La loi-cadre sur les transports, c’est bien joli, mais on ne peut pas juste compter sur elle pour régler tous nos problèmes de financement. Le budget de l’État est serré, et les infrastructures de transport ont besoin d’énormément d’argent. On parle de milliards pour moderniser le réseau, passer au vert et assurer que tout le monde puisse se déplacer. Il faut trouver de nouvelles idées, et vite. Cette loi, c’est une étape, mais ce n’est pas la solution miracle. Il faut penser plus loin, trouver des financements durables pour que nos transports ne soient pas à l’arrêt demain.

Repenser les Financements des Infrastructures de Transport

Autoroute moderne traversant un paysage verdoyant.

Notre système de financement des transports a besoin d’un sérieux coup de jeune. On ne peut plus continuer comme avant, surtout avec le budget de l’État qui tire la langue. Les recettes de l’AFITF, par exemple, ont pris un sacré coup dans l’aile pour 2025, notamment à cause d’une baisse de la TICPE qui lui est allouée. C’est une vraie rupture par rapport à la dynamique qu’on pensait avoir lancée.

L’Urgence d’une Remise à Plat du Modèle de Financement

Il faut vraiment tout revoir. Les infrastructures de transport, qu’elles soient routières, ferroviaires ou fluviales, réclament des investissements massifs pour leur entretien et leur modernisation. On parle de milliards d’euros chaque année. Le problème, c’est que les fonds actuels ne suffisent plus. Il faut trouver de nouvelles sources, et vite. On ne peut pas laisser le réseau se dégrader faute de moyens. Il est temps de passer d’une logique de rafistolage à une stratégie de long terme.

Le Contexte Budgétaire Pèse sur les Capacités de Financement

Le budget de l’État est tendu, c’est un fait. Les prévisions de recettes pour l’AFITF en 2025 montrent un net recul par rapport à 2024. Cette diminution vient en grande partie de la part de la TICPE qui lui est versée. Même si le montant reste supérieur à 2023, c’est une baisse brutale qui casse la dynamique des plans d’investissement annoncés. À cela s’ajoute une incertitude structurelle sur le financement de l’agence, qui n’a pas été résorbée par la nouvelle taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance.

Anticiper la Conférence Nationale sur le Financement des Mobilités

La prochaine conférence sur le financement des mobilités est une occasion en or pour mettre sur la table ces questions. Il faut y aller avec des propositions concrètes pour :

  • Prioriser les investissements sur la performance et la résilience des infrastructures existantes.
  • Réaliser un état des lieux précis de l’ensemble du réseau (ferroviaire, routier, fluvial) pour mieux cibler les besoins.
  • Élaborer une trajectoire de financement pluriannuelle et stable pour donner de la visibilité aux acteurs et aux projets. On pense par exemple à une loi de programmation des infrastructures de transport. Il faut aussi réfléchir à comment l’hydrogène pourrait s’intégrer dans le paysage des mobilités futures, même si pour l’instant, la voiture électrique a une longueur d’avance voiture à hydrogène.

Identifier de Nouvelles Sources de Financements pour les Mobilités

On ne va pas se mentir, trouver de l’argent frais pour nos transports, c’est un peu le casse-tête du moment. La loi-cadre, c’est bien, mais sans sous, ça reste sur le papier. Il faut donc creuser pour dénicher de nouvelles pistes. Heureusement, il y a des idées qui circulent, et certaines pourraient bien faire leur chemin.

Mobiliser les Leviers Fiscaux Nationaux Existants

On a déjà pas mal d’impôts et de taxes. L’idée ici, c’est de voir si on peut en réorienter une partie vers les transports. Ça demande des choix politiques, c’est sûr, mais ça évite de créer de nouvelles taxes qui font toujours grincer des dents. Par exemple, on pourrait regarder du côté de la taxe de solidarité sur les billets d’avion. Elle rapporte déjà pas mal, et la flécher entièrement vers la mobilité durable serait logique, vu les objectifs climatiques qu’on s’est fixés. C’est une façon de faire contribuer un secteur à la transition qu’il impacte.

