Pistage des malades : une solution de plus en plus envisagée

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Pistage des malades : une technologie controversée mais efficace

Se servir des nouvelles technologies pour connaître les déplacements des personnes contaminées par le Covid-19 est une solution actuellement très discutée. Bien sûr, le pistage des malades soulève immédiatement la question sensible de la protection des libertés individuelles. Mais les défenseurs de ce procédé mettent en avant son efficacité indéniable.

Un dispositif possible mais craint

Utiliser le pistage, ou tracking en anglais, pour lutter radicalement contre le coronavirus pose question. Pourtant, en Corée, cet usage particulier a montré qu’il fonctionnait très bien contre la propagation du Covid-19. De plus, il a permis d’éviter le confinement de masse. Ce qui n’exclut pas d’ajouter au pistage des malades les mesures barrières indispensables. A savoir, le lavage des mains et, peut-être bientôt à grande échelle, le port d’un masque. De plus, les partisans de ce tracking massif oppose à ses détracteurs que les données utilisées pourraient être conservées de façon anonyme.

Une application récente

Récemment, l’Asie et Israël n’ont pas hésité à se servir de cet outil contre la pandémie. Alors qu’en France, ce n’est encore qu’un projet. Pour l’instant, cette collecte des données à partir des smartphones n’a servi qu’à savoir, grâce à Orange, que 1,2 million de personnes avait soudainement quitté l’Ile-de-France. Cela, pour profiter d’un confinement moins contraignant. Mais ce faisant, ils ont aussi potentiellement diffuser le virus dans des endroits jusqu’alors relativement protégés.

Une interrogation européenne

Aujourd’hui, la question du pistage des malades, notamment pour vérifier s’ils respectent les contraintes du confinement, n‘est pas seulement débattue en France. En effet, elle concerne toute l’Europe. Pour preuve, à la fin de la semaine dernière, la Slovaquie est devenue le premier pays européen à permettre de tracer les personnes contaminées grâce à leurs téléphones portables. Désormais, les autorités de santé peuvent le faire grâce à une loi. Et l’on dit que l’Allemagne s’apprêterait à suivre cette tendance, après avoir fait quelques essais. Maintenant, doit-on s’attendre à une pratique qui va se généraliser ? On le saura sans doute rapidement.  

Un pistage des malades mais pour quelles utilisations ?

La surveillance du confinement, avec un pistage des malades, est possible technologiquement

La surveillance du confinement, avec un pistage des malades, est possible technologiquement.

Dans une situation de confinement, l’utilité de la géolocalisation est évidente. Notamment, parce qu’elle permet de signaler des rassemblements, alors que les attroupements sont censés être interdits. Dans ce cas, la police pourrait alors réagir plus efficacement, en toute connaissance de cause. De plus, cette surveillance pourrait aussi servir à une protection sanitaire radicale, dans la prévention contre la contagion. En effet, elle pourrait être utilisée comme une sorte de bracelet électronique. 

Des limites à bien définir

Enfin, pour permettre l’abandon progressif du confinement, ce pistage des malades potentiels pourrait servir à prévenir d’un danger éventuel certaines personnes. Par exemple, après un contact prolongé avec une personne malade. Notamment, après une longue discussion. Cette prévention pourrait alors se faire au moyen d’un simple SMS. Juste en utilisant la technologie Bluetooth. Reste maintenant à savoir comment instaurer un tel dispositif, tout en respectant le consentement individuel. Par ailleurs, pour quelle durée et sur quelle base ? Entre autres, en respectant ou pas le volontariat des citoyens. De fait, la crainte d’une surveillance de type « Big Brother » sera sans doute brandie par les opposants au pistage des malades. Car ils seront soucieux de protéger leur vie privée. Mais la gravité de l’épidémie et son évolution, toujours imprévisible, pourrait un jour engendrer un durcissement de la part des autorités.



Journaliste spécialiste des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Collaborateur permanent du Bulletin des Communes et chef de rubrique.