On dirait que le secteur social est dans une mauvaise passe. Entre les écoles de travail social qui manquent d’argent et les maisons pour personnes âgées qui ont du mal à joindre les deux bouts, ça sent pas bon. La Prime Ségur, qui devait être une bonne nouvelle, semble compliquer les choses pour beaucoup. On va regarder ça de plus près.
Prime Ségur : Les Établissements d’Accueil d’Enfants en Difficulté Financière
Les Enfants Protégés par l’ASE : Une Vulnérabilité Accrue
Les enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) sont souvent ceux qui ont le plus souffert. Leurs jeunes vies sont marquées par des expériences difficiles, comme la maltraitance ou l’abandon. Ces traumatismes ont des répercussions importantes sur leur développement, leur santé physique et mentale, et leur capacité à suivre des soins de manière régulière. Beaucoup d’entre eux vivent avec des problèmes de santé chroniques, des troubles du développement neurologique, ou sont en situation de handicap, parfois même polyhandicapés. Il est donc primordial de leur assurer un accès à des soins de qualité, y compris les traitements les plus récents.
Le Poids Budgétaire des Traitements Onéreux
Le problème, c’est que les établissements qui accueillent ces enfants ne peuvent pas assumer seuls le coût financier des traitements. On parle ici de médicaments coûteux, parfois appelés « molécules onéreuses ». Pour certains établissements, le coût de ces traitements peut représenter une part énorme de leur budget, jusqu’à la moitié. C’est une situation intenable et injuste. Par exemple, au Bercail Saint-Denis, ces médicaments représentent 60% du budget total, alors que la structure accueille majoritairement des enfants aux situations complexes. Cela complique l’accompagnement des autres enfants et peut même obliger l’établissement à refuser certains traitements par manque de moyens.
Garantir l’Accès aux Soins et à l’Innovation Thérapeutique
Des solutions sont recherchées, mais elles tardent à se concrétiser. L’idée serait de permettre aux établissements de se conventionner avec les caisses primaires d’assurance maladie. Cela leur permettrait d’être remboursés comme le seraient les soins en ville. Des discussions sont en cours avec les Agences Régionales de Santé (ARS) et l’assurance maladie pour mettre cela en place. L’État doit tenir sa promesse de solidarité envers les plus fragiles. Il faut leur garantir un accès égal aux nouvelles thérapies et à la dignité qu’ils méritent. L’objectif est de construire une politique de santé plus juste pour ces enfants, avec des bilans de santé systématiques dès leur entrée à l’ASE et une meilleure coordination entre les services sociaux et les professionnels de santé.
Les Maisons d’Accueil pour Personnes Âgées : Un Avenir Incertain
Les Maisons d’Accueil et de Résidence pour l’Autonomie, plus connues sous le nom de Marpa, jouent un rôle important pour permettre aux personnes âgées de bien vivre dans nos campagnes. Elles offrent un endroit où l’on peut vieillir en restant chez soi, mais dans un cadre sécurisé et avec un soutien adapté. Ces structures sont vraiment précieuses, surtout quand on sait que les maisons de retraite classiques manquent souvent de personnel.
Le Rôle Crucial des Marpa en Milieu Rural
Ces petites structures sont souvent le seul établissement de ce type dans des zones où les services se font rares. Elles créent du lien social et permettent aux aînés de rester proches de leur environnement, de leur famille et de leurs habitudes. C’est un vrai plus pour leur bien-être.
L’Impact Financier de l’Accord du 4 Juin 2024
Le problème, c’est que la mise en place de l’accord du 4 juin 2024, sans que l’État ne compense vraiment les coûts, met ces Marpa dans une situation économique compliquée. On parle de plusieurs dizaines de milliers d’euros de manque à gagner par établissement dans certaines régions. Pour faire face, certaines Marpa sont obligées de faire payer plus cher les résidents, qui n’ont pas toujours les moyens. D’autres structures pourraient même devoir fermer leurs portes ou licencier du personnel.
Assurer la Viabilité Économique des Structures
Il devient urgent de trouver des solutions pour que ces maisons d’accueil puissent continuer leur mission. Il faut réfléchir à des aides financières plus solides et durables. Sans cela, on risque de voir disparaître des lieux de vie essentiels pour nos aînés en milieu rural, ce qui serait une perte énorme pour tout le monde.
