A Fors, un arrêt de la pulvérisation de pesticides en échange d'une indemnité

Pulvérisations de pesticides : un agriculteur céréalier dédommagé

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Pulvérisations de pesticides : un accord inédit

 

A Fors, un village des Deux-Sèvres, proche de Niort, le maire Alain Canteau a décidé d’octroyer une prime à un agriculteur pour qu’il cesse ses pulvérisations de pesticides. Car le terrain sur lequel il effectue ses épandages est trop proche d’une école. Qui accueille 162 élèves de maternelle et de primaire.

 

Un soulagement partagé

A Fors, le maire a négocié un arrêt des pulvérisations de pesticides contre un dédommagement.

A Fors, le maire a négocié un arrêt des pulvérisations de pesticides contre un dédommagement.

Actuellement, pour procéder à des pulvérisations de pesticides, la législation en vigueur demande de respecter une distance de 20 mètres. Par rapport aux bâtiments. Mais à Fors, cette distance réglementaire n’est pas le seul problème. En effet, sur place, l’agriculteur Christophe Pasquier devait en plus effectuer ses traitements en dehors des heures où les élèves sont présents dans l’école. Par sécurité. Une situation peu commode. D’autant plus que ce céréalier disait qu’il ressentait « une pression ». A chaque fois qu’il faisait ses pulvérisations.

Un choix sanitaire

De fait, ce dédommagement en échange d’un arrêt de ces épandages soulage ce céréalier. Désormais, l’agriculteur laissera donc en jachère cette bande de terre. D’une trentaine de mètres de large. Qui a le défaut de longer l’établissement scolaire et son terrain de basket. Pour le maire, cet arrêt des pulvérisations représente aussi un soulagement. Ainsi que pour tous les parents d’élèves. Car, comme l’édile l’a déclaré, « La santé des enfants est essentielle ».

Une jachère négociée

Ainsi, le maire et l’agriculteur céréalier, Christophe Pasquier, ont conclu un accord jusqu’à présent inédit. A savoir, l’arrêt des pulvérisations de pesticides sur une portion de terre donnée. Cela, en échange d’une indemnité. Versée à l’agriculteur. En pratique, ce dédommagement sera annuel. D’un montant de 450 euros. Dans un premier temps, cet accord a d’abord fait l’objet d’une délibération. Suivie d’un vote. Qui a ensuite abouti à un rejet de la préfecture des Deux-Sèvres. Pour une simple raison légale. En effet, une commune n’a théoriquement pas le droit de verser une aide de façon directe.

Une astuce légale

Cependant, le maire de Fors, fermement convaincu de l’utilité de cet accord, a trouvé le moyen de contourner cette décision. En versant la somme convenue à l’association des parents d’élèves de l’école concernée. Ensuite, elle la reversera à l’agriculteur. Un stratagème efficace, puisque le maire va finalement obtenir ce qu’il souhaitait. Philosophe, Alain Canteau a déclaré que cet arrêt des pulvérisations de pesticides démontrait que « […] les choses peuvent avancer par le dialogue. »