Oui. Malgré le relèvement de l’âge légal de départ pour une partie des générations, la retraite pour inaptitude au travail reste accessible dès 62 ans. Une personne reconnue inapte peut obtenir sa retraite de base au taux plein de 50 %, quel que soit son nombre de trimestres. Mais l’inaptitude ne correspond pas à une simple difficulté à continuer son métier : elle suppose que l’état de santé empêche de poursuivre une activité sans nuire gravement à la santé et qu’une incapacité définitive d’au moins 50 % soit médicalement constatée. La reconnaissance relève normalement du médecin-conseil de la caisse de retraite.
L’âge de 62 ans reste applicable à l’inaptitude
Les âges ordinaires de départ ont évolué.
Selon l’année de naissance, l’âge minimal peut désormais se situer entre 62 ans et 64 ans.
Mais Service-Public confirme une exception importante : une personne reconnue inapte au travail peut obtenir une retraite à taux plein dès 62 ans.
Cette règle peut donc permettre de partir avant l’âge légal normalement applicable à sa génération.
Combien de trimestres faut-il avoir ?
Aucun nombre minimal de trimestres n’est exigé pour bénéficier du taux plein au titre de l’inaptitude.
La retraite est calculée au taux maximum de 50 %, même si l’assuré ne totalise pas la durée d’assurance normalement nécessaire.
Cela signifie qu’aucune décote n’est appliquée en raison des trimestres manquants.
En revanche, « taux plein » ne signifie pas nécessairement « pension maximale ».
Le montant final dépend toujours de la carrière, des revenus retenus et des droits acquis.

Qu’est-ce que l’inaptitude au travail ?
Service-Public donne une définition précise.
L’assuré doit se trouver dans une situation où son état de santé ne lui permet plus de poursuivre une activité professionnelle sans nuire gravement à sa santé.
Il doit également présenter une incapacité définitive de travail médicalement constatée d’au moins 50 %.
La fatigue, une maladie chronique ou une difficulté à tenir son poste ne suffisent donc pas automatiquement.
Une reconnaissance médicale est nécessaire.
Qui décide de l’inaptitude ?
La décision appartient au médecin-conseil de la caisse de retraite.
Le demandeur doit déposer une demande de retraite personnelle auprès de la Carsat.
Il joint sous pli confidentiel un certificat médical établi par son médecin traitant.
S’il travaille encore, un certificat du médecin du travail est également demandé.
Les formulaires médicaux nécessaires doivent être obtenus auprès de la caisse.
Comment l’état de santé est-il évalué ?
Si la personne exerce encore une activité, son aptitude est appréciée par rapport au poste qu’elle occupe au moment de sa demande.
Lorsqu’elle ne travaille plus, la caisse regarde en principe sa dernière activité exercée au cours des cinq dernières années.
Si aucune activité n’a été exercée durant cette période, l’examen porte plus largement sur les capacités physiques et mentales à exercer une profession.
La notion d’inaptitude est donc différente d’une simple incapacité à exercer un métier particulier choisi par le salarié.
Certaines personnes sont-elles automatiquement reconnues inaptes ?
Oui.
Dans plusieurs situations, aucun nouvel examen médical n’est nécessaire.
Service-Public cite notamment les personnes :

déjà reconnues invalides avant 62 ans ;
bénéficiaires de l’AAH ;
titulaires de certains titres d’invalidité ;
ou disposant d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 50 %.
Pour ces publics, la reconnaissance de l’inaptitude est donc simplifiée.
Que devient une pension d’invalidité à 62 ans ?
Pour une personne qui ne travaille plus, la pension d’invalidité est en principe remplacée à 62 ans par une pension de retraite pour inaptitude.
L’Assurance maladie rappelle toutefois qu’une demande de retraite doit être effectuée : il ne faut pas supposer que toutes les démarches se feront sans intervention de l’assuré.
Il est conseillé d’anticiper plusieurs mois avant l’âge de 62 ans.
Et si la personne continue à travailler ?
La situation change.
Un bénéficiaire d’une pension d’invalidité qui continue une activité après 62 ans peut, sous conditions, différer sa retraite et continuer temporairement à percevoir sa pension d’invalidité.
Elle peut être maintenue jusqu’à la cessation de l’activité ou, au plus tard, jusqu’à 67 ans selon les situations.
Il ne faut donc pas arrêter son activité sans avoir vérifié les conséquences auprès de la caisse.
Inaptitude, handicap et incapacité professionnelle : quelle différence ?
Trois dispositifs sont souvent confondus.
La retraite pour inaptitude permet de partir à 62 ans.
La retraite anticipée pour handicap peut permettre un départ plus tôt, parfois à partir de 55 ans, si des conditions spécifiques de handicap et de durée cotisée sont réunies.
L’incapacité permanente d’origine professionnelle, après accident du travail ou maladie professionnelle, peut quant à elle ouvrir un départ dès 60 ans dans certaines situations.

Le choix du mauvais dispositif peut modifier fortement l’âge de départ.
Le taux plein garantit-il une pension élevée ?
Non.
Le taux plein évite surtout la décote.
La retraite du régime général reste calculée à partir de la carrière et des salaires retenus.
L’Assurance retraite rappelle que le taux de 50 % n’est qu’un des éléments de la formule.
Une personne ayant eu une carrière courte ou de faibles salaires peut donc percevoir une pension relativement modeste malgré son départ pour inaptitude.
Le minimum contributif peut néanmoins intervenir lorsque ses conditions sont réunies.
Ce qu’il faut retenir
En 2026, une personne reconnue inapte au travail peut toujours partir à la retraite dès 62 ans au taux plein, même si l’âge légal ordinaire de sa génération est supérieur et même si elle n’a pas tous ses trimestres.
L’inaptitude suppose toutefois une incapacité définitive d’au moins 50 % et une reconnaissance médicale, sauf dans plusieurs situations d’invalidité ou de handicap reconnues automatiquement.
Avant d’arrêter de travailler, il faut obtenir la confirmation de la Carsat et vérifier séparément les conséquences sur la retraite complémentaire.
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