Assurances auto et moto : des tarifs qui ignorent la crise ?

Assurances auto et moto : des tarifs qui ignorent la crise ?

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Dernièrement, en raison des confinements successifs, les assurances auto et moto sont restées en majorité aux mêmes tarifs. Or, cette stabilité a engendré de fortes tensions entre les assureurs et leurs clients. En effet, comme cette période inédite a significativement fait chuter le nombre des sinistres routiers, certains estiment qu’il serait normal aujourd’hui d’alléger les coûts de ces assurances. Mais s’agit-il là d’une injustice à réparer ? En tous cas, ce rectificatif tarifaire ne semble pas être à l’ordre du jour.

Des décisions au cas par cas

Actuellement, les assurances auto et moto conservent les mêmes tarifs, malgré un nombre de sinistres en baisse.

Actuellement, les assurances auto et moto conservent les mêmes tarifs, malgré un nombre de sinistres en baisse.

Actuellement, cette attente de baisse des assurances auto et moto a été entendue par certaines sociétés d’assurances. Ainsi, on en trouve qui ont parfois consenti à répercuter les économies qu’elles ont réalisées sur les montants de leurs primes. Malgré tout, cette initiative demeure occasionnelle et accordée au cas par cas. Parmi ces efforts compréhensifs, on peut citer la MAIF. En effet, cette compagnie a redistribué 100 millions d’euros via ses assurances d’automobiles. Ce qui représente une moyenne forfaitaire de 30 euros par véhicule assuré. De plus, cette société a aussi annoncé qu’elle bloquait ses tarifs pour l’année en cours.

D’autres initiatives généreuses

De la même façon, la GMF a également remboursé un forfait de 40 euros à chacun de ses titulaires d’un contrat tous risques, pour circuler en voiture et à moto. De son côté, la Matmut a aussi bloqué ses tarifs d’assurances auto et moto jusqu’à la fin de 2021. Par ailleurs, en accordant un bonus de 75 euros à ses assurés qui se trouvent en difficulté financière. Notamment, les demandeurs d’emploi qui ont perdu leur travail à cause de la pandémie. Ainsi, d’autres assureurs ont également fait un geste, mais sans se concerter avec l’ensemble de leur profession. Enfin, certains cabinets ont décidé de n’aider que leurs assurés travaillant dans le domaine de la santé. En accordant aux soignants une baisse de leurs cotisations. Ou encore, en leur faisant bénéficier gratuitement de garanties supplémentaires. Par exemple, l’option assistance panne 0 km.

Pas de baisse généralisée des assurances auto et moto

Pour l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, la baisse des sinistres due à la crise sanitaire en 2020 aurait permis aux assureurs d’économiser entre 1,4 et 2,3 milliards d’euros. Ce qui devrait logiquement entraîner une rétrocession pour les assurés, sur leurs assurances auto et moto. Ainsi, l’association a réclamé qu’une décote des cotisations soit automatiquement accordée. Cela, à hauteur de 50 euros par assurance auto et de 29 euros pour les motos. De cette façon, ce rééquilibrage permettrait à de nombreux Français mis en difficulté professionnelle de profiter d’une compensation. Pour étayer sa demande, UFC-Que Choisir s’est appuyée sur un rapport de l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière. En effet, celui-ci aurait relevé une réduction de 14 % des accidents d’automobile entre 2020 et 2021.

Pour le moment, en pratique, il semblerait que certains assureurs consentent une ristourne de cotisation à certains de leurs clients. Cependant, sans admettre qu’il s’agit d’une décision prise au niveau national par leur corporation. Par conséquent, officiellement, aucune baisse des tarifs des assurances auto et moto n’a encore été actée.

La réponse des assureurs

Au-delà des demandes d’ajustement des assurés, beaucoup d’assureurs ne partagent pas ce point de vue. Notamment, la Fédération Française de l’Assurance. Pour se justifier, celle-ci considère que la réduction momentanée des sinistres ne correspond pas automatiquement à des économies réalisées. En effet, de l’avis de certains professionnels, ce calcul sur les assurances auto et moto devrait se faire sur une année complète écoulée. Si l’on veut respecter un principe d’équitabilité. Un argument que de nombreux assureurs ont exprimé dans un courrier adressé à leur Présidente, Florence Lustman. En effet, ils y expliquent que l’utilisation intensive de la voiture a repris dès la mise en place des déconfinements. Par ailleurs, cette Fédération a rappelé que pour aider les petites et moyennes entreprises durant la crise sanitaire, les assureurs ont déjà consenti des nombreux efforts financiers. Cela, à hauteur d’un total estimé à 3,2 milliards d’euros.

Une diminution globale des assurances auto et moto peu probable

A ce jour, malgré de vifs remous, le Gouvernement s’est contenté de rappeler aux assurés mécontents que le principe de liberté tarifaire s’appliquait aussi aux compagnies d’assurance. Donc, à ce titre, il n’y aurait pas de raison de faire d’exception. Par conséquent, en ultime recours, l’exécutif conseille aux citoyens insatisfaits de leurs assurances auto et moto de faire jouer la concurrence. En vérifiant au préalable les clauses de leur contrat. Cela, en partant du principe que chaque assureur reste libre de réduire ou pas ses primes d’assurances.

Par conséquent, contrairement à ce que certains pourraient croire, les primes risquent bien de ne pas diminuer. Y compris si l’on démontre que les assureurs ont fait d’importantes économies à la faveur de la crise sanitaire. Principalement, à cause de la récente réduction de près de 20 % des sinistres routiers. Celle-ci s’expliquant par les nombreux blocages causés par les confinements. Un chiffre que la Fédération Française de l’Assurance a effectivement confirmé, en mars dernier.

Le contre-argument des assureurs

Aujourd'hui, les assurances auto et moto restent aux mêmes tarifs, malgré des sinistres dont le nombre a chuté.

Aujourd’hui, les assurances auto et moto restent aux mêmes tarifs, malgré des sinistres dont le nombre a chuté.

De son côté, la Fédération des compagnies d’assurances oppose aux demandes de réduction des cotisations l’augmentation d’autres sinistres, parallèlement aux accidents routiers. Notamment, en un an, ceux causés par les incidents corporels qui ont bondi de 5,7 %. Cela, également à cause des confinements. Pour les mêmes raisons, les accidents matériels ont aussi progressé de plus de 3 %. Actuellement, le Gouvernement semble plutôt attendre des assureurs qu’ils apportent leur soutien financier aux entreprises mises en difficulté par la crise sanitaire. Entre autres, celles dépendantes du secteur du tourisme. Ainsi, partant de ce principe, les sociétés d’assurances pourraient bientôt consentir des cotisations plus avantageuses aux sociétés concernées.

Une solution simple : changer d’assureur

Pour le moment, il faut rappeler aux assurés mécontents de leurs assurances auto et moto que la loi Hamon leur permet de clôturer aisément leurs contrats. Cependant, sous réserve que leur ancienneté soit au moins d’un an de souscription. Ensuite, libre à eux de comparer les différentes offres disponibles sur le marché.