Une année à temps partiel, un petit salaire en début de carrière ou quelques mois seulement travaillés ne réduisent pas forcément votre retraite de base. Pour les assurés auxquels s’applique la règle des 25 meilleures années, l’Assurance retraite calcule le revenu annuel moyen à partir des meilleurs revenus annuels revalorisés de la carrière. Une mauvaise année peut donc être laissée de côté si vous disposez de suffisamment d’années mieux rémunérées. Certaines années sont même exclues d’office, notamment lorsque les revenus sont trop faibles pour valider un trimestre. Depuis septembre 2026, certains parents bénéficient en outre d’un calcul sur 24 ou 23 meilleures années.

La retraite de base ne fait pas la moyenne de toute votre carrière
C’est le premier point à comprendre.
Le régime général ne prend pas tous les salaires perçus depuis le premier emploi jusqu’au dernier.
Il sélectionne les meilleures années selon les règles applicables à votre génération.
Pour les générations auxquelles la règle complète s’applique, le revenu annuel moyen est calculé sur les 25 meilleures années.
Une année faible peut donc sortir du calcul.
Exemple : 35 années de carrière
Imaginons un salarié avec 35 années comportant des revenus retenus.
Dix de ces années ont été faibles :
- début de carrière ;
- temps partiel ;
- interruption ;
- changement professionnel.
Si les 25 autres années sont mieux rémunérées, les dix plus faibles ne seront pas utilisées dans la moyenne.
Le salarié n’est donc pas automatiquement pénalisé par chaque mauvaise année.
Et si vous n’avez pas 25 bonnes années ?
La situation change.
Si la carrière est courte ou comporte peu d’années de revenus, certaines années faibles peuvent nécessairement entrer dans le calcul.
L’Assurance retraite a d’ailleurs déjà montré que les carrières courtes sont plus exposées à l’intégration de faibles revenus dans le salaire annuel moyen.
C’est pourquoi une même année à mi-temps peut être sans conséquence pour une carrière longue mais peser davantage pour une personne ayant travaillé peu d’années.
Certaines années sont-elles exclues automatiquement ?
Oui.
L’Assurance retraite indique que certaines périodes n’entrent pas dans le revenu annuel moyen.
C’est notamment le cas :
- des années où le revenu est insuffisant pour valider un trimestre ;
- de certaines années comportant des rachats ;
- de l’année de départ à la retraite.
Cela signifie qu’une toute petite rémunération ne tire pas forcément la moyenne vers le bas.
Temps partiel : est-il forcément pénalisant ?
Pas nécessairement.

Si une année à temps partiel reste parmi vos 25 meilleures années, son revenu peut diminuer la moyenne par rapport à une année à temps plein.
Mais si votre carrière compte suffisamment d’années mieux rémunérées, cette année peut simplement ne pas être sélectionnée.
La conséquence dépend donc de l’ensemble de la carrière.
Les années de chômage entrent-elles dans les 25 meilleures ?
Le revenu annuel moyen repose sur les revenus d’activité retenus.
Les périodes de chômage peuvent permettre de valider des trimestres assimilés mais ne produisent pas nécessairement un salaire annuel entrant dans la moyenne comme un salaire classique.
C’est une distinction essentielle.
Un trimestre peut compter pour la durée d’assurance sans améliorer le salaire annuel moyen.
Même chose pour les arrêts maladie ?
Oui, la logique est comparable.
BDC a déjà expliqué que des arrêts maladie indemnisés peuvent permettre de valider des trimestres sans qu’un salaire correspondant soit nécessairement inscrit de la même façon.
Le calcul de la durée d’assurance et celui du revenu annuel moyen sont deux mécanismes différents.
Les salaires très élevés sont-ils retenus intégralement ?
Non.
L’Assurance retraite prend en compte les revenus dans la limite des plafonds applicables.
Gagner très au-dessus du plafond de la Sécurité sociale ne fait pas augmenter sans limite la pension de base.
BDC a déjà consacré un article à ce plafond de retraite.
L’Agirc-Arrco joue alors un rôle important pour la retraite complémentaire du salarié.
Le calcul est-il toujours sur 25 années en 2026 ?
Non.
Le nombre d’années dépend de la génération.
Et une réforme supplémentaire s’applique désormais à certains parents.
Depuis le 1er septembre 2026, l’Assurance retraite indique que le revenu annuel moyen peut être calculé sur :
- 24 meilleures années pour certains parents bénéficiant d’une majoration pour un enfant ;
- 23 meilleures années pour ceux bénéficiant d’une majoration pour deux enfants ou plus.
Cette mesure peut permettre d’écarter une ou deux années faibles supplémentaires.
Est-ce déjà visible sur toutes les pensions liquidées ?

Pas immédiatement.
L’Assurance retraite indique que son système informatique doit intégrer ce nouveau calcul en 2027.
Les personnes partant avant la mise à jour doivent faire l’objet d’un recalcul automatique avec régularisation rétroactive si elles sont concernées.
Il faut donc éviter de penser qu’une estimation affichée en septembre 2026 intègre nécessairement déjà la nouvelle formule.
Que se passe-t-il si vous avez cotisé à plusieurs régimes ?
Le calcul devient plus technique.
L’Assurance retraite précise que, pour certains polypensionnés, les meilleures années sont réparties au prorata de la durée d’assurance dans les régimes concernés.
Une personne ayant été salariée, indépendante ou affiliée à plusieurs régimes ne doit donc pas appliquer seule la formule « mes 25 meilleurs salaires du privé ».
La caisse doit tenir compte de la carrière complète.
L’année de départ est-elle utilisée ?
Non, en principe.
L’année du point de départ de la retraite n’entre pas dans le revenu annuel moyen.
C’est pourquoi l’Assurance retraite indique qu’un départ au 1er janvier de l’année suivante peut permettre de faire entrer la dernière année complète dans le calcul lorsqu’elle est favorable.
Cela ne signifie pas qu’il faut systématiquement repousser son départ.
Il faut comparer le gain éventuel avec les mois de pension différés.
Comment savoir si une mauvaise année est réellement retenue ?
Consultez votre estimation retraite.
Regardez les revenus revalorisés année par année.
Identifiez les années les plus faibles.
Puis demandez une simulation.
Un salarié disposant de plus de 25 années bien rémunérées peut souvent constater que certaines périodes faibles n’ont aucun effet direct sur son salaire annuel moyen.
Le point à retenir
Une mauvaise année n’abaisse pas automatiquement votre retraite.
Le régime général retient les meilleures années, et certaines années de revenus très faibles sont exclues d’office.
En revanche, une carrière courte peut obliger la caisse à intégrer des années moins favorables.
Depuis septembre 2026, certains parents bénéficient même d’un calcul sur 24 ou 23 années, ce qui peut écarter encore davantage de faibles revenus.
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