Depuis le 1er juillet 2026, certains étudiants étrangers ne peuvent plus conserver une aide personnelle au logement. Ils doivent désormais percevoir une bourse sur critères sociaux. La réforme vise les étudiants extracommunautaires titulaires d’un visa long séjour ou d’un titre de séjour « poursuite d’études ». Toutefois, plusieurs exceptions protègent les étudiants qui travaillent, les apprentis, les réfugiés et les apatrides. Les ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse ne sont pas concernés. Chaque étudiant doit donc vérifier son statut, sa bourse et les pièces enregistrées dans son compte CAF avant la rentrée.
| Le point essentiel La réforme ne vise pas tous les étudiants étrangers. Elle cible surtout certains étudiants extracommunautaires non boursiers qui disposent d’un titre de séjour pour études. |
Ce qui change depuis le 1er juillet

La CAF détaille la nouvelle condition pour l’APL, l’ALS et l’ALF. Dans le langage courant, les étudiants regroupent souvent ces trois aides sous le terme APL.
La loi de finances pour 2026 fixe cette règle. De plus, le décret du 27 juin 2026 applique la mesure aux prestations dues depuis le 1er juillet. Ainsi, une demande ancienne peut aussi être touchée.
Concrètement, un étudiant déjà aidé peut voir son droit s’arrêter. De même, une nouvelle demande peut échouer. Toutefois, la CAF doit d’abord vérifier les exceptions et les justificatifs fournis.
Quels étudiants sont directement concernés ?
La règle vise les ressortissants d’un pays situé hors Union européenne, hors Espace économique européen et hors Suisse. Ils doivent aussi détenir un visa long séjour ou un titre de séjour portant la mention « poursuite d’études ».
Dans cette situation, la CAF demande une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux. Sans cette bourse ni exception, le droit peut prendre fin ou la demande peut être refusée.
Le Code de la construction et de l’habitation inscrit désormais cette restriction dans les conditions d’accès. Par conséquent, le titre de séjour, la bourse et l’activité deviennent des pièces décisives.
Qui peut rester éligible ?
| Situation | Droit possible | Justificatif utile |
| Ressortissant UE, EEE ou Suisse | Oui, selon les règles habituelles | Droit au séjour |
| Étudiant extracommunautaire boursier | Oui | Notification de bourse |
| Étudiant salarié ou auto-entrepreneur | Oui | Activité déclarée |
| Apprenti ou contrat de professionnalisation | Oui | Contrat en cours |
| Réfugié, apatride ou conjoint concerné | Oui | Document de statut |
Par ailleurs, la CAF cite les bourses du Crous et certaines bourses régionales des filières sanitaires et sociales. En revanche, une aide ponctuelle ou privée ne remplace pas forcément la bourse exigée.
Dès lors, l’étudiant doit envoyer sa notification officielle. Si une région verse la bourse, il doit demander à la CAF si le dispositif entre dans la catégorie reconnue.
Combien peut coûter une fin de droit ?

Le montant dépend du loyer, de la zone, des ressources et du foyer. Il n’existe donc pas de perte identique pour tous. Pourtant, l’effet cumulé peut devenir lourd sur une année universitaire.
| Aide mensuelle illustrative | Perte sur 10 mois | Perte sur 12 mois |
| 150 € | 1 500 € | 1 800 € |
| 200 € | 2 000 € | 2 400 € |
| 250 € | 2 500 € | 3 000 € |
Ces montants restent de simples exemples. Toutefois, ils montrent l’urgence d’une vérification. Une aide de 200 euros supprimée pendant dix mois augmente le budget logement de 2 000 euros.
Que faut-il faire maintenant ?
1. Contrôler la nationalité et la mention exacte du titre de séjour.
2. Télécharger la notification de bourse ou le contrat de travail.
3. Lire les messages et demandes de pièces dans l’espace CAF.
4. Refaire une simulation avec la situation à jour.
5. Contester rapidement une décision qui ignore une exception.
En cas de doute, l’étudiant doit contacter la CAF avant de conclure à une perte définitive. Il doit aussi conserver les justificatifs et le récapitulatif de ses échanges.
Quel effet dans un couple ou une colocation ?
La CAF indique qu’une personne éligible peut conserver une aide. Si l’autre occupant n’est pas éligible, la caisse peut calculer cette aide comme pour une personne seule. Toutefois, le dossier doit décrire la composition réelle du logement.
En colocation, chaque occupant dépose sa propre demande selon sa part de loyer. Ainsi, la fin du droit d’un colocataire ne supprime pas automatiquement celui des autres.
Quelles aides locales peuvent limiter le choc ?
Notre dossier sur le pouvoir d’achat des jeunes et des étudiants présente plusieurs réponses locales. Il détaille notamment le logement, le transport, la restauration et les aides d’urgence.
De plus, le repas à 1 euro du Crous peut réduire une autre dépense. Un CCAS, une mission locale ou le service social du Crous peut aussi examiner une urgence. Toutefois, ces aides ne remplacent pas l’APL.
Pour chercher un logement, le ministère propose aussi Mon Logement Étudiant. Enfin, notre guide Parcoursup 2026 aide à anticiper la ville d’études et le budget.
Quel rôle pour les collectivités ?

Les communes ne décident pas de l’aide personnelle au logement. La CAF ou la MSA calcule et verse la prestation. En revanche, les collectivités peuvent agir sur le logement étudiant, les transports et les aides d’urgence.
Les régions gèrent aussi certaines bourses sanitaires et sociales. Toutefois, l’étudiant doit faire confirmer leur prise en compte par la CAF. Enfin, France Services peut l’aider à transmettre une pièce et à consulter son dossier.
Une réforme ciblée, mais un risque financier réel
La nouvelle règle concerne un public précis. Pourtant, elle peut retirer plusieurs milliers d’euros sur une année. Un étudiant extracommunautaire non boursier doit donc vérifier immédiatement s’il relève d’une exception.
En revanche, les étudiants européens, les boursiers reconnus, les travailleurs, les apprentis, les réfugiés et les apatrides peuvent rester éligibles. Le statut, les justificatifs et la date du 1er juillet constituent les trois points à contrôler.
