Brouilleurs d’ondes : des appareils à la mode pour de mauvaises raisons

Brouilleurs d’ondes : des appareils à la mode pour de mauvaises raisons

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Actuellement, alors que leur détention est illégale en France, les brouilleurs d’ondes prolifèrent pourtant sur notre territoire. Malheureusement, ils servent souvent à commettre des délits. En effet, les cambrioleurs les utilisent pour neutraliser les systèmes de protection, en coupant toute transmission.

Une hausse notable

La police surveille les brouilleurs d’ondes, car ces appareils servent à commettre des cambriolages.

La police surveille les brouilleurs d’ondes, car ces appareils servent à commettre des cambriolages.

Les brouilleurs d’ondes ont la particularité d’être faciles à acheter, grâce aux sites de ventes en ligne. De plus, ces petits boîtiers ne coûtent pas cher. En moyenne, quelques dizaines d’euros. Cependant, leurs capacités de nuisance attirent aussi de plus en plus de délinquants. Ce qui explique leur succès croissant. Un phénomène préoccupant, que la police française observe très attentivement.

Les brouilleurs d’ondes en vogue chez les cambrioleurs

Les brouilleurs d’ondes sont capables d’empêcher les transmissions sur plusieurs bandes de fréquences. Notamment, celles que l’on utilise couramment pour la téléphonie mobile, entre 900 et 980 MHz. Par conséquent, sur tous les réseaux 3G, 4G et 5G. De même, ces appareils peuvent aussi brouiller les ondes des GPS. Et aussi celles des systèmes servant au Wi-Fi, allant de 2.400 à 2.500 MHz. Or, ces capacités peuvent aussi servir à des fins malveillantes. Notamment aux cambrioleurs, pour interrompre les communications avec les systèmes d’alarme. Ou encore, bloquer des smartphones. D’ailleurs, depuis le début de l’année, le nombre de ces usages frauduleux a clairement explosé. Comme a pu le constater l’Agence Nationale des Fréquences, ainsi que la police. Ainsi, au cours du premier trimestre 2021, l’Agence a déjà traité 1.500 dossiers qui concernaient des brouillages frauduleux.

Une augmentation surveillée par la police

Dernièrement, interrogée par la chaîne BFMTV sur l’utilisation de ces appareils radioélectriques, l’Agence Nationale des Fréquences a révélé qu’elle avait enregistré une nette augmentation des délits liés à des brouilleurs d’ondes. Ces cas étant disséminés au milieu de 70 dossiers supplémentaires chaque mois. Parfois, il s’agit de simples pannes, mais certaines infractions sont en lien direct avec des faits de délinquance. En priorité, des cambriolages. Sur le plan juridique, perturber volontairement des signaux hertziens émis par un service autorisé expose à une amende de 30.000 euros. Ainsi qu’à six mois de prison. Cela, en application de l’article L.39-1; figurant dans le Code des Postes et des Communications Electroniques. A ce jour, l’Agence Nationale réfléchit conjointement avec la police aux meilleurs moyens de juguler cette nouvelle délinquance.



Journaliste spécialiste des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Collaborateur permanent du Bulletin des Communes et chef de rubrique.