Verser une pension alimentaire aux parents permet, sous conditions, de réduire son impôt sur le revenu. Vous pouvez déduire de votre revenu global les sommes versées à un père, une mère, un grand-parent ou un beau-parent dans le besoin, sans plafond fixe, à condition de pouvoir les justifier. Hébergement à domicile, frais d’EHPAD réglés directement, parent de plus de 75 ans : voici les règles officielles, les montants applicables aux revenus 2025 et les erreurs à éviter.
Pension alimentaire aux parents : de quoi parle-t-on ?
Le Code civil impose aux enfants une obligation alimentaire envers leurs parents et autres ascendants qui sont dans le besoin (articles 205 et 206).
Cette obligation s’étend aux gendres et belles-filles envers leurs beaux-parents.
Concrètement, il s’agit d’aider un parent qui ne parvient pas à couvrir ses besoins essentiels : nourriture, logement, santé.
Sur le plan fiscal, vous pouvez donc déduire ces versements de vos revenus imposables, selon les règles rappelées par Service-Public.fr et le ministère de l’Économie.
Quelles conditions pour déduire la pension ?
En pratique, vous devez remplir trois conditions :
- votre parent doit être dans le besoin, c’est-à-dire incapable d’assurer seul ses besoins fondamentaux ;
- la somme versée doit se limiter à ses besoins essentiels ;
- elle doit rester en rapport avec vos ressources, compte tenu de vos propres charges.
Les ascendants concernés sont les parents, les grands-parents et les beaux-parents.
Par ailleurs, l’administration apprécie le besoin au cas par cas. Un parent qui dispose de revenus confortables ou d’un patrimoine important ne remplit en principe pas la condition de besoin.

Pension alimentaire aux parents : à qui s’adresse-t-elle vraiment ?
La déduction vise une aide réelle à un proche en difficulté, et non un simple transfert d’argent pour réduire son impôt.
Par exemple, un parent qui touche une petite pension et doit payer un loyer ou des frais d’EHPAD élevés peut se trouver dans le besoin. À l’inverse, un parent propriétaire de son logement et disposant d’une retraite confortable ne l’est généralement pas.
En cas de doute, le service des impôts peut vous renseigner au 0809 401 401, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h.
Sous quelle forme verser l’aide ?
La pension alimentaire aux parents peut prendre plusieurs formes :
- un versement d’argent, par chèque ou virement ;
- le paiement direct de certaines dépenses, par exemple des frais médicaux ou des frais de maison de retraite ;
- l’hébergement de votre parent chez vous, ou la mise à disposition d’un logement.
Dans tous les cas, gardez donc une trace écrite. Les versements en espèces sont les plus difficiles à justifier.
Pension alimentaire aux parents : combien peut-on déduire ?
Si votre parent vit chez lui ou en établissement
Dans ce cas, la loi ne fixe aucune limite au montant déductible.
En contrepartie, toutefois, vous devez pouvoir justifier les versements (relevés bancaires) et la réalité des dépenses de votre parent (factures).
Service-Public.fr donne l’exemple d’une aide de 400 euros par mois, soit 4 800 euros déductibles sur l’année.
Si vous hébergez votre parent
Lorsque votre parent vit sous votre toit, vous pouvez déduire une somme forfaitaire de 4 075 euros par ascendant accueilli pour les revenus 2025, sans avoir à fournir de justificatifs.
Le cas des parents de plus de 75 ans
Pour un ascendant âgé de plus de 75 ans, l’administration considère que vous remplissez les conditions de la déduction forfaitaire si ses ressources ne dépassent pas les plafonds de l’Aspa (minimum vieillesse).
Pour les revenus 2025, ces plafonds sont de 12 411,44 euros pour une personne seule et de 19 268,80 euros pour un couple marié ou pacsé.

