On dirait que les dépenses de santé vont encore nous jouer des tours en 2026. On entend parler de dépassements et de chiffres qui ne collent pas, un peu comme quand on essaie de monter un meuble sans la notice. C’est pas super rassurant quand on pense à notre système de santé. On va essayer de démêler tout ça, pas à pas, pour comprendre ce qui se passe vraiment.

Les points à retenir

  • L’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (Ondam) pour 2025 semble déjà sous pression, avec des prévisions qui dépassent les attentes initiales, notamment à cause de soins de ville plus coûteux que prévu.
  • Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : une hausse des indemnités journalières, des dépassements d’honoraires chez certains professionnels de santé, et des dépenses de produits de santé qui augmentent.
  • L’activité hospitalière, surtout en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), se montre plus dynamique que ce qui avait été anticipé, ce qui pèse sur le budget.
  • Malgré des mesures pour maîtriser les coûts, des comités d’alerte signalent des risques sérieux de dépassement de l’Ondam, notamment sur les médicaments et les soins de ville.
  • La situation financière de la branche maladie inquiète, avec un déficit qui devrait continuer à croître, soulevant des doutes sur la crédibilité des hypothèses économiques et l’absence de plan clair pour un retour à l’équilibre.

Les Dépenses de Santé Sous Pression en 2026

L’Ondam 2025 : Une Progression Supérieure aux Attentes

L’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (Ondam) pour 2025 montre déjà des signes de tension. Les prévisions initiales semblent dépassées, notamment à cause de plusieurs facteurs. On observe une dynamique plus forte que prévu dans les soins de ville. Par exemple, les indemnités journalières ont augmenté, en partie à cause des arrêts maladie de longue durée et des accidents du travail. De plus, des dispositifs comme « Mon soutien psy » et les aides à la télésurveillance ont entraîné des dépassements sur les autres soins de ville. Les dépenses des professionnels de santé libéraux et les transports sanitaires ont aussi contribué à cette hausse. Les produits de santé en ville, après déduction des remises, ont également coûté plus cher que prévu. Les économies anticipées n’ont pas été atteintes, et les volumes de consommation ont été plus importants. Les revalorisations prévues pour certains professionnels de santé ont été repoussées, mais cela n’a pas suffi à compenser les dépassements globaux. Au final, les dépenses de soins de ville progressent plus vite que ce que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 avait prévu.

Risques de Dépassement de l’Ondam 2025 Identifiés

Plusieurs éléments font peser un risque de dépassement sur l’Ondam 2025. Les dépenses hospitalières, malgré une sous-exécution des dotations forfaitaires, montrent une activité en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) plus intense que ce qui avait été budgété. Cela devrait entraîner un dépassement de près de 0,3 milliard d’euros pour ce secteur. Parallèlement, les dépenses de soins de ville dépassent les prévisions. Les indemnités journalières, notamment pour les maladies professionnelles et les arrêts de plus de trois mois, ont un impact significatif. Les dépassements d’honoraires chez certains spécialistes et les dépenses liées aux produits de santé nets de remises contribuent aussi à cette tendance. Les économies escomptées sur les produits de santé n’ont pas été réalisées, et les volumes consommés ont été plus importants que prévu. Ces dépassements multiples créent une pression sur l’Ondam, rendant son respect plus incertain.

Dynamique des Soins de Ville et Activité Hospitalière

La dynamique des soins de ville et l’activité hospitalière sont deux composantes majeures qui influencent l’Ondam. Pour les soins de ville, on constate une progression notable, tirée par plusieurs facteurs. L’augmentation des indemnités journalières, notamment pour les arrêts de travail et les maladies professionnelles, pèse sur le budget. De plus, le recours accru à des dispositifs comme la télésurveillance et le soutien psychologique a généré des dépenses supplémentaires. Les dépassements d’honoraires chez certains professionnels libéraux, comme les chirurgiens-dentistes, les spécialistes et les infirmiers, ainsi que les transports sanitaires, contribuent également à cette hausse. Concernant l’activité hospitalière, si les dotations forfaitaires sont sous-exécutées, l’activité en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) a été plus soutenue que prévu. Cette suractivité hospitalière devrait se traduire par un dépassement des dépenses allouées à ce secteur.

