lundi , 5 octobre 2026

Assurance-vie après 8 ans : combien pouvez-vous réellement retirer sans impôt sur les gains ?

Un contrat d’assurance-vie de plus de huit ans bénéficie d’un avantage fiscal connu mais souvent mal compris. Chaque année, une personne seule peut bénéficier d’un abattement de 4 600 euros sur les gains compris dans ses retraits. Pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, l’abattement atteint 9 200 euros. Mais cela ne signifie pas qu’il suffit de retirer 4 600 ou 9 200 euros pour être exonéré, ni qu’un retrait de 20 000 euros est automatiquement taxable. Seule la part du retrait correspondant aux gains est concernée par l’impôt sur le revenu.

Après huit ans, l’abattement porte sur les gains

Bercy a actualisé sa fiche consacrée à la fiscalité de l’assurance-vie le 17 septembre 2026.

Elle rappelle que lorsqu’un contrat atteint au moins huit ans, son titulaire bénéficie chaque année d’un abattement de :

4 600 euros pour une personne imposée seule ;

9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

Cet abattement concerne les gains inclus dans les rachats.

Il ne s’agit pas d’un plafond annuel de retrait.

Seuls les gains sont imposés

Lorsqu’une personne retire de l’argent de son assurance-vie, le fisc ne considère pas l’intégralité de la somme comme un revenu.

Le retrait contient deux composantes :

une partie du capital correspondant aux versements réalisés ;

et une partie correspondant aux gains accumulés.

Épargnant calculant un retrait sur une assurance-vie de plus de huit ans
L’abattement annuel porte sur les gains inclus dans le retrait, pas sur le retrait total.

Bercy rappelle expressément que seuls les gains sont imposables lors d’un rachat partiel ou total.

C’est pourquoi le montant pouvant être retiré sans impôt sur le revenu peut être largement supérieur à 4 600 euros.

Un exemple simple

Imaginons une personne seule disposant d’un contrat valorisé à 100 000 euros.

Elle a versé 80 000 euros au total.

Les gains représentent donc 20 000 euros, soit 20 % de la valeur du contrat.

Si elle effectue un retrait de 20 000 euros, une approximation pédagogique conduit à considérer qu’environ 20 %, soit 4 000 euros, correspondent aux gains.

Ces 4 000 euros restent sous l’abattement annuel de 4 600 euros.

Dans cet exemple simplifié, le retrait de 20 000 euros peut donc ne générer aucun impôt sur le revenu sur les gains, alors même qu’il dépasse largement 4 600 euros.

Peut-on calculer un montant maximal universel à retirer ?

Non.

Tout dépend de la proportion de gains contenue dans le contrat.

Si le contrat a beaucoup progressé, une part plus importante de chaque retrait correspondra aux produits imposables.

À l’inverse, sur un contrat dont la valeur reste proche des sommes versées, il faut retirer davantage pour atteindre 4 600 euros de gains.

C’est pourquoi le bon raisonnement n’est pas :

« Je peux retirer 4 600 euros sans impôt ».

Il faut plutôt demander :

« Quelle part de mon retrait correspond réellement à des gains ? »

L’abattement de 9 200 € double-t-il le retrait possible pour un couple ?

Il double l’abattement sur les produits, pas nécessairement le montant du retrait.

Pour un couple marié ou pacsé imposé ensemble, les gains retirés sur des contrats d’au moins huit ans bénéficient d’un abattement annuel global de 9 200 euros.

Dans notre exemple d’un contrat comportant 20 % de gains, il faudrait retirer environ 46 000 euros pour contenir 9 200 euros de produits.

Mais cette proportion change avec la composition réelle du contrat.

Les prélèvements sociaux disparaissent-ils aussi ?

Calcul de la part de gains dans un rachat d’assurance-vie
Seule la fraction correspondant aux gains est soumise à l’impôt sur le revenu.

Non.

C’est l’un des pièges les plus importants.

L’abattement de 4 600 ou 9 200 euros concerne l’impôt sur le revenu.

Il ne supprime pas automatiquement les prélèvements sociaux applicables aux produits.

En 2026, Bercy rappelle que les produits classiques des contrats d’assurance-vie concernés restent, par dérogation au nouveau taux appliqué à d’autres placements, soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %.

Un retrait peut donc ne générer aucun impôt sur le revenu grâce à l’abattement tout en restant soumis aux prélèvements sociaux sur la part de gains concernée.

Pourquoi la date du 27 septembre 2017 compte-t-elle ?

La fiscalité dépend aussi de la date à laquelle les primes ont été versées.

Pour les versements effectués avant le 27 septembre 2017, les anciens mécanismes d’imposition continuent à s’appliquer.

Pour les versements effectués à partir de cette date, le régime du prélèvement forfaitaire s’applique selon l’âge du contrat et le montant global des primes.

Deux contrats ouverts la même année peuvent donc connaître une fiscalité différente selon l’historique des versements.

Que se passe-t-il sous ou au-dessus de 150 000 € ?

Pour les produits attachés aux primes versées depuis le 27 septembre 2017 et un contrat de plus de huit ans, un taux d’impôt sur le revenu de 7,5 % peut s’appliquer à la fraction correspondant aux primes entrant dans la limite réglementaire.

Le seuil de 150 000 euros s’apprécie globalement sur les contrats détenus par le contribuable selon les règles précisées par Bercy.

Au-delà, une partie des produits peut relever du taux forfaitaire de 12,8 %.

L’abattement annuel de 4 600 ou 9 200 euros s’applique néanmoins avant l’imposition correspondante des gains.

Peut-on utiliser l’abattement chaque année ?

Oui.

Il s’agit d’un abattement annuel.

Un épargnant peut donc organiser des rachats sur plusieurs années afin de profiter à plusieurs reprises de cette franchise d’impôt sur le revenu, sous réserve de la fiscalité en vigueur et de la composition de son contrat.

Cette stratégie suppose toutefois de calculer la part de gains incluse dans chaque rachat.

Contrat d’assurance-vie et fiscalité après huit ans
Les prélèvements sociaux peuvent rester dus même lorsque l’abattement efface l’impôt.

Un contrat de huit ans devient-il exonéré ?

Non.

C’est précisément la formulation à éviter.

Après huit ans, l’assurance-vie devient fiscalement plus favorable, mais elle n’est pas totalement exonérée.

Les gains dépassant l’abattement annuel peuvent rester soumis à l’impôt.

Les prélèvements sociaux restent également applicables selon les règles du contrat.

L’ancienneté ouvre donc un avantage, pas une exonération générale.

Ce qu’il faut retenir

Après huit ans, un contrat d’assurance-vie bénéficie d’un abattement annuel sur les gains retirés de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé imposé ensemble.

Ces montants ne constituent pas des plafonds de retrait.

Un retrait beaucoup plus important peut rester sans impôt sur le revenu si la fraction correspondant aux gains reste sous l’abattement.

En revanche, les prélèvements sociaux ne disparaissent pas, et la fiscalité dépend également de la date des versements ainsi que, pour les primes versées depuis septembre 2017, du seuil global de 150 000 euros.

Le chiffre à connaître avant tout rachat n’est donc pas seulement le montant retiré, mais la part de gains comprise dans ce retrait.

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