lundi , 14 septembre 2026

SMIC européen : une idée qui fait progressivement son chemin

SMIC européen : créer un revenu minimum commun

L’idée de créer un revenu minimum commun nourrit actuellement de nombreux débats. En effet, 22 des 28 pays de l’Union européenne appliquent aujourd’hui leur propre salaire minimum. Au 1er janvier 2019, ce montant variait énormément. En Bulgarie, pays où le SMIC est le plus faible, ce salaire est de 286 euros bruts. A l’opposé, au Luxembourg, il est de 2.071 euros. Certains élus, dont le Président Emmanuel Macron, pensent que cette différence pourrait être harmonisée.

Un coût difficile à estimer

Si ce projet de SMIC européen voyait le jour, il est difficile d’évaluer aujourd’hui le coût réel de sa mise en place. En effet, cela ne serait pas sans conséquence. Par exemple, augmenter le salaire minimum risque de beaucoup peser sur la trésorerie des entreprises. De plus, suivant les contextes respectifs, avec des pays ayant des niveaux de richesse variables, cela pourrait affaiblir la compétitivité de beaucoup de secteurs d’activité. Dans certains cas, cela pourrait même détruire des emplois.

Certains pays exclus

Selon le pourcentage retenu pour créer une norme européenne, par rapport au salaire médian, certains pays pourraient ne pas être concernés. En effet, certains, dont la France, ont déjà un SMIC élevé. A ce jour, dans l’Hexagone, il s’élève à 1.521,22 € bruts. Cela contraste avec six états, qui n’ont toujours pas de SMIC. Pour uniformiser le salaire minimum européen, prendre comme base la moitié du salaire médian existant serait sans doute un progrès social.

De très nombreuses spécificités

Créer un SMIC européen demandera beaucoup d’efforts.

Harmoniser le SMIC dans toute l’Union européenne sera difficile. D’abord, pour y parvenir, il faudra tenir compte des spécificités de chacun. Notamment, pour chaque pays, bien mesurer l’importance de l’activité en matière de commerce extérieur. De fait, tous les pays ne sont pas égaux. A l’évidence, dans ce domaine, les plus petits sont plus dépendants que les grands. Ce nouveau SMIC pourrait donc entraîner pour eux des pertes de parts de marché plus importantes.

Un concept soumis au choix des états

A terme, valider un SMIC européen sera forcément soumis au choix interne de chaque pays. Donc état par état. Par conséquent, il est impossible d’imaginer qu’un SMIC médian puisse naître d’un choix global, formulé par l’Europe en tant qu’entité. Néanmoins, créer une harmonisation salariale au sein de l’Union reste une bonne idée. Cela permettrait d’aplanir les inégalités existant entre les salariés européens, et de mieux respecter le coût de la main d’oeuvre. Cela augmenterait aussi le pouvoir d’achat, donc de la consommation, tout en réduisant le chômage. Néanmoins, aboutir à cette amélioration prendra sans doute quelques années. En tous cas, si l’on y parvient, ce serait une première dans l‘histoire de l’Union européenne.

  • Nous vous invitons à lire également notre article sur la revalorisation du SMIC qui concerne aussi les personnes en situation de handicap
  • Le Bulletin des Communes vous suggère aussi l’article du Figaro

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