a moins de 80 ans, mobiliser jusqu’à 31 865 euros d’exonération sur le don d’argent. Les 120 000 euros peuvent donc échapper aux droits chez chacun, sous réserve de l’historique des donations.
Ce qu’il faut retenir
Le montant transmissible sans droits varie selon le lien familial et les dispositifs disponibles. Un parent peut souvent donner jusqu’à 131 865 euros à un enfant majeur, en cumulant l’abattement de 100 000 euros et l’exonération de 31 865 euros.
La famille doit toutefois contrôler l’âge, les dons des quinze dernières années, la nature du bien et le délai de déclaration. Pour un patrimoine important, un logement ou plusieurs héritiers, le notaire reste l’interlocuteur le plus sûr pour prévenir les conflits et organiser la transmission.