Le Secteur Médico-Social : Revalorisations et Financements
La Priorité Gouvernementale aux Métiers Sanitaires et Sociaux
Le gouvernement met l’accent sur les métiers du sanitaire, du social et du médico-social. C’est une vraie priorité pour eux. Ils ont mis en place des revalorisations pour les employés de ces secteurs. Près de 700 000 personnes ont vu leur salaire net augmenter de 183 euros. Ça représente un total de 4 milliards d’euros, versés en partenariat avec les conseils départementaux.
L’Extension du Ségur aux Professionnels de l’Action Sociale
L’accord du 4 juin 2024 va plus loin. Il étend les bénéfices du Ségur à tous les professionnels de l’action sociale. Pour financer cela, la branche autonomie débloque 300 millions d’euros dès juillet 2024. Le gouvernement sait que certains départements ont du mal à suivre financièrement. Ils ont trouvé un accord avec Départements de France. La Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) va aider à partir de 2025. Elle versera 85 millions d’euros par an, soit la moitié du coût de cette extension pour les structures financées par les départements.
Le Soutien de la CNSA aux Structures Départementales
La CNSA joue un rôle important pour aider les structures qui dépendent des départements. Ce soutien financier, qui commence en 2025, vise à alléger le fardeau des revalorisations salariales. Il s’agit de 85 millions d’euros annuels. C’est une aide pour que ces structures puissent continuer à fonctionner malgré les coûts supplémentaires liés à l’extension du Ségur. Cette mesure montre une volonté de reconnaître le travail des professionnels du secteur médico-social.
L’Accueil Familial : Un Dispositif Méconnu en Difficulté
L’accueil familial, c’est ce système où des particuliers ouvrent leur porte à des personnes âgées ou en situation de handicap, moyennant une rémunération. Ça fonctionne avec un contrat entre les deux parties, et les départements s’occupent de l’agrément et de la formation des accueillants. C’est un peu le parent pauvre des solutions d’hébergement, souvent dans l’ombre des grandes structures médico-sociales qui, elles, peinent à recruter du personnel. Pourtant, l’accueil familial a des atouts, mais il traverse une période compliquée.
Les Avantages de l’Accueil Familial Face aux Établissements
Ce mode d’accueil a plusieurs points forts qui le distinguent des maisons de retraite ou des foyers spécialisés. D’abord, il offre un cadre de vie plus personnalisé, plus proche d’un environnement familial. Les personnes accueillies bénéficient d’une attention individuelle constante, ce qui est difficile à garantir dans des structures où le personnel est souvent débordé. De plus, il permet de maintenir un lien social plus fort et une intégration dans la vie locale, loin de l’isolement que peuvent parfois connaître les grands établissements.
La Baisse d’Activité et ses Causes
Malgré ces avantages, l’accueil familial voit son activité diminuer. Plusieurs raisons expliquent cette tendance inquiétante. Le statut des accueillants est complexe, pas toujours clair pour tout le monde. Le cadre réglementaire manque de clarté et d’uniformité sur le territoire, ce qui rend le dispositif peu lisible. Mais le problème majeur, c’est le manque d’attractivité financière. La rémunération proposée est souvent dérisoire, surtout quand on pense à l’engagement 24h/24, 7j/7. C’est un travail de longue haleine, souvent sous-estimé et mal payé. De plus, une part importante des accueillants a plus de 60 ans, ce qui pose la question de leur renouvellement.
Attendre des Réponses Concrètes pour les Accueillants
Face à cette situation, les professionnels attendent des actions concrètes. Il faut une révision du contrat d’accueil pour mieux encadrer la relation. Une revalorisation significative de la rémunération est indispensable pour rendre le métier plus attractif et reconnaître la charge de travail. Enfin, il est nécessaire d’ouvrir des droits à l’assurance chômage pour les accueillants familiaux, afin de leur offrir une sécurité en cas de fin de contrat ou de besoin de repos.
L’Enseignement Agricole : Des Moyens Réduits Face aux Objectifs
On se fixe des objectifs ambitieux pour l’agriculture, comme former 30% d’actifs supplémentaires d’ici cinq ans, mais dans le même temps, on réduit les moyens. C’est un peu comme vouloir construire une maison sans avoir assez de briques. La loi d’orientation agricole le dit bien : il faut renforcer l’enseignement agricole public pour y arriver. Pourtant, la rentrée 2025 verra disparaître 45 postes d’enseignants, sans vraiment consulter personne. Résultat ? Des classes qui ferment, une offre de formation qui diminue. À l’heure où l’on parle de transition écologique dans ce secteur, cette coupe budgétaire, c’est un coup de frein énorme.