Facteurs Influençant les Dépenses de Santé

Médecin examinant un dossier médical avec équipement médical flou.

Plusieurs éléments poussent les dépenses de santé à la hausse, rendant le contrôle budgétaire plus compliqué.

Hausse des Indemnités Journalières et des Soins de Ville

Les indemnités journalières versées aux assurés en arrêt de travail ont connu une augmentation notable. Parallèlement, les soins dispensés en ville, c’est-à-dire en dehors des hôpitaux, montrent une dynamique de croissance continue. Cette tendance s’observe depuis plusieurs années, contrastant avec une période antérieure où l’on constatait plutôt une baisse. Les raisons de cette reprise sont multiples, allant du vieillissement de la population au développement des maladies chroniques, sans oublier l’arrivée de nouvelles innovations thérapeutiques qui, si elles sont bénéfiques pour les patients, pèsent sur les budgets.

Dépassement des Honoraires et des Produits de Santé

On observe une accélération de la progression des dépenses liées aux produits de santé. Cela concerne à la fois les médicaments et les dispositifs médicaux. Les médicaments délivrés en pharmacie, par exemple, ont vu leurs ventes augmenter de manière significative. Les médicaments utilisés à l’hôpital connaissent aussi une forte croissance. Cette hausse s’explique en partie par le fait que les mécanismes de régulation, comme les baisses de prix négociées par le Comité économique des produits de santé (CEPS), ne suffisent plus à contenir l’évolution des dépenses. De plus, la clause de sauvegarde, censée être exceptionnelle, est déclenchée presque systématiquement, devenant un outil financier prévisible pour le gouvernement.

Impact des Mesures de Maîtrise des Dépenses

Malgré les efforts pour maîtriser les dépenses, certains facteurs continuent de les faire grimper. Les baisses de prix sur les médicaments, bien qu’importantes, ne compensent pas entièrement la dynamique des ventes. Les économies attendues de ces baisses sont chiffrées en centaines de millions d’euros chaque année, mais la dépense globale continue de croître. De plus, les complémentaires santé ont fixé leurs tarifs pour 2026 en tenant compte d’une possible hausse de la fiscalité qui pèserait sur elles. Cela se répercute sur les cotisations des assurés, même si les complémentaires elles-mêmes ne sont pas toujours très rentables.

Analyse des Dépenses Hospitalières et Médico-Sociales

Activité Hospitalière Supérieure aux Prévisions

On observe que l’activité dans les hôpitaux, notamment en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), a été plus soutenue que ce que l’on avait prévu. Ça devrait se traduire par un dépassement des dépenses, estimé à environ 0,3 milliard d’euros. En gros, les hôpitaux ont géré plus de patients que prévu, ce qui forcément, coûte plus cher. La Fédération hospitalière de France (FHF) parle même d’une augmentation de 4% du nombre de séjours en 2024, et ça continue sur cette lancée en 2025. L’activité actuelle correspond à ce qu’on attendait avant la crise sanitaire, compte tenu de la démographie et des habitudes de consultation.

Sous-Exécution des Dotations Forfaitaires

Malgré cette activité plus intense, il y a un hic : les dotations forfaitaires semblent sous-exécutées. On parle d’un montant de -0,2 milliard d’euros. Cela s’explique en partie par le gel définitif de certaines mises en réserve en début d’année. En clair, même si les hôpitaux travaillent plus, les enveloppes financières prévues pour certaines choses n’ont pas été entièrement utilisées, ou ont été réduites.

