L'application du 49.3 est considérée comme un passage en force.

Application du 49.3 : une décision pour passer en force ?

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Application du 49.3 : un recours très contesté

Edouard Philippe a finalement eu recours à l’application de l’article 49.3. Cela, pour réagir contre l’enlisement des débats à l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites. Suite à sa décision, le Parti Socialiste et Les Républicains ont dénoncé cette tentative. Ils l’accusent de vouloir faire passer en force ce projet. D’ailleurs, ils ont tout de suite lancé des motions de censure.

Une réforme appliquée en catimini

Ce samedi, Édouard Philippe a décidé de se servir de l’application du 49.3. Dans le but de faire avancer le projet concernant la réforme des retraites. Pour cela, le Premier ministre a expliqué son choix dans l’hémicycle. Mais un peu après 17 heures, devant un auditoire restreint. Un horaire vivement critiqué. En effet, l’opposition l’a interprété comme une tentative de faire passer cette réforme en catimini. En préambule, Édouard Philippe a expliqué que sa décision n’était pas destinée à « mettre fin au débat ». Au contraire, il l’a prise « pour mettre fin à ce non-débat ». De fait, Édouard Philippe espère ainsi que l’article 49.3 permettra au « […] processus législatif de s’engager ». En attendant, les échanges sur ce projet de loi très épineux sont stoppés.

De vives réactions

Bien qu’ayant réagi différemment à cette annonce, de nombreux élus l’ont globalement rejetée ou critiquée. Y compris au sein de la majorité. Ainsi, Matthieu Orphelin, pourtant député LREM, a déclaré que cette application du 49.3 était pour lui « une erreur démocratique et politique ». De leur côté, plusieurs députés des Républicains ont rapidement déposé une motion de censure. Cela le jour même, un peu avant 19h30. Pour Éric Woerth, ancien ministre du Budget et du Travail, ce choix d’Edouard Philippe représente « un épilogue désolant ». Quant à Christian Jacob, Président des Républicains, ce virage pris par le Premier ministre constitue à ses yeux « une nouvelle preuve de faiblesse ». Par ailleurs, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste, a accusé l’exécutif d’utiliser la crise sanitaire naissante du coronavirus. Cela, dans le but de « […] rogner la démocratie ».

Des rejets de tous bords

montrer ses muscles en application du 49.3

L’application du 49.3 par Edouard Philippe, sur la réforme des retraites, est considérée par l’opposition comme un passage en force.

Pour sa part, Martine Aubry, maire de Lille, a aussi dénoncé l’application de ce 49.3. Elle le voit  comme « […] un scandale démocratique, allié à une catastrophe sociale. » En plus, elle a ajouté que “Aucun Français ne sait ce que sera sa retraite, mais chacun a compris qu’il toucherait moins, en travaillant plus […]”. Elle a précisé qu’à l’avenir, les inégalités « liées notamment à la pénibilité et à la précarité, seraient accrues. » Enfin, Ségolène Royal n’a pas été davantage indulgente. Ainsi, elle a également réagi contre l’application de ce 49.3. A son avis, ce « […] recours au 49.3, malgré une majorité de 300 députés, et une réforme qui concerne 40 millions de citoyens » est déplacé. Surtout dans « […] un contexte de crise sanitaire, avec un hôpital public épuisé par le mépris de Macron. »

Une motion de censure non globale

Enfin, Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement National, a également désapprouvé une décision qu’elle juge « cynique ». En réaction, elle a annoncé que les députés de son parti voteraient les deux motions de censure présentées. Néanmoins, malgré ce rejet de tous bords, Éric Woerth considère qu’une motion de censure commune gauche/droite n’est pas envisageable.