vendredi , 18 septembre 2026

Assurance-vie : contrairement aux autres placements, vos gains restent-ils soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux applicables à la plupart des revenus de placements sont passés à 18,6 %. Une hausse qui aurait pu toucher directement des millions de détenteurs d’assurance-vie. Pourtant, Bercy vient de confirmer une exception importante dans une fiche actualisée le 17 septembre 2026 : les produits des contrats d’assurance-vie comportant une valeur de rachat ou garantissant le paiement d’un capital à leur terme restent soumis à 17,2 %. Les contrats « rente-survie » et « épargne-handicap » ne bénéficient toutefois pas de cette dérogation. Surtout, ce taux concerne les gains et ne doit pas être confondu avec l’impôt sur le revenu applicable lors d’un retrait.

Un document présente les caractéristiques d’un placement en assurance-vie
Les gains d’une assurance-vie classique restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux.

L’assurance-vie échappe bien à la hausse générale à 18,6 %

La confirmation officielle est désormais explicite.

Bercy rappelle que le taux global des prélèvements sociaux applicable à la plupart des produits de placement est passé à 18,6 % le 1er janvier 2026.

Mais une dérogation subsiste pour l’assurance-vie classique.

Les produits attachés aux contrats comportant une valeur de rachat ou garantissant le paiement d’un capital à leur terme restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux.

Un épargnant ne doit donc pas appliquer automatiquement le nouveau taux de 18,6 % aux intérêts ou plus-values de son assurance-vie.

Quels contrats restent à 17,2 % ?

La règle couvre la grande majorité des contrats d’assurance-vie classiques disposant d’une valeur de rachat.

Autrement dit, il s’agit des contrats sur lesquels l’épargnant constitue progressivement un capital qu’il peut récupérer totalement ou partiellement.

Bercy mentionne également les contrats garantissant le paiement d’un capital à leur terme.

Pour ces produits, le taux social reste fixé à 17,2 % en 2026.

C’est une différence importante avec plusieurs autres placements financiers.

Quels contrats passent malgré tout à 18,6 % ?

Deux catégories sont expressément exclues de cette dérogation :

  • les contrats « rente-survie » ;
  • les contrats « épargne-handicap ».

Pour ces produits, les prélèvements sociaux applicables aux gains passent bien à 18,6 %.

Il faut donc identifier précisément son contrat avant de tirer une conclusion.

Une simple mention « assurance-vie » sur un relevé ne suffit pas toujours à connaître le traitement exact.

Le taux s’applique-t-il sur tout l’argent retiré ?

Non.

C’est une distinction fondamentale.

Lorsque vous effectuez un rachat partiel ou total, seule la part correspondant aux gains est fiscalisée.

Le capital que vous avez vous-même versé n’est pas imposé une deuxième fois.

Bercy rappelle explicitement que seuls les gains deviennent imposables lors d’un retrait.

Ainsi, retirer 20 000 € d’une assurance-vie ne signifie pas payer 17,2 % de prélèvements sociaux sur les 20 000 €.

Des documents expliquent le fonctionnement d’un contrat d’assurance-vie
Le taux social doit être distingué de l’impôt appliqué lors d’un rachat.

L’assureur détermine la part correspondant aux versements et celle correspondant aux produits.

Exemple : 40 000 € versés et 10 000 € de gains

Imaginons un contrat qui vaut désormais 50 000 €.

Vous avez effectué 40 000 € de versements et le contrat affiche 10 000 € de gains.

Si vous procédez à un rachat, la fiscalité sera calculée uniquement sur la fraction de gains comprise dans la somme retirée.

La part correspondant à votre capital n’est pas assimilée à un revenu.

C’est pourquoi le montant du retrait ne suffit jamais à calculer l’impôt.

Les fonds en euros et les unités de compte sont-ils prélevés au même moment ?

Pas nécessairement.

Sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux peuvent être effectués au fil de l’inscription des intérêts au contrat.

