jeudi , 10 septembre 2026

PER : retirer son épargne en capital en 2026 peut-il désormais coûter 31,4 % d’impôt et de prélèvements sur les gains ?

Retirer 50 000 euros d’un Plan d’épargne retraite en 2026 ne signifie pas que l’État prélève automatiquement 31,4 % sur l’intégralité de la somme. Le nouveau taux concerne principalement la part correspondant aux gains générés par le contrat dans les sorties en capital visées. Depuis le 1er janvier 2026, Bercy indique un prélèvement forfaitaire global de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 30 % auparavant. La fiscalité des versements eux-mêmes dépend toutefois d’une question décisive : les avez-vous déduits de votre revenu imposable lors de leur versement ?

Épargnant vérifiant le capital disponible sur son PER
La fiscalité d’une sortie en capital distingue les versements et les gains du PER.

Le taux de 31,4 % ne s’applique pas à tout le capital retiré

C’est la précision centrale.

Lors d’une sortie en capital, il faut séparer :

  • les sommes que vous avez personnellement versées ;
  • les gains produits par ces sommes.

Bercy applique un traitement fiscal différent aux deux parties.

Le prélèvement de 31,4 % annoncé depuis le 1er janvier 2026 concerne les produits générés par le contrat dans les situations décrites.

Il serait donc trompeur d’écrire :

« vous retirez 100 000 euros de votre PER, vous payez 31 400 euros de flat tax ».

Le calcul dépend de la part réelle de gains.

Exemple avec 40 000 euros versés et 10 000 euros de gains

Imaginons un PER valant 50 000 euros.

Le titulaire a versé au total 40 000 euros.

Les placements ont généré 10 000 euros de gains.

Si les gains relèvent du prélèvement global de 31,4 %, le prélèvement théorique sur cette composante représente :

10 000 € × 31,4 % = 3 140 €.

Le prélèvement ne porte donc pas automatiquement sur les 50 000 euros.

Reste ensuite à déterminer comment seront fiscalisés les 40 000 euros correspondant aux versements.

Cette réponse dépend notamment du choix fiscal effectué à l’entrée.

Vos versements avaient été déduits : ils sont imposables à la sortie

Le PER permet généralement de déduire les versements volontaires de son revenu imposable dans la limite des plafonds disponibles.

Cette économie fiscale à l’entrée a une contrepartie.

Bercy précise que, lors d’une sortie en capital, la part correspondant aux versements volontaires déduits est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Elle n’est pas soumise aux prélèvements sociaux comme les gains.

Le contribuable peut donc cumuler deux traitements sur une même sortie :

  • barème de l’impôt pour le capital correspondant aux versements déduits ;
  • prélèvement forfaitaire sur les gains.

C’est pourquoi le montant retiré peut augmenter fortement le revenu imposable de l’année.

Documents relatifs à un plan d’épargne retraite
Depuis 2026, les gains retirés en capital peuvent supporter un prélèvement de 31,4 %.

Et si les versements n’avaient pas été déduits ?

La situation devient plus favorable sur le capital versé.

Bercy indique que la part correspondant aux versements volontaires non déduits est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux lors de la sortie en capital.

Pourquoi ?

Parce que l’épargnant n’a pas bénéficié de l’avantage fiscal lors du versement.

En revanche, les gains produits par ces versements restent soumis à la fiscalité des produits.

Depuis 2026, Bercy indique là encore le taux global de 31,4 % pour les produits concernés.

Le choix effectué au moment des versements peut donc avoir des conséquences plusieurs décennies plus tard.

Pourquoi le taux est-il passé de 30 % à 31,4 % ?

Jusqu’au 31 décembre 2025, le prélèvement forfaitaire sur les produits concernés combinait :

  • 12,8 % d’impôt sur le revenu ;
  • 17,2 % de prélèvements sociaux.

Total : 30 %.

À compter du 1er janvier 2026, Bercy indique que la composante de prélèvements sociaux passe à 18,6 % dans ce cadre.

Le taux global atteint donc :

12,8 % + 18,6 % = 31,4 %.

La hausse ne vient pas de l’impôt sur le revenu forfaitaire, qui reste à 12,8 %.

Elle provient de la composante sociale.

Peut-on éviter les 12,8 % si l’on est peu imposé ?

Une possibilité de dispense du prélèvement forfaitaire existe sous condition de revenu fiscal de référence.

Bercy indique un seuil de 25 000 euros pour une personne seule et 50 000 euros pour un couple dans le cadre décrit.

Il faut cependant comprendre ce que signifie cette dispense.

Elle concerne le prélèvement forfaitaire à titre d’impôt sur le revenu.

Elle ne fait pas nécessairement disparaître l’imposition définitive selon le régime choisi.

Elle ne supprime pas non plus les prélèvements sociaux applicables.

Le contribuable doit donc éviter de confondre « dispense de prélèvement à la source » et « exonération fiscale totale ».