Dépenses Médico-Sociales Inférieures aux Objectifs

Du côté des dépenses médico-sociales, les chiffres sont aussi en deçà des objectifs fixés. Les établissements sociaux et médico-sociaux ont vu leurs dépenses progresser, mais cette hausse reste conforme aux prévisions et a été largement intégrée dans l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (Ondam). Cependant, le tableau d’équilibre pour 2026 montre un déficit prévu de 1,7 milliard d’euros pour la branche Autonomie, qui couvre notamment ces établissements. Ça soulève des questions sur la soutenabilité financière à long terme de ces structures, même si pour l’instant, les dépenses sont sous contrôle par rapport aux objectifs.

Perspectives et Alertes sur les Dépenses de Santé

Dépassement des dépenses de santé en 2026

Prévisions de Dépassement Modeste pour 2026

Alors que l’année 2025 s’annonce tendue pour le budget de la santé, les premières projections pour 2026 semblent un peu plus calmes. Le comité d’alerte, qui surveille de près les dépenses de l’Assurance Maladie, indique qu’on ne devrait pas dépasser le seuil d’alerte fixé à 0,5% de l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (Ondam). Ça représente quand même une marge de 1,4 milliard d’euros, ce qui n’est pas rien. Mais attention, ce n’est pas un feu vert définitif. Il faut rester vigilant.

Risques sur les Dépenses de Médicaments en Ville

Un point d’attention particulier concerne les médicaments achetés en pharmacie. On observe une tendance à la hausse des dépenses dans ce domaine. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela :

  • Nouvelles molécules coûteuses : L’arrivée de traitements innovants, bien que bénéfiques pour les patients, pèse sur les budgets.
  • Prescription médicale : Les habitudes de prescription des médecins peuvent varier et influencer le volume des ventes.
  • Gestion des stocks : Les pharmacies ajustent leurs stocks, ce qui peut créer des variations ponctuelles.

Il est donc essentiel de suivre de près cette évolution pour éviter des dérapages imprévus.

Incertitudes sur l’Exécution de l’Ondam 2025

L’année 2025 reste une année charnière. Malgré les mesures d’économie annoncées par le gouvernement, estimées à environ 1,74 milliard d’euros, l’incertitude plane sur leur réelle efficacité. Le comité d’alerte a bien analysé ces mesures, mais leur impact final sur le respect de l’Ondam n’est pas encore totalement garanti. Il faut dire que la situation est complexe, avec des dépenses qui ont tendance à augmenter plus vite que prévu. On espère que les ajustements budgétaires permettront de tenir les objectifs, mais le risque de dépassement, même s’il semble moins important pour 2026, n’est pas totalement écarté pour 2025.

Évolution des Dépenses de Produits de Santé

Accélération de la Croissance des Dépenses de Produits de Santé

On observe une tendance claire : les dépenses liées aux produits de santé, comme les médicaments et les dispositifs médicaux, ont repris de la vigueur depuis 2019. Après une période plus calme, voire en baisse avant 2020, les chiffres montrent une augmentation constante. Par exemple, entre 2023 et 2024, la consommation de médicaments en ville a grimpé de 5,5 %. C’est un changement notable par rapport aux années précédentes où l’on constatait plutôt une diminution.

Stabilisation des Dépenses Nettoyées des Remises

Quand on regarde les dépenses « super nettes », c’est-à-dire après avoir déduit les remises et les effets de la clause de sauvegarde, la situation est un peu différente. Ces dépenses devraient progresser d’environ 3,7 % par an sur la période 2024-2025. C’est un peu plus rapide qu’entre 2019 et 2023. Cette accélération s’explique en partie par une moindre efficacité des mécanismes de remise par rapport aux années passées. Malgré une dynamique de dépense prévue forte pour 2026, les dépenses nettes de produits de santé devraient se stabiliser grâce à des mesures d’économies importantes.

Augmentation du Rendement de la Clause de Sauvegarde

La clause de sauvegarde, qui devait être une mesure exceptionnelle pour contrôler les dépenses de médicaments, est devenue un outil régulier. Son rendement, c’est-à-dire les sommes qu’elle permet de récupérer, a considérablement augmenté. Elle est désormais prise en compte dans les prévisions financières de la sécurité sociale. Les économies attendues grâce aux baisses de prix et à cette clause se chiffrent en centaines de millions d’euros chaque année. Par exemple, en 2024, ces baisses ont représenté près de 994 millions d’euros. Pour 2025, l’objectif est encore plus ambitieux, visant 1,4 milliard d’euros d’économies.