Le Renforcement Nécessaire des Moyens de l’Enseignement Agricole
Comment voulez-vous qu’on atteigne cet objectif de plus d’apprenants si on coupe dans les budgets ? C’est une question qui mérite une réponse claire. Les établissements publics locaux sont déjà dans le dur, beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts. Ajouter à cela une baisse des effectifs d’enseignants, et on se demande comment on va faire. Il faut vraiment revoir cette trajectoire, sinon on va droit dans le mur.
Les Conséquences des Suppressions d’Enseignants
La suppression de ces 45 postes, c’est un demi-poste par département, en comptant le public et le privé. On nous dit que c’est pour maîtriser les dépenses publiques, comme dans d’autres ministères. Mais quand on voit les objectifs fixés, ça ne colle pas. On nous parle de plans pour découvrir les métiers agricoles, de volontariat, de nouveaux diplômes, mais si on n’a pas assez de profs pour enseigner, ça ne sert pas à grand-chose. On a besoin de moyens adaptés, pas de coupes.
Atteindre les Objectifs de Formation Malgré la Baisse des Financements
C’est un vrai casse-tête. On nous promet des outils pour former plus de jeunes, mais on réduit la capacité d’accueil. Certaines formations, notamment sur l’agroécologie, ferment alors que la demande est là. Il faut trouver un équilibre. On nous assure que le budget 2026 sera mieux adapté, mais pour l’instant, la tendance n’est pas rassurante. Il faut que les actions suivent les discours, surtout quand il s’agit de former la prochaine génération d’agriculteurs.
La Prime Ségur et les Collectivités Locales : Une Charge Supplémentaire
Le décret du 30 janvier 2025, qui augmente le taux de cotisation vieillesse pour les employeurs affiliés à la CNRACL, pèse lourdement sur les budgets déjà serrés des collectivités locales. Pour une ville comme Hazebrouck, cela représente un surcoût annuel de 180 000 euros, totalisant 700 000 euros jusqu’en 2028. Cette mesure, présentée comme nécessaire pour la santé financière de la CNRACL face à un déficit croissant, soulève des questions sur sa conformité constitutionnelle et son impact sur l’autonomie financière des collectivités.
Le gouvernement justifie cette hausse par la dégradation de la situation de la CNRACL, le déficit atteignant 3,8 milliards d’euros en 2024. Sans cette mesure, le déficit pourrait grimper à 10 milliards d’euros d’ici 2030. La solution retenue, une augmentation progressive des cotisations sur quatre ans, est présentée comme une alternative moins drastique que celle recommandée par les inspections, qui préconisaient une hausse plus immédiate et plus importante.
Cependant, plusieurs points d’achoppement subsistent :
- La conformité constitutionnelle : Certains estiment que ce décret empiète sur le rôle du Parlement, seul habilité à fixer les principes fondamentaux de la sécurité sociale selon l’article 34 de la Constitution. De plus, il pourrait remettre en cause l’autonomie financière des collectivités, garantie par l’article 72.
- L’équité entre employeurs : La mesure crée une disparité entre le secteur public et le secteur privé, en augmentant le coût du travail pour les premiers sans justification claire d’intérêt général.
- L’impact financier : Au-delà de la CNRACL, d’autres charges pèsent sur les collectivités. Par exemple, les assurances pour les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) ont vu leurs primes augmenter significativement, menaçant la continuité de certains contrats et la couverture des risques.
Le gouvernement reconnaît les difficultés financières des collectivités et annonce un nouveau rapport pour préciser ses orientations futures. Il reste à voir si des ajustements seront apportés pour alléger cette charge supplémentaire et garantir la viabilité des services publics locaux.
Un avenir incertain pour le travail social
Les écoles de travail social sont vraiment dans une mauvaise passe. Sans un soutien financier plus solide de la part des régions, on risque de voir disparaître des formations essentielles. C’est un peu comme essayer de construire une maison sans les bons outils ; ça ne peut pas tenir. Il faut que les choses changent, et vite, pour que ces établissements puissent continuer à former les professionnels dont notre société a tant besoin. On ne peut pas se permettre de les laisser tomber.