Explorer l’Affectation des Certificats d’Économies d’Énergie

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), ça existe déjà pour encourager les travaux de rénovation énergétique. Pourquoi ne pas imaginer un système similaire pour la mobilité ? On pourrait imaginer que certains acteurs qui font des efforts pour réduire leur empreinte carbone dans leurs déplacements (par exemple, en investissant dans des flottes électriques ou en favorisant le covoiturage) puissent bénéficier de ces certificats, ou que leur financement soit directement lié à des actions de mobilité.

Utiliser une Partie des Quotas Carbone pour la Mobilité

Le marché du carbone européen, c’est un outil pour réduire les émissions. Les transports y sont directement concernés. On pourrait donc imaginer qu’une partie des revenus générés par la vente de ces quotas carbone soit directement réinjectée dans le financement de projets de mobilité plus propres. Ça bouclerait la boucle : ceux qui polluent financent ceux qui polluent moins. C’est une logique assez simple à comprendre, même si sa mise en œuvre demande de bien caler les détails.

Renforcer les Financements Européens pour les Transports

Vue urbaine avec tramways, bus, trains et infrastructures européennes.

L’Europe peut vraiment nous donner un coup de pouce pour nos projets de transport. On a déjà des fonds, comme le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE), qui a pas mal d’argent pour les transports, surtout pour les projets qui traversent les frontières. Pensez aux accès pour le tunnel Lyon-Turin ou la ligne Bordeaux-Dax vers l’Espagne. Ces projets ont une vraie valeur européenne, donc ils peuvent prétendre à ces financements.

Mobiliser Davantage les Fonds Européens

Il faut qu’on se bouge pour aller chercher plus d’argent européen. Le MIE, par exemple, avait des milliards pour la période 2021-2027. On doit faire en sorte que la France en profite au maximum. C’est pas juste une question de demander, c’est aussi de bien préparer nos dossiers et de montrer que nos projets sont importants pour l’Europe.

Orienter le Cadre Financier Européen vers les Priorités Françaises

Quand on regarde le prochain cadre financier européen pour 2028-2034, il faut qu’on pousse pour que l’argent aille là où nous, en France, on en a le plus besoin. Ça veut dire mettre l’accent sur des choses comme les plateformes multimodales, où on peut mélanger train, camion, bateau, ou encore les infrastructures pour recharger les véhicules électriques. Il faut que l’Europe comprenne nos priorités.

Financer la Mobilité Militaire avec des Fonds Européens

On oublie souvent, mais la mobilité militaire, c’est aussi un gros sujet. L’Europe commence à s’y intéresser, et il y a des fonds qui pourraient être utilisés pour ça. C’est une bonne nouvelle, car ça peut libérer d’autres budgets pour nos projets de transport civils. Il faut juste s’assurer qu’on utilise bien ces possibilités.

Anticiper la Fin des Concessions Autoroutières pour de Nouveaux Financements

Les contrats de concession autoroutière arrivent à échéance entre 2031 et 2036. C’est une période charnière qui nous offre une occasion unique de repenser la gestion de ces infrastructures et, surtout, de trouver de nouvelles sources de financement pour l’ensemble des mobilités. On parle là d’une opportunité à ne pas manquer pour réorienter les recettes vers des projets d’intérêt général.

Préparer l’Avenir du Réseau Autoroutier

La fin des concessions ne signifie pas la fin des péages. Au contraire, il faut anticiper cette transition pour que le réseau reste en bon état. Les concessions actuelles ont permis de construire et d’entretenir ces axes. À leur terme, l’État doit reprendre la main pour garantir la qualité des infrastructures, mais aussi pour capter une plus grande partie des revenus générés. Il faut s’assurer que l’entretien et la modernisation se poursuivent au même niveau, voire mieux.