Pour les unités de compte, ils interviennent généralement lors d’un rachat ou du dénouement pour les produits qui n’ont pas encore été soumis aux prélèvements.

Cette différence peut expliquer pourquoi un détenteur voit déjà des prélèvements apparaître chaque année sur son fonds en euros sans avoir retiré d’argent.

L’impôt sur le revenu reste une question distincte

Le taux de 17,2 % concerne les prélèvements sociaux.

Il ne résume pas toute la fiscalité de l’assurance-vie.

Bercy distingue notamment les versements réalisés avant et après le 27 septembre 2017.

Pour les versements récents, le prélèvement forfaitaire sur les gains comprend généralement une composante d’impôt sur le revenu de 12,8 % avant huit ans.

Après huit ans, un taux de 7,5 % peut s’appliquer à une partie des gains lorsque les conditions sont remplies.

Il faut donc toujours distinguer :

  • prélèvements sociaux ;
  • impôt sur le revenu.

Les versements antérieurs au 27 septembre 2017 gardent-ils leurs anciennes règles ?

Oui.

Bercy maintient un traitement spécifique pour les produits correspondant à ces anciens versements.

Selon l’âge du contrat, les gains peuvent relever du barème progressif ou, sur option dans les situations prévues, d’un prélèvement forfaitaire libératoire.

Mais les prélèvements sociaux indiqués par Bercy restent à 17,2 %.

Une épargnante consulte ses placements et son assurance-vie
La fiscalité dépend notamment de la date des versements et de l’âge du contrat.

Un contrat ouvert depuis vingt ans peut ainsi contenir plusieurs compartiments fiscaux.

Que se passe-t-il après huit ans ?

Après huit ans, l’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal plus favorable sur les gains retirés.

Un abattement annuel peut notamment s’appliquer avant calcul de l’impôt sur le revenu.

Cet avantage ne signifie cependant pas que les prélèvements sociaux de 17,2 % disparaissent.

Un retrait peut donc être exonéré d’impôt sur le revenu grâce à l’abattement tout en restant soumis aux prélèvements sociaux sur les gains concernés.

Et si vous avez plus de 150 000 € de versements ?

La fiscalité de l’impôt sur le revenu devient également plus complexe.

Bercy rappelle que le seuil de 150 000 € s’apprécie globalement sur l’ensemble des contrats détenus pour certaines règles applicables aux primes versées depuis le 27 septembre 2017.

Cette limite n’a cependant pas pour effet de faire passer automatiquement les prélèvements sociaux de l’assurance-vie classique à 18,6 %.

La dérogation à 17,2 % reste distincte.

Pourquoi cette précision est importante en 2026

Plusieurs placements ont effectivement subi la hausse des prélèvements sociaux.

C’est notamment le cas de certains produits du PER, pour lesquels Bercy indique désormais une composante sociale de 18,6 % dans certaines sorties en capital.

Il serait donc facile de généraliser le nouveau taux à toute l’épargne financière.

Ce serait une erreur pour l’assurance-vie classique.

Que vérifier avant un rachat ?

Demandez à votre assureur une simulation indiquant :

  • le montant du capital versé ;
  • le montant des gains ;
  • la date des différents versements ;
  • l’âge du contrat ;
  • la part soumise à 7,5 % ou 12,8 % d’impôt selon le cas ;
  • les prélèvements sociaux ;
  • l’abattement éventuellement disponible après huit ans.

Cette ventilation permet de connaître le montant réellement perçu après fiscalité.

Ce qu’il faut retenir

Depuis le 1er janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux de nombreux placements est passé à 18,6 %.

Mais Bercy confirme dans sa mise à jour du 17 septembre 2026 que l’assurance-vie classique reste à 17,2 %.

Les contrats rente-survie et épargne-handicap constituent toutefois des exceptions et relèvent de 18,6 %.

Enfin, ce taux ne porte que sur les gains : le capital retiré n’est pas taxé comme un nouveau revenu.

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