La rentrée scolaire obligatoire sera forcément partielle.

Rentrée scolaire obligatoire : un redémarrage forcément bancal

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Rentrée scolaire obligatoire : un dispositif insatisfaisant

 

Dimanche dernier, 14 juin, Emmanuel Macron a annoncé une rentrée scolaire obligatoire. Celle-ci aura lieu dans les collèges, les écoles élémentaires et les crèches dès le 22 juin. Une reprise officielle facilitée par un protocole sanitaire assoupli pour accueillir plus d’élèves.

 

Un assouplissement insuffisant

Si les anciennes mesures de précaution sanitaire étaient restées en vigueur, le volume admissible d’élèves aurait été trop réduit. D’où l’allégement des règles de distanciation physique. Cependant, un problème de places disponibles demeure. Une difficulté déjà anticipée par Philippe Vincent, le secrétaire général du Syndicat National des Personnels de Direction de l’Éducation Nationale (SNPDEN-Unsa). De fait, même avec des précautions moins strictes, accueillir tous les élèves à la date prévue risque d’être irréalisable. En tous cas, si l’on veut respecter « les règles de présence normale ».

Des précautions atténuées

Depuis le 11 mai, avant l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, les établissements ne pouvaient recevoir au maximum qu’une quinzaine d’élèves. Cette réduction des effectifs était maintenue pour prévenir toute contamination possible. Or, le 22 juin, la distanciation physique ne sera plus que de « un mètre latéral entre les élèves ». Au lieu d’un mètre devant et derrière. Cette nouvelle règle sera donc moins restrictive, en terme d’espace. Par décret, elle devra être respectée en classe et dans tout lieu fermé.

Rentrée scolaire obligatoire, des prévisions trop optimistes

La rentrée scolaire obligatoire risque d'être une décision inefficace.

La rentrée scolaire obligatoire risque d’être une décision inefficace.

Par ailleurs, pour maintenir un protocole efficace, les élèves de classes différentes ne se mélangeront pas. Une mesure jugée utile sur le terrain. Néanmoins, malgré l’annonce confiante de rentrée scolaire obligatoire, recevoir tous les élèves jusqu’au 4 juillet paraît impossible. Cela, de l’avis même de nombreux professeurs. Car les nouvelles précautions prévues demeurent encore problématiques. En tous cas, si l’on veut vraiment accueillir tous les élèves qui se présenteront. En clair, l’assouplissement du protocole restera insuffisant.

Un problème d’effectifs

De fait, plusieurs simulations ont montré que le nombre d’élèves possible ne dépassera pas les 24. Alors que dans de nombreuses classes, il faudrait pouvoir aller jusqu’à 30. Ainsi, en cas de sureffectif, il faudra sans doute expliquer aux parents que certains enfants devront continuer avec l’ancien principe en vigueur. Celui des demi-groupes, fonctionnant par rotation. Un procédé inévitable pendant encore deux semaines, jusqu’aux vacances d’été.

Une efficacité théorique

En plus de la difficulté des élèves trop nombreux, l’efficacité réelle d’une rentrée scolaire obligatoire pendant seulement 15 jours reste à prouver. En effet, on peut se demander si quelques heures de cours, données dans certaines matières, aura un réel impact sur les connaissances acquises cette année. Par ailleurs, même en temps normal, cette période qui précède les vacances est généralement consacrée à des révisions. Ou à des projets d’orientation. Et pas à un véritable apprentissage. Ainsi, même si l’exécutif a voulu officialiser le déconfinement par cette décision de reprise obligatoire des cours, elle risque d’être peu efficace. Surtout avec les élèves « décrocheurs », qui ont de toute façon décidé de ne pas revenir avant septembre.




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