Les règles de retraite anticipée évoluent pour certains départs prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Les assurés nés entre 1964 et 1970, qui ont commencé à travailler jeunes, peuvent parfois partir quelques mois plus tôt que prévu. Le dispositif reste toutefois conditionné à un début d’activité précoce et à un nombre suffisant de trimestres cotisés. Les travailleurs handicapés disposent, eux aussi, d’une voie de départ avant l’âge légal, parfois dès 55 ans. Avant toute décision, il faut vérifier son relevé de carrière, obtenir une attestation et attendre la confirmation de chaque caisse.
Ce qui change pour les carrières longues à partir de septembre 2026

La suspension de la montée progressive de l’âge légal jusqu’en 2028 produit un effet concret sur certaines carrières longues. Un décret publié en mai 2026 avance de quelques mois l’âge de départ de plusieurs générations. Les nouvelles conditions s’appliquent aux retraites qui prennent effet à compter du 1er septembre 2026.
Le changement concerne principalement les personnes nées entre 1964 et 1970 ayant commencé à travailler avant 20 ans. Une personne née en 1966 peut, par exemple, viser un départ à 60 ans et 9 mois au lieu de 61 ans, à condition de totaliser 172 trimestres cotisés. Pour les générations 1967 à 1970, l’âge minimal recule également de trois mois par rapport au calendrier antérieur.
| Année de naissance | Âge minimal indicatif | Trimestres cotisés requis |
| 1964 | 60 ans et 6 mois | 170 |
| 1er janv. au 31 mars 1965 | 60 ans et 9 mois | 170 |
| 1er avr. au 30 nov. 1965 | 60 ans et 9 mois | 171 |
| Décembre 1965 | 60 ans et 8 mois | 171 |
| 1966 | 60 ans et 9 mois | 172 |
| 1967 | 61 ans | 172 |
| 1968 | 61 ans et 3 mois | 172 |
| 1969 | 61 ans et 6 mois | 172 |
| 1970 | 61 ans et 9 mois | 172 |
Avoir commencé jeune ne suffit pas
Le dispositif exige d’abord une durée minimale en début de carrière. L’assuré doit généralement avoir validé cinq trimestres avant la fin de l’année civile de ses 16, 18, 20 ou 21 ans. Quatre trimestres suffisent pour une naissance au dernier trimestre de l’année. Cette première condition détermine le palier d’âge applicable.
Il faut ensuite réunir la durée cotisée demandée, tous régimes confondus. Les trimestres validés et les trimestres cotisés ne se confondent pas toujours. Certaines périodes de maladie, de chômage indemnisé, de maternité ou de service national peuvent être retenues, mais dans des limites précises. Un relevé qui affiche le nombre total requis ne garantit donc pas automatiquement l’accès à la carrière longue.
Le site a déjà détaillé ce que le décret de suspension change pour les carrières longues. Cette nouvelle vérification doit désormais être rapprochée de la date réelle de départ et du nombre de trimestres cotisés.
Retraite et handicap : un départ possible dès 55 ans

Un assuré qui a travaillé pendant une période de handicap peut demander une retraite anticipée au taux maximum dès 55 ans. Il doit justifier d’un nombre minimal de trimestres cotisés pendant les périodes où son incapacité permanente atteignait le niveau exigé, généralement 50 %. Le nombre de trimestres dépend de l’année de naissance et de l’âge de départ demandé.
La reconnaissance administrative du handicap doit couvrir les périodes concernées. Lorsque certains justificatifs manquent, une commission peut, sous conditions, valider une partie de la carrière. Cette procédure ne remplace pas la preuve principale et peut rallonger l’instruction. Il reste donc préférable de réunir les décisions de la MDPH, cartes d’invalidité, notifications de taux et documents professionnels le plus tôt possible.
Les cinq vérifications à effectuer avant de quitter son emploi
Consulter son relevé de carrière et repérer les années incomplètes ou les employeurs absents.
Demander la régularisation des périodes manquantes, idéalement plusieurs mois avant le départ souhaité.
Utiliser le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » pour obtenir une première estimation.
Demander l’attestation de départ anticipé correspondant à la carrière longue ou au handicap.
Attendre la confirmation des régimes de base et complémentaires avant de cesser son activité.
L’Assurance retraite recommande de déposer la demande environ cinq mois avant la date envisagée. Un salarié qui démissionne ou rompt son contrat trop tôt peut se retrouver sans salaire et sans pension si une caisse décale le point de départ.
Pourquoi les communes et France Services ont un rôle utile
Les agents France Services peuvent aider à créer un espace personnel, télécharger un relevé, transmettre un formulaire ou identifier la caisse compétente. Les CCAS orientent aussi les personnes fragiles vers les bons interlocuteurs. En revanche, ces structures ne calculent pas la pension et ne garantissent pas l’éligibilité.
Pour comprendre plus largement les conséquences budgétaires d’un départ ou d’un retard de pension, le dossier sur les leviers locaux face aux difficultés de pouvoir d’achat rappelle l’importance de l’accompagnement de proximité.
Un départ anticipé doit être sécurisé, pas seulement estimé

Les nouvelles règles peuvent permettre à certains assurés de partir quelques mois plus tôt. Elles ne créent cependant aucun droit automatique. L’âge de début d’activité, le nombre de trimestres cotisés, les périodes assimilées et les justificatifs restent déterminants.
La bonne démarche consiste à vérifier son relevé, corriger les anomalies, demander l’attestation puis attendre l’accord définitif. Cette chronologie évite une interruption de revenus au moment du passage à la retraite.
