La transition écologique ne transforme pas seulement les transports et le chauffage. Elle bouleverse aussi les recettes publiques. Moins de carburants fossiles signifie, à terme, moins de taxes sur l’essence, le diesel, le gaz ou certains produits énergétiques.

Des recettes importantes aujourd’hui

La fiscalité énergétique représente encore une ressource majeure. Le budget vert 2026 chiffre les recettes environnementales de l’État à 30,1 milliards d’euros. La TICPE, assise notamment sur les carburants, finance l’État mais aussi des collectivités et des infrastructures. Or cette ressource dépend largement de la consommation d’énergies fossiles.

Le paradoxe de la transition

Si la France réussit à électrifier les véhicules, réduire la consommation de carburants et remplacer les chaudières fossiles, elle atteindra un objectif climatique. Mais elle réduira aussi les bases fiscales actuelles. La Direction générale du Trésor a déjà alerté sur le risque d’une quasi-disparition des recettes d’accise sur les énergies fossiles à l’horizon 2050, partiellement seulement compensée par les recettes sur l’électricité.

Un enjeu budgétaire pour l’Etat et les territoires

La question n’est donc pas seulement écologique. Elle est budgétaire. Comment financer les routes, les transports, la transition, les aides aux ménages et les services publics si une partie des taxes liées aux carburants décroît ? Les collectivités peuvent aussi être concernées lorsque des fractions de fiscalité énergétique financent leurs compétences ou des opérateurs de mobilité.

Quelles solutions possibles ?

Plusieurs pistes existent : faire évoluer les taxes vers l’usage de la route, renforcer la tarification carbone, taxer certains usages polluants résiduels, créer des ressources affectées aux mobilités ou transférer une partie du financement vers le budget général. Mais chaque option est politiquement sensible. Taxer davantage l’électricité découragerait l’électrification ; taxer les kilomètres parcourus toucherait fortement les territoires ruraux.

A retenir

La transition peut être rentable à long terme si elle réduit les dommages climatiques, mais elle oblige l’État à repenser la fiscalité. Moins de pétrole consommé, c’est aussi moins de recettes issues du pétrole.