Depuis le 1er janvier 2026, une règle importante change l’intérêt fiscal du Plan d’épargne retraite après 70 ans. Les versements effectués une fois cet âge atteint ne sont plus déductibles du revenu imposable. Pour un épargnant qui alimentait son PER principalement afin de réduire son impôt, l’intérêt de continuer à verser doit donc être réexaminé. Cela ne signifie pourtant pas que le PER devient automatiquement inutile après 70 ans. Selon sa forme — contrat d’assurance ou compte-titres —, son contenu, les bénéficiaires désignés et les objectifs de transmission, il peut encore jouer un rôle patrimonial. La décision mérite donc un calcul global plutôt qu’un arrêt automatique des versements.
Depuis le 1er janvier 2026, la déduction s’arrête après 70 ans

Le changement est explicite.
Bercy indique que depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Jusqu’à cet âge, les versements volontaires peuvent normalement être déduits dans la limite du plafond d’épargne retraite disponible.
Ce plafond figure notamment sur l’avis d’impôt.
La déduction permet de diminuer le revenu soumis au barème.
Une personne fortement imposée peut donc économiser une somme significative lorsqu’elle verse sur son PER.
Après 70 ans, ce mécanisme disparaît pour les nouveaux versements.
C’est une rupture importante pour les retraités qui continuaient à utiliser leur plan principalement comme outil de défiscalisation.
Exemple : un versement de 10 000 € n’apporte plus la même économie
Prenons un contribuable âgé de 69 ans qui verse 10 000 euros sur son PER et dispose d’un plafond de déduction suffisant.
S’il choisit la déduction et se situe, par exemple, dans une tranche d’imposition de 30 %, l’économie immédiate peut représenter plusieurs milliers d’euros selon sa situation globale.
Le même versement effectué après 70 ans en 2026 ne bénéficie plus de cette déduction.
Le contribuable conserve bien ses 10 000 euros dans son PER.
En revanche, il ne réduit plus son revenu imposable grâce à ce versement.
Cette différence peut modifier complètement l’arbitrage entre PER, assurance-vie, compte-titres ou conservation de liquidités.
Faut-il donc arrêter automatiquement de verser à 70 ans ?

