Se remarier après un veuvage ne produit pas les mêmes conséquences sur toutes les pensions de réversion. Le régime général regarde surtout les ressources du nouveau couple. L’Agirc-Arrco supprime, au contraire, définitivement sa réversion après un remariage. Dans la fonction publique, une nouvelle union interrompt le versement, mais une reprise peut parfois devenir possible après sa dissolution. Cette diversité crée un risque réel d’erreur. Avant un mariage, un Pacs ou une installation en couple, le bénéficiaire doit donc identifier chaque pension perçue et vérifier les règles propres à chaque caisse.
Le mariage reste la condition de départ dans tous les régimes

La pension de réversion repose d’abord sur un mariage avec la personne décédée. Le Pacs et le concubinage n’ouvrent pas, à eux seuls, ce droit. Un ex-conjoint divorcé peut néanmoins obtenir une réversion, sous réserve des règles du régime concerné et d’un éventuel partage avec d’autres conjoints.
Cette première condition ne suffit pourtant pas. Comme l’explique notre dossier sur les différences entre le régime général, l’Agirc-Arrco et la fonction publique, chaque caisse applique ensuite ses propres critères. Le taux, les ressources, la durée du mariage et la nouvelle situation familiale peuvent donc modifier le droit.
Régime général : le remariage ne supprime pas automatiquement la réversion
Pour la retraite de base versée par l’Assurance retraite, le fait de se remarier n’entraîne pas une suppression automatique. Un ex-conjoint peut même bénéficier de la pension lorsqu’il vit de nouveau en couple. Cependant, la caisse examine alors les ressources de l’ensemble du nouveau ménage.
En 2026, les ressources annuelles brutes doivent rester sous les plafonds applicables. Si le bénéficiaire vit en couple, le plafond correspondant au couple s’applique. Les revenus du nouveau conjoint, partenaire de Pacs ou concubin peuvent donc réduire la pension, la suspendre ou empêcher son attribution.
Le lecteur doit distinguer le changement de statut familial de son effet financier. Pour préparer ce contrôle, notre guide sur les revenus pris en compte dans le calcul des ressources détaille les pensions, revenus professionnels et éléments patrimoniaux à déclarer.
Agirc-Arrco : le remariage entraîne une suppression définitive

La retraite complémentaire Agirc-Arrco applique la règle la plus sévère. Elle verse la réversion sans condition de ressources, mais elle exige que le bénéficiaire ne soit pas remarié. Lorsqu’un remariage intervient après l’ouverture du droit, le versement cesse définitivement.
Un divorce ultérieur ou le décès du nouveau conjoint ne rétablit pas la pension Agirc-Arrco supprimée. Cette conséquence doit être comprise avant le mariage. En revanche, un Pacs ou un concubinage n’a pas le même effet juridique sur cette réversion complémentaire, puisque la règle officielle vise le remariage.
Une personne peut donc conserver la retraite de base du régime général, sous réserve des ressources du couple, tout en perdant définitivement sa pension complémentaire. Cette combinaison explique pourquoi il faut analyser chaque ligne de pension séparément.
Fonction publique : une nouvelle vie en couple interrompt le droit
Pour la pension de réversion d’un fonctionnaire, le remariage n’est pas le seul événement à surveiller. Le mariage, le Pacs et le concubinage peuvent interrompre le droit lorsque le bénéficiaire vit de nouveau en couple.
La règle n’est toutefois pas toujours définitive. Lorsque la nouvelle union prend fin, le bénéficiaire peut demander le rétablissement de la réversion. La caisse vérifie alors la situation des autres ayants droit. Une pension déjà attribuée à un autre conjoint ou à un orphelin peut limiter les possibilités de reprise.
Un ex-conjoint remarié avant le décès du fonctionnaire peut également retrouver un droit si sa nouvelle union a cessé, sous certaines conditions. Le dossier devient donc plus complexe lorsque plusieurs mariages, enfants ou ayants droit coexistent.
Faut-il prévenir les caisses avant de se remarier ?

Le changement doit être signalé rapidement à chaque organisme qui verse une pension. Il ne suffit pas d’informer une seule caisse. L’Assurance retraite, l’Agirc-Arrco, le Service des retraites de l’État ou la CNRACL rendent des décisions distinctes.
Un signalement tardif peut générer un trop-perçu. La caisse réclamera alors les sommes versées à tort depuis le changement de situation. Le bénéficiaire doit conserver la preuve de sa déclaration et contrôler les paiements reçus pendant les mois suivants.
| À retenir Au régime général, le remariage ne supprime pas automatiquement le droit, mais les ressources du nouveau couple comptent. À l’Agirc-Arrco, le remariage supprime définitivement la pension de réversion. Dans la fonction publique, une nouvelle union interrompt la pension, avec une reprise parfois possible après sa fin. Le Pacs et le concubinage n’ouvrent jamais un droit initial à la réversion. Chaque caisse doit être informée séparément du changement de situation. |
Les collectivités peuvent prévenir le non-recours et les trop-perçus

Les communes ne décident pas de l’attribution d’une pension de réversion. Toutefois, les CCAS et les espaces France Services peuvent aider les habitants à identifier leurs caisses, numériser les justificatifs et utiliser le service de demande unique d’Info Retraite.
Cet accompagnement devient particulièrement utile après un veuvage, un divorce ou une nouvelle union. Une information locale claire peut éviter à la fois l’abandon d’un droit et l’accumulation d’un trop-perçu difficile à rembourser.
Avant toute nouvelle union, vérifier chaque pension séparément
La question n’est donc pas seulement de savoir si le remariage fait perdre « la » pension de réversion. Un même bénéficiaire peut percevoir plusieurs réversions soumises à des règles opposées. Le régime général peut maintenir un versement réduit, tandis que l’Agirc-Arrco le supprime définitivement. Une pension publique peut, quant à elle, être interrompue puis éventuellement rétablie.
Avant de modifier sa situation familiale, il faut demander une confirmation écrite aux caisses concernées. Cette vérification protège le budget du ménage et évite de prendre une décision sur la base d’une règle valable pour un seul régime.