Impact des Crises Sanitaires sur les Dépenses de Santé

Les crises sanitaires, notamment la pandémie de COVID-19, ont laissé des traces importantes sur nos dépenses de santé. On parle de surcoûts qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros sur quelques années seulement. Ces sommes exceptionnelles ont été nécessaires pour faire face aux conséquences directes des épidémies.

Mais ce n’est pas tout. Pendant les périodes de confinement, beaucoup d’entre nous ont repoussé les rendez-vous médicaux non urgents ou ont moins consulté les professionnels de santé libéraux. Résultat ? Les complémentaires santé ont vu leur activité baisser paradoxalement en 2020 et 2021. C’est un peu comme si, en voulant se protéger, on avait mis d’autres soins en attente.

Voici quelques points à retenir sur cet impact :

  • Des investissements massifs : Des milliards ont été injectés pour gérer la crise, répartis sur plusieurs années. On parle de près de 50 milliards d’euros au total pour les années 2020, 2021 et 2022.
  • Un recul de la consommation de soins : Les confinements et la déprogrammation d’activités ont entraîné une baisse de l’activité pour de nombreux professionnels de santé.
  • Moins de recours aux complémentaires santé : En conséquence directe de la baisse de consommation de soins, les assurances santé complémentaires ont été moins sollicitées pendant les pics de la crise.

Situation Financière de la Branche Maladie

Déficit Croissant de la Branche Maladie

La branche maladie se retrouve dans une situation financière compliquée. On parle d’un déficit qui ne cesse de s’aggraver. Pour 2025, on s’attend à ce que le trou atteigne 17,2 milliards d’euros, soit une hausse de 3,4 milliards par rapport à l’année précédente. Les raisons ? Le Ségur de la santé y pèse lourdement avec ses 13 milliards de charges annuelles. Sans oublier le vieillissement de la population et la montée des maladies chroniques qui font aussi grimper les dépenses.

Hypothèses Macroéconomiques et Économies Peu Crédibles

Le gouvernement annonce un redressement pour 2026, avec un objectif de dépenses de 267,5 milliards d’euros et un déficit qui retomberait à 12,5 milliards. Mais soyons honnêtes, on a de bonnes raisons d’être sceptiques. Ce redressement repose sur des hypothèses économiques qui semblent un peu trop optimistes et des économies dont la réalité est discutable. Même si ça s’arrange un peu, ce ne serait qu’un répit temporaire. Dès 2027, le déficit repartirait à la hausse pour frôler les 16,1 milliards d’euros en 2029.

Absence de Trajectoire de Retour à l’Équilibre

Le gros problème, c’est qu’on ne voit aucune vraie stratégie pour revenir à l’équilibre. Le gouvernement semble naviguer sans carte ni boussole financière. Il est temps d’arrêter les mesures temporaires et de penser à un financement plus solide et clair sur le long terme. Les chiffres pour 2026 montrent un déficit consolidé de 17,5 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes obligatoires de sécurité sociale, dont 12,5 milliards rien que pour la branche maladie. C’est une situation qui demande une attention sérieuse et des décisions concrètes pour l’avenir.

Alors, que retenir pour 2026 ?

On voit bien que les dépenses de santé continuent de grimper, et pas qu’un peu. Entre les soins de ville qui s’emballent, les médicaments, et même les indemnités journalières, ça met une sacrée pression sur le budget. Les hôpitaux, eux, ne sont pas mieux lotis avec des finances qui s’annoncent compliquées. On a beau essayer de mettre des garde-fous, les chiffres montrent que ça risque de déborder encore en 2026. Il va falloir sérieusement se pencher sur la question pour trouver des solutions qui tiennent la route sur le long terme, sinon on risque d’avoir de mauvaises surprises.