Non.
La suppression de l’avantage fiscal à l’entrée n’est qu’un élément du calcul.
Un PER reste une enveloppe d’épargne.
Les sommes déjà investies continuent à évoluer selon les supports détenus.
Un versement supplémentaire peut encore correspondre à un objectif patrimonial particulier.
Mais la question doit changer.
Avant 70 ans, certains épargnants se demandent :
« Combien puis-je déduire de mon revenu ? »
Après 70 ans, la question devient plutôt :
« Pourquoi ai-je intérêt à immobiliser cette somme dans mon PER plutôt que dans une autre enveloppe ? »
La réponse dépend alors du patrimoine, de la succession recherchée et du type de PER détenu.
Tous les PER ne sont pas juridiquement identiques
Il existe notamment deux grandes formes de PER individuel.
Le PER peut être ouvert sous la forme :
- d’un contrat d’assurance ;
- d’un compte-titres.
Cette distinction devient particulièrement importante au décès.
Bercy précise que, pour un PER sous forme de compte-titres, l’épargne intègre la succession.
Pour un PER assurantiel, les sommes sont versées aux bénéficiaires désignés selon un régime inspiré de celui de l’assurance-vie.
Deux épargnants âgés de 72 ans possédant chacun un « PER » peuvent donc se trouver dans des situations successorales très différentes.
Avant de décider de nouveaux versements, il faut commencer par identifier la forme exacte du contrat.
Pourquoi le PER assurantiel peut encore avoir un intérêt patrimonial
Dans un PER assurantiel, le titulaire désigne généralement un ou plusieurs bénéficiaires.
Au décès, les sommes sont alors transmises selon les règles spécifiques applicables.
Bercy indique que lorsque le décès intervient après 70 ans, la part des sommes concernées qui dépasse 30 500 euros est soumise aux droits de succession selon les règles applicables.
Cela ne signifie pas que « tout ce qui dépasse 30 500 euros est taxé immédiatement de la même manière ».
Le lien de parenté avec le bénéficiaire, les abattements successoraux et les autres éléments du patrimoine doivent également être examinés.
Le conjoint survivant, par exemple, bénéficie de règles successorales particulières.
Un PER assurantiel peut donc encore s’insérer dans une stratégie de transmission, mais il ne faut pas le comparer uniquement à l’économie d’impôt perdue à l’entrée.
Après 70 ans, l’âge au décès devient également déterminant
Pour les PER assurantiels, Bercy distingue clairement les décès intervenus avant ou après 70 ans.
Avant 70 ans, le régime peut notamment prévoir un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire dans les conditions applicables.
Après 70 ans, le régime change : Bercy mentionne le seuil global de 30 500 euros avant application des droits de succession sur les sommes concernées.
L’âge de 70 ans joue donc désormais à deux niveaux :
- il met fin, depuis 2026, à la déduction fiscale des nouveaux versements ;
- il constitue également une frontière importante pour le traitement du PER assurantiel en cas de décès.
Cela renforce la nécessité de revoir sa stratégie à cet anniversaire.
PER assurantiel et assurance-vie : sont-ils équivalents après 70 ans ?
Non.
Ils peuvent partager certains mécanismes successoraux, mais leur fonctionnement n’est pas identique.
L’assurance-vie reste une enveloppe généralement beaucoup plus disponible.
Le PER est d’abord conçu pour financer la retraite.
Il dispose de ses propres règles de sortie et de déblocage.
Par ailleurs, le régime successoral exact des sommes peut différer selon la nature du contrat et la situation.
Il serait donc dangereux de raisonner ainsi :
« Après 70 ans, PER assurance = assurance-vie. »
Les deux enveloppes doivent être comparées ligne par ligne :
- disponibilité de l’épargne ;
- fiscalité des gains ;
- conditions de sortie ;
- frais ;
- bénéficiaires ;
- traitement au décès.
Peut-on récupérer librement l’argent après 70 ans ?
L’âge de 70 ans n’est pas en soi la règle générale de déblocage du PER.
Le produit est normalement destiné à être débloqué à la retraite, sous forme de capital, de rente ou d’une combinaison selon les sommes et le contrat.
Un retraité ayant déjà atteint l’âge permettant la liquidation peut donc disposer de possibilités de sortie.
Mais continuer à alimenter le plan après 70 ans n’a pas exactement le même sens que verser sur un livret liquide.
Si l’épargnant peut avoir besoin rapidement de l’argent, la souplesse du produit doit être examinée avant tout nouveau versement.
La disponibilité devient parfois plus importante que le rendement potentiel.
La fiscalité à la sortie dépend-elle toujours de la déduction à l’entrée ?
Oui, et c’est précisément un élément important après 70 ans.
Bercy distingue les sommes qui ont bénéficié d’une déduction fiscale et celles qui n’en ont pas bénéficié.
Lorsque des versements volontaires ont été déduits, la part correspondante peut être soumise au barème progressif de l’impôt lors d’une sortie en capital.
À l’inverse, pour des versements qui n’ont pas été déduits, le capital correspondant bénéficie d’un traitement différent.
Après 70 ans, les nouveaux versements n’étant plus déductibles, leur traitement futur ne doit donc pas être confondu avec celui des anciennes sommes déduites.
Un même PER peut contenir plusieurs « couches » fiscales.
Il faut demander au gestionnaire une ventilation claire.
Les gains restent-ils fiscalisés ?
Oui.
La suppression de la déduction après 70 ans ne signifie pas que les gains deviennent exonérés.
En 2026, la fiscalité des produits générés par un PER a d’ailleurs évolué.
Pour certaines sorties en capital, Bercy indique que les gains peuvent supporter un prélèvement global de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux.
BDC a déjà traité séparément cette évolution de la fiscalité du PER en 2026.
Le nouvel article doit donc conserver son angle propre : l’intérêt ou non de continuer à alimenter le plan après 70 ans lorsque la déduction fiscale disparaît.
Peut-on encore utiliser ses anciens plafonds de déduction après 70 ans ?
La question doit être maniée avec prudence.
Bercy indique qu’à compter de 2026, les épargnants peuvent mobiliser jusqu’à cinq années de plafonds de déduction non utilisés pour certains versements.
Mais ce mécanisme ne rétablit pas la déduction des versements effectués après 70 ans.
La limite d’âge constitue désormais une règle autonome.
Un contribuable ne doit donc pas supposer qu’un important plafond disponible sur son avis d’impôt lui permet encore de déduire un versement effectué à 72 ans.
Le plafond disponible ne suffit plus à lui seul.
Pourquoi continuer à verser peut malgré tout avoir du sens
Plusieurs situations peuvent justifier de ne pas fermer automatiquement le robinet des versements.
Un épargnant peut vouloir :
- conserver une stratégie financière déjà en place ;
- bénéficier des supports proposés dans le contrat ;
- organiser la transmission d’un PER assurantiel ;
- désigner précisément certains bénéficiaires ;
- centraliser une partie de son patrimoine dans une enveloppe déjà connue.
Mais ces avantages doivent être comparés aux alternatives.
Sans économie fiscale immédiate, les frais du PER prennent davantage d’importance.
Un contrat coûteux peut devenir beaucoup moins compétitif.
L’épargnant doit donc regarder :
- frais sur versement ;
- frais de gestion ;
- supports disponibles ;
- rendement ;
- liquidité ;
- fiscalité à la sortie ;
- transmission.
Pourquoi arrêter les versements peut également être rationnel

La décision inverse peut être parfaitement cohérente.
Un retraité disposant déjà d’un PER important peut préférer orienter son nouvel argent vers une enveloppe plus disponible.
Il peut aussi vouloir diversifier ses avoirs.
La disparition de la déduction fiscale peut supprimer l’un des principaux arguments qui l’incitaient à verser chaque année.
Par ailleurs, continuer à alimenter mécaniquement le même produit uniquement par habitude n’est pas une stratégie patrimoniale.
L’âge de 70 ans devient donc un bon moment pour demander un bilan.
Attention au conseil personnalisé
Il n’existe pas une réponse universelle à la question « faut-il continuer à verser ? ».
La réponse dépend notamment :
- du taux d’imposition ;
- de l’âge ;
- du patrimoine immobilier et financier ;
- du besoin de liquidités ;
- de l’existence d’enfants ou d’un conjoint ;
- de la forme du PER ;
- de la clause bénéficiaire ;
- des frais du contrat.
Un article d’information ne peut donc pas conclure qu’un PER doit être conservé ou abandonné dans tous les cas.
Pour des sommes importantes, un notaire, un conseiller financier compétent ou un professionnel du patrimoine peut comparer les conséquences réelles.
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