Flécher une Partie des Péages vers la Mobilité

Les recettes des péages autoroutiers, qui s’élevaient à environ 15 milliards d’euros en 2023, représentent une manne financière considérable. Une fois les concessions terminées, une partie de ces sommes, qui étaient auparavant consacrées aux investissements des concessionnaires et à leur rémunération, pourrait être réaffectée. On estime qu’un surplus annuel de 2,5 milliards d’euros pourrait être dégagé dès 2037, même en tenant compte de possibles baisses de tarifs sur certains tronçons ou pour certains types de véhicules. Ces fonds supplémentaires sont vitaux pour financer :

  • La régénération et la modernisation des routes nationales non concédées.
  • Le développement et l’entretien du réseau ferroviaire.
  • Le financement des voies navigables.

Il est essentiel de maintenir un système de péage, car une suppression totale, comme on a pu le voir ailleurs, entraînerait une perte sèche pour les finances publiques, alors que les besoins d’investissement sont immenses. Les Français eux-mêmes préfèrent majoritairement le péage à une augmentation des impôts pour financer les routes. Il s’agit donc de trouver un équilibre pour que les usagers continuent de contribuer, mais que cette contribution serve plus largement l’ensemble des mobilités.

Adapter les Financements aux Défis du Secteur des Transports

Investir dans les Modes de Transport Collectifs Décarbonés

Le secteur des transports, c’est quand même 18,5 % de notre PIB et 34 % des émissions de gaz à effet de serre. Autant dire que ça pèse lourd. On parle des infrastructures de transport comme du premier patrimoine des Français, et pourtant, les investissements, s’ils ont augmenté en chiffres bruts, ont diminué par rapport à notre richesse nationale. Il faut absolument repenser tout ça. L’urgence, c’est de trouver des financements durables pour les transports en commun qui polluent moins, comme le train, les bus, ou le transport fluvial. Ces modes sont essentiels pour améliorer la performance de nos réseaux, accélérer la transition écologique et, soyons honnêtes, rendre la vie plus simple pour tout le monde, que ce soit en ville, en périphérie ou à la campagne. Il faut que ces investissements dans les transports décarbonés augmentent dans les années à venir.

Gérer l’Équilibre entre Financement par l’Usager et le Contribuable

On se retrouve face à un sacré casse-tête : comment financer tout ça ? Les finances publiques sont tendues, c’est clair. Du coup, il faut vraiment se demander qui paie la note. Est-ce qu’on fait payer plus les usagers, par exemple avec des péages ou des tarifs plus élevés ? Ou est-ce qu’on met davantage à contribution le contribuable, via l’impôt ? C’est un équilibre délicat à trouver. Il faut des priorités claires pour savoir où va l’argent, et s’assurer qu’on utilise au mieux les ressources existantes. L’idée, c’est de ne pas laisser le fardeau reposer uniquement sur une seule catégorie de personnes. Il faut une répartition juste et efficace.

Encourager l’Investissement Privé dans les Projets Stratégiques

Au-delà des fonds publics, il y a aussi le secteur privé. On peut les encourager à mettre la main à la poche pour des projets importants, comme la modernisation du réseau ferroviaire ou le développement du fret par train. Ces investissements privés peuvent aider à lancer des projets qui, autrement, prendraient plus de temps à se concrétiser. Bien sûr, il faut regarder le coût final pour tout le monde, l’usager comme le contribuable, mais c’est une piste à explorer sérieusement. Ça peut débloquer des situations et apporter un souffle nouveau à nos infrastructures de transport.

Et maintenant, on fait quoi ?

Bon, on a bien compris que la loi-cadre sur les transports, c’est bien joli sur le papier, mais ça ne va pas magiquement remplir les caisses. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les recettes de l’Afit France baissent, et on ne peut pas juste compter sur le budget de l’État qui, soyons honnêtes, a d’autres chats à fouetter. Il faut vraiment qu’on se penche sérieusement sur de nouvelles sources de financement, et vite. Les conférences annoncées, c’est un début, mais il faut que ça débouche sur du concret, pas juste des discussions qui s’éternisent. On doit trouver des solutions pour que nos infrastructures de transport, qui sont quand même le nerf de la guerre pour notre économie et notre quotidien, ne tombent pas en ruine. C’est maintenant qu’il faut agir, avant que la situation ne devienne vraiment ingérable.