mercredi , 21 octobre 2026

Inondations du 20 octobre : premier bilan dans le Sud-Est et en Corse, et démarches pour les sinistrés

Les inondations du 20 octobre ont touché le Gard, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et la Corse, où Météo-France a relevé un cumul de pluie inédit de 596 mm à Solenzara. Selon un premier bilan relayé mardi soir, une personne est décédée dans les Bouches-du-Rhône et une autre est portée disparue en Haute-Corse.

L’épisode méditerranéen a débuté dans la nuit du 19 au 20 octobre. Il a ensuite gagné la Provence, puis la Corse dans la journée de mardi.

Le Bulletin des Communes avait signalé la vigilance dès le 19 octobre, puis le 20 octobre au matin. Voici le point sur les conséquences pour les communes, les services publics et les habitants, ainsi que les démarches à engager.

Chaussée submergée après de fortes pluies, illustration des inondations du 20 octobre
Image d’illustration, sans lien direct avec les communes touchées. Photo : jim gade / Unsplash

Inondations du 20 octobre : quel premier bilan ?

Les chiffres ci-dessous proviennent des autorités citées par franceinfo, dans un article mis à jour le mardi 20 octobre à 19 h 42. Ils restent provisoires et peuvent évoluer dans les prochains jours.

  • Bouches-du-Rhône : une personne âgée d’environ 70 ans est décédée à Saint-Mitre-les-Remparts. Les pompiers du département ont mené plus de 200 interventions.
  • Haute-Corse : une personne est portée disparue à Ghisonaccia, après que son véhicule a été emporté par les eaux.
  • Hérault : les pompiers ont mis à l’abri 25 personnes, selon la préfecture. À Lunel, une trentaine de sinistrés ont passé la nuit dans un gymnase.
  • Gard : la préfecture a signalé de nombreuses routes et ponts fermés ou inondés.

Aucun chiffrage officiel des dégâts matériels n’était disponible mercredi matin. De même, les préfectures n’ont pas encore communiqué le nombre exact de communes touchées.

Un record de pluie en Corse

Météo-France a relevé 596 mm de pluie le 20 octobre à la station de la base aérienne de Solenzara. L’établissement parle d’une « valeur inédite en Hexagone et Corse ». Ce relevé reste toutefois provisoire.

En conséquence, Météo-France a placé la Haute-Corse en vigilance rouge pluie-inondation mardi à midi, avant un retour en orange en début de soirée. La Corse-du-Sud était en vigilance orange. À Bastia, les habitants ont reçu un message d’alerte FR-Alert sur leur téléphone.

Quels services publics ont été perturbés ?

Les transports ont été les plus touchés. Ainsi, l’autoroute A9 est restée fermée dans les deux sens entre Nîmes-Ouest et Gallargues pendant la nuit, avant de rouvrir mardi vers midi.

Dans les Bouches-du-Rhône, un glissement de terrain à Saint-Chamas a bloqué deux trains. Le trafic ferroviaire s’est interrompu entre Miramas et Marseille, ainsi qu’entre Miramas et L’Estaque.

Par ailleurs, plusieurs routes départementales restaient impraticables mardi, notamment autour de Saint-Chamas, d’Istres, d’Arles et de Tarascon. Avant tout déplacement, il est donc utile de consulter les sites des préfectures et des conseils départementaux.

Rivière en crue sortie de son lit, illustration des inondations du 20 octobre
Image d’illustration : le Vidourle, le Vistre et la Dourbie étaient en vigilance crues. Photo : Don Lodge / Unsplash

Le rôle des maires pendant et après la crise

Dans les communes touchées, le maire est le premier responsable de la sauvegarde de la population. Il active, le cas échéant, le plan communal de sauvegarde (PCS) : hébergement d’urgence, fermeture de routes, information des habitants.

À Saint-Mitre-les-Remparts, la commune a ainsi accueilli une vingtaine de personnes dans un théâtre, selon le maire. À Istres, la mairie a procédé à plusieurs évacuations.