Un exemple chiffré
Claire paie chaque mois 350 euros de frais d’EHPAD pour sa mère, dont la petite retraite ne couvre pas le coût de l’hébergement. Elle conserve les factures et ses relevés bancaires.
Sur l’année, elle peut déduire 4 200 euros de son revenu imposable.
Si Claire relève de la tranche à 30 %, l’économie d’impôt atteint environ 1 260 euros. Dans la tranche à 11 %, elle serait d’environ 462 euros.
Autrement dit, plus votre tranche d’imposition est élevée, plus la déduction est avantageuse. En revanche, si vous n’êtes pas imposable, la déduction ne vous apporte aucun gain.
De plus, n’oubliez pas que votre mère devra en principe déclarer ces 4 200 euros, sauf si elle relève de l’exception des très faibles ressources présentée plus bas.
Pension alimentaire aux parents : comment la déclarer ?
Indiquez le montant des pensions versées dans la rubrique des charges déductibles de votre déclaration de revenus, à la ligne prévue pour les pensions alimentaires versées à des ascendants.
Vous n’avez aucun justificatif à joindre. En revanche, conservez-les : l’administration fiscale peut les demander.
Les versements doivent correspondre à des sommes que vous avez réellement payées vous-même.
Votre parent doit-il déclarer ces sommes ?
Oui, en principe. En effet, la pension alimentaire reçue est imposable pour le parent qui la perçoit.
Il doit la déclarer lui-même dans la rubrique « Pensions, retraites, rentes », à la ligne des pensions alimentaires perçues, car elle n’apparaît jamais sur la déclaration préremplie.
Il bénéficie ensuite de l’abattement de 10 % appliqué aux pensions.
L’exception des parents aux très faibles ressources
Un parent aux très faibles ressources, par exemple bénéficiaire de l’Aspa, n’a pas à déclarer les sommes que vous versez directement à une maison de retraite ou à un établissement hospitalier pour ses frais de séjour.
Dans ce cas, vous pouvez déduire ces sommes sans que votre parent paie d’impôt sur elles.

Pension alimentaire aux parents : quel cumul possible ?
Attention à une règle souvent oubliée : vous ne pouvez pas déduire de pension alimentaire si vous bénéficiez du crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile au profit de ce même parent.
Il faut donc choisir l’avantage le plus intéressant, par exemple en comparant les deux montants avant de remplir votre déclaration. Notre article sur l’aide à domicile d’un parent âgé détaille le fonctionnement du crédit d’impôt.
Pour un parent en EHPAD, celui-ci peut aussi bénéficier d’une réduction d’impôt sur ses propres frais de dépendance et d’hébergement : voir notre article sur la réduction d’impôt EHPAD.
Côté collectivités : l’obligation alimentaire et l’aide sociale
Lorsqu’un parent demande l’aide sociale à l’hébergement au département, le département peut solliciter ses enfants au titre de l’obligation alimentaire.
Les sommes qu’ils versent dans ce cadre relèvent de la même logique : elles correspondent à une aide à un ascendant dans le besoin. Les CCAS peuvent orienter les familles sur les justificatifs à conserver.
Pension alimentaire aux parents : ce qu’il faut retenir
- Vous pouvez déduire de votre revenu les sommes versées à un parent, grand-parent ou beau-parent dans le besoin.
- Aucun plafond ne s’applique, mais vous devez justifier le montant, qui doit rester en rapport avec vos ressources.
- En cas d’hébergement à votre domicile, une déduction forfaitaire de 4 075 euros est possible pour les revenus 2025.
- Votre parent doit en principe déclarer la pension reçue.
- Pas de cumul avec le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile au profit du même parent.
- Pour les enfants majeurs, les règles sont différentes : voir notre article sur le rattachement ou la pension à un enfant majeur.
Sources : Service-Public.fr, pension alimentaire versée à un parent ou un grand-parent ; Service-Public.fr, pension alimentaire perçue par un parent ; ministère de l’Économie, déduction des pensions alimentaires. Pages vérifiées en avril 2026, consultées le 15 octobre 2026. Photos : Unsplash.
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