La pêche à l’aimant : une initiative sarthoise de dépollution bénévole

La pêche à l’aimant : une initiative sarthoise de dépollution bénévole

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Dans la Sarthe, une association de pêche à l’aimant très active et motivée, baptisée « Aveugl’Aimant », compte une quarantaine de membres. Depuis un peu plus de deux ans, ils se sont fixés pour objectif de nettoyer la Sarthe et les cours d’eau de la région. En quelques week-ends, ils ont déjà « pêché » près de 600 kilos de déchets métalliques.

Nettoyage de la Sarthe

Dans la Sarthe, la pêche à l’aimant permet de dépolluer la rivière et les cours d'eau, grâce à une association de bénévoles.

Dans la Sarthe, la pêche à l’aimant permet de dépolluer la rivière et les cours d’eau, grâce à une association de bénévoles.

Le Président d’« Aveugl’Aimant », Jean-Philippe Brasier, explique que son association utilise aussi, en plus de ses « pêcheurs », un plongeur sous-marin. Cela, afin de sonder la rivière de la Sarthe. Pour trouver parfois des objets abandonné très lourds. Comme des scooters ou des panneaux de signalisation abandonnés. Cette activité de récupération nécessite également de la prudence, car des objets dangereux peuvent se trouver sous l’eau. Par exemple, des engins explosifs ou des munitions. Cette entreprise citoyenne de nettoyage a pour particularité de se débrouiller seule. Sans réclamer l’aide d’un service public. Lorsque ses membres remontent des pièces volumineuses, ils les donnent à un ferrailleur. Sans jamais les vendre. Ensuite, ce professionnel les trie et les recycle, si c’est possible.

La pêche à l’aimant : un statut juridique flou

Sur le terrain, chaque équipe de pêche à l’aimant travaille sous la direction d’un référent. L’un basé au Mans, l’autre à Angers. En Sarthe, la « pêche » a lieu le samedi. Et à Angers, c’est le dimanche. Généralement, les recherches se font en groupe, mais aussi de façon individuelle. Avec une entraide constante entre les membres de l’association, en cas de problème. Notamment, grâce à une messagerie privée.

A ce jour, cette pratique de nettoyage très particulière n’a pas de statut juridique défini. Par conséquent, elle n’est ni interdite, ni vraiment autorisée. En fait, elle est assimilée à de la recherche de métaux. Ce qui oblige les « pêcheurs » à avoir une autorisation écrite du propriétaire du lieu où ils prospectent. Sans ce document, ils s’exposeraient à une amende de 1.500 €. Lorsque les « pêcheurs » trouvent des armes, en Sarthe ou dans le Maine-et-Loire, si elles ont une valeur historique, ils les donnent au musée militaire du Mans.

L’association « Aveugl’Aimant » fonctionne sur la base du volontariat

Aujourd’hui, l’association « Aveugl’Aimant » n’est financée que par les cotisations de ses adhérents, sans aucune subvention publique. Sur place, seules quelques grandes enseignes consentent à l’aider. Comme Décathlon ou Bricoman, qui lui offrent parfois un peu de matériel, ou des remises en cas d’achats. Autant dire que des mécènes seraient les bienvenus. En parallèle, pour mieux faire connaître son activité, « Aveugl’Aimant » compte plutôt sur les réseaux sociaux. Sur lesquels elle poste régulièrement des vidéos, qui montrent ses trouvailles et ses plus belles prises. En quelques mois, grâce à ses reportages filmés, parfois avec un drone, cette association de pêche à l’aimant a réussi à réunir 10.000 abonnés sur TikTok.