Après la crise, une autre mission commence pour les élus. En effet, c’est la commune qui doit demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Inondations du 20 octobre : comment obtenir la catastrophe naturelle ?

La procédure suit plusieurs étapes, décrites par le ministère de l’Économie :

  • la commune dépose une demande auprès de la préfecture, dans un délai maximal de 24 mois après l’événement ;
  • l’État publie ensuite un arrêté interministériel au Journal officiel, en principe dans les deux mois suivant le dépôt des demandes en préfecture ;
  • c’est la publication de cet arrêté qui ouvre droit à l’indemnisation au titre de la garantie catastrophe naturelle.

Les habitants sinistrés ont donc intérêt à signaler rapidement leurs dégâts à leur mairie. Cela aide la commune à constituer son dossier. Après les inondations du 20 octobre, vérifiez donc sur le site de votre commune si un recensement des dommages est organisé.

Sinistrés : quelles démarches auprès de l’assureur ?

La garantie catastrophe naturelle est incluse dans les contrats multirisques habitation et dans les contrats auto qui couvrent les dommages au véhicule. En revanche, elle ne figure pas dans une simple responsabilité civile.

Une fois l’arrêté publié, la déclaration à l’assureur doit intervenir au plus tard 30 jours après sa publication, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception.

Les bons réflexes dès maintenant

  • photographier les dégâts avant tout nettoyage ;
  • conserver les factures et les objets endommagés, si possible ;
  • prévenir son assureur sans attendre, même avant l’arrêté ;
  • signaler les dégâts à la mairie.

Quels délais et quelle franchise ?

L’assureur doit verser une provision dans les deux mois suivant la remise de l’état estimatif des dommages, ou suivant la publication de l’arrêté si elle est plus tardive. L’indemnisation complète doit intervenir dans un délai de trois mois.

Une franchise de 380 euros s’applique pour les habitations et les biens à usage non professionnel. Pour en savoir plus sur les cas de refus, consultez notre article sur les refus d’indemnisation en catastrophe naturelle.

Panneau signalant une chaussée glissante, prudence après les inondations du 20 octobre
Plusieurs routes départementales restaient impraticables mardi. Photo : Phillip Flores / Unsplash

Côté collectivités : un coût encore inconnu

Les routes, les ponts, les réseaux et les bâtiments publics endommagés représentent une charge directe pour les communes et les départements. Aucun montant officiel n’était cependant disponible à ce stade.

La garantie catastrophe naturelle couvre aussi les biens assurés des collectivités. En revanche, une partie de la voirie n’est généralement pas assurée, ce qui pèse sur les budgets locaux. Les données sur la hausse des arrêtés de catastrophe naturelle montrent d’ailleurs que ces épisodes se multiplient.

Inondations du 20 octobre : ce qu’il faut retenir

  • L’épisode a touché le Gard, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et la Corse les 19 et 20 octobre.
  • Selon un premier bilan, une personne est décédée à Saint-Mitre-les-Remparts et une autre est portée disparue à Ghisonaccia.
  • Météo-France a relevé 596 mm à Solenzara, une valeur provisoire qualifiée d’inédite.
  • La circulation s’est interrompue sur l’A9 et sur plusieurs lignes ferroviaires.
  • La commune doit demander la reconnaissance de catastrophe naturelle dans les 24 mois.
  • Les sinistrés disposent de 30 jours après la publication de l’arrêté pour déclarer leur sinistre.

Sources : franceinfo, article mis à jour le 20 octobre 2026 à 19 h 42 (préfectures du Gard, de l’Hérault et de Haute-Corse, SDIS 13, Météo-France) ; Météo-France, relevé de Solenzara du 20 octobre 2026 ; ministère de l’Économie, indemnisation des catastrophes naturelles ; Vigicrues. Photos d’illustration : Wes Warren, jim gade, Don Lodge, Phillip Flores / Unsplash.

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