L’option pour le barème est-elle possible ?

Selon les règles générales applicables aux revenus mobiliers concernés, le contribuable peut dans certaines situations opter pour le barème progressif plutôt que conserver l’imposition forfaitaire de 12,8 %.

Cette décision doit être examinée globalement.

Une option pour le barème peut concerner l’ensemble des revenus entrant dans son champ, et pas uniquement le gain du PER choisi isolément.

Un contribuable peu imposé peut y trouver un intérêt.

Un autre, situé dans une tranche élevée, peut aboutir au résultat inverse.

Une simulation fiscale avant une sortie importante est donc utile.

Calcul de la fiscalité d’une sortie de PER en capital
Une sortie fractionnée peut limiter l’effet du barème sur les versements précédemment déduits.

Sortir 100 % du PER la même année peut-il augmenter fortement l’impôt ?

Oui, surtout lorsque les versements ont été déduits à l’entrée.

Supposons qu’un retraité récupère en une fois 80 000 euros correspondant à des versements déduits.

Cette somme peut rejoindre son revenu soumis au barème dans les conditions prévues.

Le revenu fiscal de l’année peut alors augmenter fortement.

Le contribuable peut franchir une tranche d’imposition supérieure sur une partie de ses revenus.

Pour cette raison, certains titulaires préfèrent fractionner les sorties en capital lorsque leur contrat et leur situation le permettent.

La fiscalité doit être calculée avant la décision, pas après le virement.

Sortie en capital et sortie en rente ne suivent pas la même fiscalité

Le PER permet, selon les compartiments et les droits concernés, une sortie en capital, une sortie en rente ou parfois une combinaison.

La fiscalité d’une rente ne correspond pas à celle d’un capital.

Bercy distingue notamment les rentes issues de versements déduits et celles provenant de versements non déduits.

Il serait donc incorrect de prendre le taux de 31,4 % de la sortie en capital et de l’appliquer à une rente mensuelle.

Avant de choisir, il faut comparer :

  • fiscalité ;
  • besoin immédiat de liquidités ;
  • espérance de durée de versement ;
  • autres revenus à la retraite.

Les anciens PERP suivent-ils automatiquement cette règle ?

Non.

Il ne faut pas mélanger PER, PERP, Madelin et autres anciens contrats d’épargne retraite.

Le PER individuel existe depuis 2019.

Les anciens produits peuvent continuer à exister ou être transférés vers un PER dans certaines conditions.

La fiscalité dépend alors de la nature du contrat, de son compartiment et de l’opération réalisée.

Le titulaire doit identifier exactement le produit avant de calculer son impôt.

Un déblocage anticipé change-t-il forcément la fiscalité ?

Le PER reste normalement bloqué jusqu’à la retraite, mais plusieurs situations permettent une sortie anticipée.

Les accidents de la vie et l’acquisition de la résidence principale peuvent notamment ouvrir des possibilités selon l’origine des sommes.

La fiscalité peut alors varier en fonction du motif de sortie et du compartiment.

Il ne faut donc pas appliquer aveuglément le schéma de la sortie en capital à la retraite à toutes les opérations de déblocage.

Le gestionnaire doit fournir les informations fiscales correspondant à la demande précise.

Que demander à l’assureur avant un retrait ?

Avant de donner l’ordre, demandez une ventilation écrite.

Elle doit distinguer :

  • montant total du PER ;
  • versements déduits ;
  • versements non déduits ;
  • gains ;
  • compartiments concernés ;
  • fiscalité estimative de la sortie.

Cette ventilation permet de simuler l’impôt.

Elle est particulièrement importante lorsque le PER a été alimenté pendant de nombreuses années avec des choix fiscaux différents.

Un même contrat peut contenir plusieurs catégories de sommes.

Pourquoi cette hausse de 30 % à 31,4 % mérite une vérification avant la retraite

L’écart de 1,4 point paraît faible.

Sur des gains importants, il devient moins anecdotique.

Avec 50 000 euros de gains soumis au taux concerné :

  • à 30 %, le prélèvement représente 15 000 euros ;
  • à 31,4 %, il représente 15 700 euros.

L’écart atteint 700 euros.

Pour autant, ce calcul ne doit jamais être appliqué à l’intégralité de l’épargne sans distinguer les versements.

Ce qu’il faut retenir en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les produits générés par un PER lors de certaines sorties en capital sont soumis à un prélèvement global de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.

Mais le capital correspondant à vos versements suit un autre traitement.

S’ils avaient été déduits fiscalement, ils sont en principe soumis au barème progressif lors de la sortie en capital.

S’ils n’avaient pas été déduits, cette part du capital est exonérée dans les conditions prévues.

La question n’est donc pas simplement « mon PER est-il taxé à 31,4 % ? »

La bonne question est : quelle part de mon retrait correspond aux gains, et avais-je déduit mes versements au moment où je les ai effectués ?

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